Encadrement : Simon Ducatez (IRD, UMR SECOPOL), Jean-Claude Gaertner (IRD, UMR SECOPOL), Nabila Mazouni (UPF, UMR SECOPOL) et Jayna DeVore (Tetiaroa Society)
Lieu du stage : Campus de l’UPF, UMR SECOPOL, Tahiti, avec des missions de terrain à Tetiaroa
Vol France-Tahiti non pris en charge
Durée : 5 à 6 mois (début en janvier/février 2027)
Pour candidater : envoyer CV, lettre de motivation et nom + adresse mail de deux référents et la nature de leur relation avec le/la candidat·e (ancien·ne encadrant·e de stage, enseignant·e référent·e, etc.) à simon.ducatez@ird.fr, nabila.gaertner-mazouni@upf.pf, Jean-Claude.Gaertner@ird.fr, et jdevore@tetiaroasociety.org avec comme sujet du mail « candidature stage productivité lagon Tetiaroa » avant le 30 octobre.
Contexte
Les récifs coralliens de Polynésie française font face à des pressions croissantes (canicules marines, blanchissement, pressions anthropiques). Sur les atolls, la disparition des oiseaux marins, due à l’introduction de rats et à la conversion des motu (îlots situés sur la barrière de corail) en cocoteraies, a interrompu un flux naturel de nutriments (guano) vers le lagon. Or, dans la littérature scientifique ces flux sont associés à une plus grande résilience corallienne au blanchissement.
Sur l’atoll de Tetiaroa, un programme de restauration (éradication des rats et fourmis, restauration de la végétation native) favorise le retour des oiseaux marins. Des résultats préliminaires révèlent une corrélation entre la densité d’oiseaux marins et la signature isotopique de l’azote (riche en isotope 15) dans les poissons et les algues du lagon. Une question clé reste cependant sans réponse : comment les colonies d’oiseaux marins modifient-elles concrètement la productivité primaire du lagon alentour ?
Inscrit dans ce contexte, le présent stage contribue à un projet de recherche porté par l’UMR SECOPOL en collaboration avec la Tetiaroa Society. Il vise à mesurer directement cette productivité et la réponse d’un organisme modèle, le bénitier (Tridacna maxima), le long d’un gradient naturel d’abondance d’oiseaux marins. Les résultats permettront d’évaluer dans quelle mesure la restauration des colonies d’oiseaux marins peut être considérée comme une solution fondée sur la nature pour renforcer la résilience des atolls.
Problématique et questions à aborder
Ce stage vise à tester l’effet des oiseaux marins sur le fonctionnement du lagon de Tetiaroa. Deux questions structurent le projet :
● La productivité primaire (pélagique et benthique) du lagon est-elle plus élevée à proximité des sites présentant de fortes densités d’oiseaux marins ?
● La croissance et l’activité photosynthétique des bénitiers varient-elles le long de ce gradient d’apport en nutriments d’origine aviaire ?
Méthode
Le stage combine travail de terrain à Tetiaroa, recherche bibliographique, analyses en laboratoire et analyse statistique des données. Le dispositif expérimental repose sur 12 sites répartis autour du lagon, le long d’un gradient d’abondance d’oiseaux marins (de nulle à élevée). Le stagiaire contribuera aux actions suivantes :
● Mesure des flux benthiques et de la production primaire à l’aide de cloches benthiques claire/obscure (60 min), à 10 et 20 m du trait de côte et 1,50 m de profondeur, sur les 12 sites (concentrations en oxygène et en sels nutritifs dans l’eau).
● Collecte d’échantillons de sédiments superficiels sur les 12 sites (granulométrie, matière organique), et d’échantillons de sol (carottes de 10 cm) sur le motu en face de chacun des 6 sites contrastés, pour caractériser le sol et mesurer la signature isotopique de l’azote.
● Installation de bénitiers (18 par site, en trois réplicats de 6 animaux) sur 6 sites contrastés en densité d’oiseaux, avec sondes de température et de lumière. Suivi de leur croissance et de leur activité photosynthétique, avec prélèvement de petits échantillons de manteau pour l’analyse isotopique (sans sacrifier les animaux). Si la translocation de bénitiers n’était pas autorisée, un autre organisme mixotrophe (probablement du corail du genre Acropora, bouturé localement) sera utilisé.
● Analyses en laboratoire à Tetiaroa et à l’UPF (matière organique, ammonium, granulométrie), envoi d’échantillons pour analyses externes (sels nutritifs, isotopes), puis analyses statistiques préliminaires reliant densité d’oiseaux, nutriments, productivité et réponse des bénitiers. Les comptages d’oiseaux marins (trimestriels, le long de transects de 100 m) sont réalisés par l’équipe.
L’essentiel de la période du stage se déroulera dans les locaux de l’UMR SECOPOL sur le campus de l’université de Polynésie française (UPF) à Tahiti. Les missions de terrain se dérouleront sur l’atoll de Tetiaroa. Cela comprend une première mission d’environ 18 jours (installation des dispositifs), puis plusieurs missions de 5 à 10 jours. Le logement à Tetiaroa sera pris en charge par la Tetiaroa Society.
Résultats attendus
Par ses actions, en lien étroit avec l’équipe d’encadrement, le stagiaire contribuera aux avancées suivantes :
● Une mesure du lien entre densité d’oiseaux marins, productivité primaire et flux de nutriments dans le lagon.
● L’acquisition des premières données sur la réponse physiologique (croissance, photosynthèse) d’une espèce photosymbiotique modèle à un gradient naturel d’apports en nutriments d’origine aviaire.
● Une évaluation préliminaire du potentiel de la restauration des oiseaux marins comme solution fondée sur la nature, transposable à d’autres atolls de Polynésie française.
Calendrier prévisionnel (adaptable en fonction des dates de stage)
Décembre 2026 : sélection des 12 sites, préparatifs logistiques et demandes de permis (DRM, DIREN, CITES), réalisés par l’équipe encadrante.
Janvier 2027 : prise de poste, bibliographie, formation aux protocoles et première mission à Tetiaroa (installation des dispositifs).
Janvier à avril 2027 : mesures de productivité et de flux benthiques, prélèvements, installation et premiers suivis des bénitiers, analyses en laboratoire.
Avril à mai 2027 : analyses statistiques des données.
Mai à début juin 2027 : rédaction du rapport de stage.
Juin 2027 : soutenance de stage.
Profil souhaité de l’étudiant·e
● Étudiant·e en Master 2 (ou équivalent) en écologie, biologie marine, océanographie ou domaine proche.
● Connaissances générales en écologie marine et sur le fonctionnement des écosystèmes coralliens
● Intérêt marqué pour le travail de terrain en milieu marin et insulaire (missions de plusieurs jours à Tetiaroa, travail en eau peu profonde, aisance en nage de surface avec masque et tuba)
● Rigueur dans la collecte, la saisie et le contrôle qualité des données
● Maîtrise de la suite Office, en particulier Excel ; connaissances en analyses statistiques (utilisation de R, modèles linéaires, idéalement mixtes)
● Expérience ou intérêt pour les analyses de laboratoire (nutriments, matière organique, granulométrie)
● Maîtrise de l’anglais (lecture d’articles scientifiques, interactions avec encadrant anglophone)
● Autonomie, prise d’initiative et goût du travail en équipe avec des chercheurs et des acteurs de la conservation
Formation reçue
Le stage permettra à l’étudiant·e de développer :
● la maîtrise de protocoles de terrain en milieu récifal (mesure de flux benthiques et de production primaire par cloches, échantillonnage de sédiments, de sol et d’eau) ;
● une connaissance approfondie de l’écophysiologie du bénitier et des mesures d’activité photosynthétique ;
● une expérience des analyses de nutriments et de matière organique;
● la mise en place d’analyses statistiques à partir d’un jeu de données collecté par ses soins, pour répondre à des questions de recherche définies ;
● la collaboration avec une équipe pluridisciplinaire et un acteur de la conservation
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