Une offre de doctorat portant sur les réponses des écosystèmes côtiers au changement climatique, ainsi que sur leurs interactions avec les sites de production d’électricité et les aires marines protégées (AMP), est proposée au sein du Laboratoire National d’Hydraulique et Environnement (LNHE) d’EDF Lab Chatou (France). La personne recrutée intègrera un environnement de recherche dynamique, à l’interface entre expertise académique et recherche appliquée. La direction de thèse sera assurée par David MOUILLOT (Pr. Univ. Montpellier, UMR MARBEC), Stéphanie MANEL (Pr. EPHE, UMR CEFE) et Anthony MAIRE (EDF R&D, LNHE). Le financement CIFRE EDF-ANRT est acquis.
Contexte et objectifs de la thèse
Les écosystèmes côtiers subissent une combinaison de pressions anthropiques directes (artificialisation, pêcheries, invasions biologiques, etc.) et de contraintes liées au dérèglement climatique (réchauffement, vagues de chaleur, etc.). Assurer un suivi à long terme de leur biodiversité constitue un enjeu majeur pour (1) détecter précocement les changements écologiques, (2) évaluer l’efficacité des mesures de conservation et de restauration, (3) comprendre les interactions entre infrastructures en mer et communautés biologiques et (4) mieux identifier les déterminants de leur dynamique et du fonctionnement des écosystèmes côtiers. Le développement du metabarcoding de l’ADN environnemental (ADNe) permet aujourd’hui le suivi non-destructif des communautés animales dans leur ensemble, y compris les espèces cryptiques, rares ou élusives . En parallèle, l’essor des méthodes d’apprentissage de type machine learning offre de nouvelles perspectives pour analyser des dynamiques écologiques complexes et établir des relations de causalité entre biodiversité et facteurs de forçage (environnement, pressions humaines, mesures de gestion).
Dans ce contexte, le réseau des Aires Marines Sentinelles (AMS) a été créé en 2023 : une initiative multi-acteurs de suivi à long terme et à large échelle de la biodiversité côtière en France métropolitaine . Chaque AMS correspond à une zone littorale centrée autour d’un site d’intérêt, comme un parc éolien en mer, une aire marine protégée plus ou moins restrictive, un rejet thermique d’une centrale nucléaire ou un récif artificiel, dont la biodiversité marine (poissons et crustacés) est suivie chaque été par ADNe à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de sa zone d’influence. Certains sites méditerranéens bénéficient d’un suivi ADNe depuis 2018, y compris pendant la crise du COVID et les restrictions d’activités de loisir, offrant ainsi un recul unique sur les gradients de pression humaine selon une technique standardisée.
La personne retenue en thèse analysera pour la première fois ce jeu de données exceptionnel, en se concentrant sur les réponses de la biodiversité aux changements globaux et aux pressions locales associées aux sites d’intérêt. Plus précisément, de nombreux facteurs (distance à la côte, habitats, hydrodynamisme local, type de réglementation et de gestion, activités maritimes, etc.) seront considérés afin d’expliquer les variations spatiotemporelles du signal ADNe des communautés de poissons et de crustacés. La standardisation des résultats issus des différents prélèvements ADNe dans leur contexte socio-environnemental constituera le socle de la thèse, avec une attention particulière portée au rôle de l’hydrodynamisme et des habitats (Axe1, développements méthodologiques). Sur cette base, il s’agira ensuite d’évaluer l’influence des parcs éoliens en mer et des AMP, par comparaison à des sites témoins, sur la dynamique de la biodiversité côtière locale en mobilisant des approches causales, par exemple en machine learning (Axe 2, effets locaux des sites d’intérêt). Enfin, la dynamique temporelle de la biodiversité (depuis 2018) sera examinée au regard des gradients latitudinaux et climatiques dans un contexte d’augmentation des températures, de modification des aires de répartition et de l’arrivée d’espèces non-indigènes (Axe 3, effet des changements globaux). Ces axes de recherche permettront ensemble de mieux caractériser les déterminants biotiques et abiotiques qui gouvernent les dynamiques locales et régionales de la biodiversité des milieux côtiers français métropolitains.
Profil recherché
Nous recherchons une personne très motivée, dotée de bonnes compétences organisationnelles et d’un intérêt marqué pour l’écologie quantitative et l’analyse de données, ainsi que d’une appétence pour le terrain (participation aux campagnes de suivi en 2027 et 2028). Les personnes titulaires d’un Master, d’un diplôme d’ingénieur ou d’un équivalent en biologie, écologie, sciences de l’environnement ou d’une discipline proche sont les bienvenues. Les candidats doivent également maîtriser l’anglais pour pouvoir lire et écrire des articles scientifiques et engager des discussions. Une expérience antérieure en analyses statistiques (logiciel R ou Python) sera particulièrement appréciée ; des compétences en machine learning et en écologie marine seront un plus. Nous recherchons une personne curieuse, autonome, proactive et intéressée pour évoluer à l’interface entre recherche fondamentale et recherche appliquée.
Collaborations/Missions/Déplacements : La personne retenue collaborera avec d’autres scientifiques de l’UMR MARBEC et du Laboratoire National d’Hydraulique et Environnement (EDF R&D) et participera aux campagnes estivales du réseau Aires Marines Sentinelles.
Informations pratiques
Financement : CIFRE EDF-ANRT – déjà acquis.
Date limite de candidature : 31/05/2026 / Début de la thèse : 01/10/2026
Pour candidater : merci d’adresser votre CV, une lettre de motivation (1 page maximum), vos relevés/diplômes de Master ou équivalent, et jusqu’à deux lettres de recommandation à David Mouillot (david.mouillot@umontpellier.fr), Stéphanie Manel (stephanie.manel@cefe.cnrs.fr) et Anthony Maire (anthony.maire@edf.fr).
Commentaires récents