« Jardins privés et conservation des papillons en milieu urbain : une approche socio-écologique en Île-de-France »

Descriptif du sujet :
Dans un contexte d’urbanisation croissante, les jardins privés constituent une part majeure des espaces verts urbains et représentent un levier important, mais encore sous-exploité, pour la conservation de la biodiversité. Leur contribution dépend toutefois fortement des pratiques de gestion des particuliers et du contexte paysager, qui déterminent la disponibilité des ressources et des habitats pour les espèces.
Parmi les organismes affectés par l’urbanisation, les papillons constituent un modèle particulièrement pertinent : ils sont sensibles aux modifications des habitats, présentent une diversité de traits écologiques (mobilité, spécialisation, dépendance aux plantes-hôtes) et bénéficient d’un fort intérêt du grand public. Ils permettent ainsi d’analyser les mécanismes de filtrage écologique en milieu urbain tout en facilitant la mise en œuvre d’actions de conservation participatives.
Ce projet de thèse vise à développer une approche socio-écologique intégrée pour favoriser la conservation des papillons dans les jardins privés d’Île-de-France. Il repose sur une démarche en trois étapes combinant écologie, sciences sociales et expérimentation en conditions réelles, inspirée de programmes ayant montré leur efficacité en milieu urbain.
Le premier axe vise à identifier des espèces cibles de papillons présentant un déficit en milieu urbain mais encore relativement communes à l’échelle régionale, et dont les facteurs limitants pourraient être levés à l’échelle des jardins (plantes-hôtes, ressources nectarifères, pratiques de gestion).
Le deuxième axe consiste à évaluer l’acceptabilité sociale des mesures de gestion envisagées. Les pratiques de jardinage résultent en effet de compromis entre motivations, contraintes matérielles, normes sociales et préférences esthétiques, qui conditionnent la mise en œuvre effective des actions de conservation.
Le troisième axe vise à tester, en conditions réelles, la mise en œuvre et l’efficacité écologique des mesures identifiées comme à la fois pertinentes écologiquement et acceptables socialement, à partir d’un réseau de jardiniers volontaires.
En articulant identification des contraintes écologiques, analyse des comportements humains et expérimentation participative, cette thèse vise à produire des recommandations opérationnelles pour la conservation de la biodiversité dans les jardins urbains, avec un fort potentiel de transfert vers les politiques publiques et les pratiques citoyennes.

Méthodes :
– Axe 1 : identification des espèces cibles et des facteurs limitants : Analyse de données de sciences participatives (notamment SPIPOLL) pour caractériser la réponse des espèces à l’urbanisation à l’aide de modèles statistiques (GLM/GAM). Croisement avec des données paysagères (imperméabilisation, connectivité) et des bases de données écologiques pour identifier les facteurs limitants potentiellement actionnables à l’échelle des jardins (plantes-hôtes, ressources nectarifères, pratiques de gestion).
– Axe 2 : évaluation de l’acceptabilité sociale : Approche mixte combinant des entretiens semi-directifs auprès de jardiniers (motivations, contraintes, représentations) avec une expérience de choix discret permettant de quantifier les compromis entre bénéfices pour la biodiversité, contraintes pratiques, esthétiques et coûts perçus.
– Axe 3 : expérimentation en jardins privés : Mise en place de mesures de gestion dans un panel d’environ 30 jardins volontaires (plantes-hôtes, ressources nectarifères, pratiques de tonte, etc.). Suivis standardisés des communautés de papillons (richesse, abondance, composition) selon un protocole participatif, avec comparaison avant/après et avec des jardins témoins. Évaluation parallèle de l’acceptabilité a posteriori des mesures.

Encadrement :
Emmanuelle Baudry et Blanche Collard (Encadrement partagé à 50 %)

Lieu de travail :
UMR ESE, Ecologie, Société et Evolution (tutelles Université Paris Saclay/AgroParisTech/CNRS), situé dans le bâtiment IDEEV, au 12 route 128, 91190 Gif sur Yvette. Le terrain sera réalisé dans la vallée de l’Yvette, proche de ESE.

Profil et compétences recherchées :
– Master en écologie ou discipline proche
– Compétences de base en analyses statistiques avec R
– Intérêt pour les approches interdisciplinaires (écologie et sciences sociales)
– Intérêt pour l’écologie urbaine et l’entomologie
– Gout pour le travail de terrain et le travail participatif
– Goût pour le contact car les interactions avec les jardiniers seront nombreuses !

Modalités de candidature :
Pour candidater, envoyez svp un mail avant le 17 avril avec comme sujet « candidature Thèse papillon » à emmanuelle.baudry@universite-paris-saclay.fr et blanche.collard.inra@gmail.com et contenant votre CV, une lettre de motivation, vos relevés de notes de master 1 et les notes de M2 qui sont disponibles, votre rapport de stage de M1 ou un autre rapport équivalent, et les coordonnées de deux personnes vous ayant encadré(e).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: emmanuelle.baudry@universite-paris-saclay.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.