Niveau du stage : Stage de master 1 ou équivalent
Période du stage : Trois mois pendant le premier semestre 2026 avec gratification de stage
Candidature : Dépôt des dossiers au fil de l’eau jusqu’au 15 janvier 2026
Structure d’accueil : Réserve Naturelle Nationale des Coteaux de la Seine, Parc Naturel Régional du Vexin Français
Laboratoire d’accueil : iEES Paris, Sorbonne Université, équipe Variabilité Phénotypique et Adaptation (VPA)
Responsables du stage
Nom : Nolwenn Quilliec ; Email : n.quilliec@parcduvexin.fr
Nom : Jean-François LE GALLIARD ; www.lizardecology.org ; Email : galliard@biologie.ens.fr
Description du stage
Résumé
Le Plan National d’Actions Vipères de France hexagonale 2025-2030 présente une stratégie pour la conservation des vipères incluant l’amélioration des connaissances, l’identification de menaces et la protection des populations, notamment les plus fragiles. Parmi les espèces concernées, la vipère péliade (Vipera berus) présente la distribution mondiale la plus large mais son statut en France est vulnérable à cause du fort déclin de ses habitats favorables en plaine. En Ile-de-France, sa distribution est très fragmentée autour de plusieurs noyaux isolés, généralement dans des landes forestières. L’objectif du stage sera de caractériser l’état actuel d’une population sur la Réserve Naturelle Nationale des Coteaux de la Seine. Le stage s’intéressera aussi aux facteurs permettant la persistance de cette population dans des habitats rarement associés à cette espèce dans sa distribution globale.
Problématique
La distribution spatiale des quatre espèces de vipères en France est fortement dictée par des contraintes climatiques et la vipère péliade (Vipera berus) constitue dans ce cortège l’espèce la plus boréale avec une forte affinité pour les milieux ouverts, humides et relativement frais. En France, sa distribution est centrée sur la Normandie en plaine, notamment dans les habitats bocagers, et elle occupe aussi les Alpes du nord et le Massif Central, où elle fréquente landes humides et tourbières. L’espèce est classée au statut vulnérable sur la Liste rouge des reptiles de France métropolitaine de l’IUCN (Moncorps et al. 2017) et est localement classée En Danger en Ile-de-France et en Normandie où elle fait l’objet d’un Plan Régional d’Action motivé par le déclin majeur de sa distribution (Barrioz et Lerest 2022). En Ile-de-France, l’espèce atteint la limite de son aire de distribution Euro-sibérienne en plaine et son aire de distribution est fragmentée dans un contexte défavorable de destruction ou de conversion des habitats naturels (Johan et al. 2023). Actuellement, l’espèce est connue des zones de landes forestières dans le Val de Marne, l’Essonne et le Val d’Oise, mais occupe aussi des petits habitats enclavés où les populations sont susceptibles d’être particulièrement vulnérables. Toutefois, le statut exact et la résilience de ces petites populations est très mal connu, notamment dans le contexte du réchauffement climatique qui menace la marge chaude de cette espèce.
Dans ce contexte, le Plan National d’Actions 2025-2030 sur les vipères de France hexagonale identifie le besoin d’améliorer la compréhension de la dynamique des populations de l’espèce et de mieux évaluer les pressions et menaces pesant sur les populations en priorisant des actions pour les populations les plus fragiles (Kouyoumdjian et Kotwica 2025). L’étude de la population localisée sur la Réserve Nationale des Coteaux de la Seine, située au sein du Parc Naturel Régional du Vexin Français dans le Val d’Oise, est particulièrement pertinente dans cette perspective. La présence de l’espèce et sa reproduction sont confirmées par de nombreuses observations régulières et par des suivis protocolés. Cette population est située au cœur d’un des trois noyaux de la distribution de l’espèce en Ile-de-France, en prolongation d’un ensemble populations situées à l’est de la Normandie où l’espèce est présente dans des vallées boisées. Elle occupe ici un habitat exceptionnel, composé de pelouses calcicoles et de friches sur des reliefs escarpés exposés au sud. La RNN est caractérisée par une flore plutôt xérique dont des espèces à affinité méditerranéenne. La persistance locale d’une d’espèce de serpent à affinité boréale, connue pour son tropisme pour des habitats humides sur sols acides dans le contexte national, est donc particulièrement surprenante.
Objectifs
Le stage consistera en une caractérisation du statut de la population de vipères sur le secteur de la RNN. L’étudiant.e mobilisera des données historiques et des observations récentes pour cartographier les observations au sein de la réserve. Il-elle réalisera un protocole de suivi pour dénombrer les effectifs en utilisant des techniques de photo-identification. Des informations microclimatiques seront récoltées pour caractériser les conditions diurnes et nocturnes et identifier les microhabitats favorables ou non à l’espèce. Des facteurs de risque seront ainsi identifiés afin de proposer des actions de gestion adaptées.
Profil recherché et dépôt des candidatures
L’étudiant.e choisi.e sera encadré.e par N. Quilliec sur la RNN des Coteaux de la Seine et par J.-F. Le Galliard à l’Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement de Paris (iEES) sur le campus de Sorbonne Université. Le stage se déroulera sur une période de 3 mois, idéalement entre le mois d’avril à juin 2026. Il comprendra une période de finalisation des protocoles, une période de terrain de l’ordre de deux mois et une période d’analyse des données et de rédaction du mémoire. Les candidats devront (1) être en première année d’un master en écologie-biologie de la conservation ou équivalent, (2) avoir suivi des cours de statistiques et de traitement de données sous R et (3) avoir un goût pour l’écologie de la conservation et l’écologie animale. Une expérience de travail de terrain et une bonne connaissance des modèles d’étude seront un atout supplémentaire pour la candidature. Les candidats devront joindre un CV complet et une lettre de motivation avant le 15 janvier 2026. La sélection des candidats se fera au fil de l’eau.
Bibliographie
Barrioz, M., & Lerest, M. (2022). Liste rouge des reptiles de Normandie. Évalua- tion des menaces selon la méthodologie de l’UICN (p. 12). OBHeN & URCPIE de Normandie.
Kouyoumdjian, L., & Kotwica, G. (2025). Plan national d’action en faveur des “vipères de France hexagonale” (p. 96). Société Herpétologique de France, DREAL Hauts-de-France, Ministère de la Transition écologie, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Moncorps, S., Siblet, J.-P., Dufay, L., Gigot, G., Kirchner, F., Meyer, S., de Massary, J.-C., Barrioz, M., Berroneau, M., Cheylan, M., Crochet, P.-A., Pottier, G., Vacher, J.-P., Dell’Amico, F., Lescure, J., Morinière, P., Sacchi, J., Boissinot, A., Cayuela, H., … Renet, J. (2017). La liste rouge des espèces menacées en France. Reptiles et amphibiens de France métropolitaine (p. 101). PatriNat (AFB-CNRS-MNHN).
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