Contexte :
Dans le contexte de la transition énergique, la France connait depuis une quinzaine d’année un essor du développement des Centrales photovoltaïques (CPV). Le développement de centrales solaires au sol transforme le paysage existant. Ce changement paysager soulève des préoccupations concernant l’intégration paysagère et la concurrence pour l’utilisation des terres. Aujourd’hui, si leurs impacts écologiques sur la biodiversité et le microclimat commencent à être bien documentés, la dimension paysagère n’est quant à elle que peu étudiée. En effet, en modifiant les paramètres microclimatiques (températures, humidités, lumière), les panneaux solaires modifient directement et indirectement les communautés végétales (Bienvenu et al., 2025) et leurs interactions avec les autres compartiments comme les organismes du sol (Leroy et al., 2025) ou les pollinisateurs (Lec’hvien et al., 2025) .
Bien que les communautés biologiques et leur fonctionnement au sein des CPVs soient structurés entre autres par les panneaux solaires, le contexte paysager n’en demeure pas moins un facteur clef qui structure la biodiversité au sein des CPVs. Si la proximité de CPV à des habitats semi-naturels peut s’avérer plus impactante pour le fonctionnement et la connectivité des écosystèmes (Tinsley et al., 2024), la biodiversité au sein des parcs peut être limitée par le contexte paysager. Des études en agroécologie (Beaumelle et al., 2021) suggèrent que les paysages diversifiés (riches en habitats semi-naturels) favorisent une colonisation spontanée des espèces, alors que dans les paysages homogènes la colonisation spontanée reste limitée. Aujourd’hui, pour améliorer la prise en compte des impacts sur l’environnement d’une CPV et donc leur intégration écologique, il est nécessaire d’évaluer si le fonctionnement de la biodiversité au sein d’un parc dépend de ce contexte paysager.
A travers la théorie des filtres écologiques, ce stage a pour but d’étudier dans quelle mesure la diversité du paysage environnant influence la biodiversité au sein des CPVs. L’objectif de ce stage sera donc de tester et optimiser les protocoles permettant d’évaluer l’impact du paysage sur la biodiversité dans les CPVs, en combinant :
1. Approche paysagère : Analyse des diversité (alpha, beta, gamma) des habitats environnants
2. Approche terrain : Relevés de biodiversité (alpha) faune (pollinisateurs, faune du sol) flore
3. Approche analytique : Traitement des données pour identifier les éléments structurant la biodiversité au sein des CPVs.
Missions :
Afin de Cartographier la diversité paysagère autour de CPVs sélectionnées et d’évaluer son effet sur la flore, les pollinisateurs, et organismes du sol, les missions de stages se déclineront comme suit :
1. Revue bibliographique :
o Synthétiser les méthodes pour évaluer l’impact du paysage sur la biodiversité.
o Identifier les protocoles standardisés pour les relevés de biodiversité.
2. Travail de terrain :
o Participer aux campagnes de relevés dans les CPVs (printemps/été 2025)
o Tester et optimiser différents protocoles
3. Analyse des données :
o Traitement statistique (R), Cartographie (QGIS, R)
Profil recherché :
• Etudiant.e de Master 2 en écologie, agroécologie, sciences de l’environnement ou équivalent.
• Intérêt et connaissances en écologie des communautés (végétales et/ou entomofaunes), écologie fonctionnelle, écologie du paysage.
• Connaissances naturalistes (végétation et/ou invertébrés)
• Un gout pour le travail de terrain et l’analyse de données
• De bonnes compétences rédactionnelles
• Des compétences en statistiques (analyses multivariées, logiciel R) et Cartographie (QGIS)
• Rigueur scientifique
• Sens de l’organisation, savoir-être en équipe, autonomie
Conditions du stage :
• Stage de 6 mois (à partir de février ou mars 2025)
• Accueil au sein de l’équipe “EcoPEPS” de l’UMR 950 UCN – INRAE “Ecophysiologie Végétale Agronomie” de l’Université de Caen-Normandie.
Candidature :
Quentin Lambert (MCU), Pascaline Caudal (MCU), Servane Lemauviel-Lavenant (Pr),
quentin.Lambert@unicaen.fr ; pascaline.caudal@unicaen.fr ; servane.lavenant@unicaen.fr
Candidatures à envoyer dès que possible et au plus tard le 07 janvier 2026.
Bibliographie :
Beaumelle, L., Auriol, A., Grasset, M., Pavy, A., Thiéry, D., Rusch, A., 2021. Benefits of increased cover crop diversity for predators and biological pest control depend on the landscape context. Ecological Solutions and Evidence 2, e12086. doi:10.1002/2688-8319.12086
Bienvenu, L., Lec’hvien, A., Gros, R., Kebaili, E., Schatz, B., Bischoff, A., Isselin-Nondedeu, F., 2025. Effects of Panels and Management on Plant Community Composition in Southern French Solar Parks. Applied Vegetation Science 28, e70037. doi:10.1111/avsc.70037
Lec’hvien, A., Bienvenu, L., Isselin-Nondedeu, F., Bischoff, A., Gros, R., Schatz, B., 2025. Effects of Solar Panels and Management on Pollinators and Their Interactions with Plants in Southern French Solar Parks. doi:10.2139/ssrn.5124801
Leroy, V., Decocq, G., Noirot-Cosson, P.-E., Marrec, R., 2025. Impacts of punctual solar trackers on soil biodiversity in agricultural lands. Geoderma 453, 117147. doi:10.1016/j.geoderma.2024.117147
Tinsley, E., Froidevaux, J.S.P., Jones, G., 2024. The location of solar farms within England’s ecological landscape: Implications for biodiversity conservation. Journal of Environmental Management 372, 123372. doi:10.1016/j.jenvman.2024.123372
Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: quentin.lambert@unicaen.fr
Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.
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