Master 2 ou stage d’ingénieur : Influence du référentiel thermique pour l’évaluation de l’état des communautés de poisson des cours d’eau français
Contexte
La mise en œuvre de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau en 2000 a notamment conduit à la mise en place en France d’un système de monitoring des communautés biologiques vivant dans les cours d’eau, dont les poissons, pour évaluer l’état des cours d’eau. Ce système mis en place à partir de 2007 comprend notamment un réseau de contrôle de surveillance (RCS), constitué d’environ 1500 sites, destiné à fournir une image représentative des cours d’eau français, et un réseau de référence (RR), constitué d’environ 400 sites faiblement impactés par les activités humaines (et dont le suivi a été moins régulier que le RCS), destiné à voir comment les communautés sont susceptibles d’évoluer sur le temps long en particulier dans le contexte de changement climatique mais indépendamment d’impacts anthropiques plus locaux.
Pour évaluer l’état des communautés de poissons au niveau national, l’outil officiellement retenu est l’Indice Poisson Rivière (IPR), un outil de bioindication qui mesure, sur le site évalué, l’écart entre la communauté de poissons observée et une communauté de référence attendue en l’absence d’altérations anthropiques significatives. Les compositions des communautés de référence sont prédites en fonction d’un ensemble de variables environnementales dont en particulier les températures moyennes de l’air des mois de Janvier et Juillet. Dans la pratique les gestionnaires mettant en œuvre l’IPR utilisaient jusqu’à présent un référentiel thermique ancien basé sur les deux dernières décennies du 20e siècle. Une étude récente (Irz et al. 2024), utilisant ce référentiel thermique pour le calcul de l’IPR, suggère que l’état des communautés de poissons est globalement resté stable sur les deux dernières décennies et qu’il tendrait même à se dégrader sur les sites les moins affectés par les pressions humaines. On peut cependant s’interroger sur les biais générés par l’utilisation d’un référentiel thermique ancien qui n’est plus conforme avec la réalité climatique actuelle dans le calcul de l’indice et donc sur les tendances temporelles mises en évidence.
Objectif
L’objectif général du stage est d’évaluer comment l’utilisation d’un référentiel thermique ajusté sur les dates d’échantillonnage des sites est susceptible de modifier l’évaluation de l’IPR en comparaison avec l’utilisation du référentiel ancien et fixe utilisé jusqu’à présent. Plus spécifiquement le travail consistera dans un premier temps à déterminer les sites où les changements de température ont été les plus importants par rapport aux dernières décennies du 20e siècle. Il s’agira ensuite de déterminer comment les changements de valeurs de température impactent les prédictions de la composition des communautés issues des modèles sur lesquels se basent l’IPR. Enfin on évaluera dans quelle mesure le changement de référentiel thermique modifie les valeurs d’IPR (et des métriques constitutives) et les tendances temporelles mises en évidence sur les sites.
Ce travail sera mené sur les sites du réseau de référence et du réseau de contrôle de surveillance et sera basé sur des données déjà acquises. Il s’inscrit dans le cadre du projet Dynaref (financé par l’OFB) qui porte sur l’effet des changements globaux sur les sites de référence et est porté par un consortium composé de l’Inrae, l’Université de Lorraine et l’Université du Havre.
Profil recherché :
– Etudiant·e de Master 2 ou élève ingénieur e
– Formation en écologie
–Appétence pour le traitement de données
– Maitrise du logiciel de statistiques R et des outils SIG
– Rigueur
– Bonnes capacités rédactionnelles
Localisation du stage :
INRAE – UR HYCAR, 1 rue Pierre-Gilles de Gennes CS 10030 92761 ANTONY cedex France
Indemnités de stage :
Gratification de 624 euros/mois (pour un mois complet soit 21 jours travaillés)
Encadrement (personnes à contacter pour l’envoi des candidatures) :
Jérôme Belliard : email : jerome.belliard@inrae.fr ; Tél : 01 40 96 65 66
Virginie Archaimbault : email virginie.archaimbault@inrae.fr
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