Stage niveau M1 / M2, ou année de césure, 2026
Contexte:
La construction des parcs de panneaux solaires a augmenté ces dernières décennies (Comello et al., 2018) afin de répondre aux attentes sociétales et d’augmentation de production d’énergie.
Au sein d’un parc, la présence de panneaux influence le microclimat, en diminuant les températures, les variations diurnes de températures et d’humidité en été ainsi qu’en conservant mieux la chaleur en hiver (Armstrong et al., 2016). De ce fait, il y a un impact important de la présence de ces panneaux sur la biodiversité. Parmi cette diversité, dans les différentes études, la végétation est la biodiversité la plus prise en compte (Lafitte et al., 2023; Gomez-Catasus et al., 2024). En effet, la végétation directement sous les panneaux a tendance à avoir une richesse spécifique, une biomasse et une couverture plus faible ainsi qu’une composition différente (Armstrong, et al., 2016 ; Lambert et al, 2022; Lambert et al., 2023; Bienvenu et al., 2025). En effet, le blocage d’une partie du rayonnement solaire par les panneaux explique la différence de végétation. Au delà de l’impact du microclimat, différentes variables climatiques impactent également la végétation.
Cependant, l’impact du climat sur la végétation en relation avec la présence de panneaux n’a jamais été clairement étudié à large échelle. De plus, l’impact du paysage (via les habitats semi-naturels entourant le parc) sur la diversité végétale reste assez également peu étudié. Le projet ESEB, réunissant différents pays (Allemagne, Angleterre et France), vise a étudié l’impact des parcs solaires sur la biodiversité à une échelle européenne. La biodiversité dans 300 parcs solaires a été suivis dans ces trois pays, offrant la possibilité d’analyser à larges échelles spatiales et temporelles, l’effet du climat et du paysage. L’hypothèse principale de ces travaux serait que la présence de panneaux solaires influence différemment la diversité végétale en fonction du climat (rayonnement solaire, température et précipitations). Cela pourrait venir confirmer ou non que le climat a une moindre importance dans le façonnement de la composition de la communauté végétale sous panneaux qu’en dehors (Lambert et al., 2023). De plus, une plus grande diversité d’habitats semi-naturels dans le paysage, comme les prairies, pourraient venir alimenter la diversité en espèce végétale dans le site.
Objectif:
Le but de ce stage est d’analyser l’impact du climat et du paysage en relation avec la présence de panneaux solaires sur la diversité végétale dans des parcs à une échelle européenne (Allemagne, Angleterre et France). Dans un premier temps, il sera nécessaire de récupérer les informations climatiques et paysagères associées aux différents parcs où la végétation a été mesurée. Suite à cela, le traitement et l’analyse statistique des données pourront être effectués. Des bases de données pluri-annuelles sur le climat, le paysage ainsi que la diversité de la végétation seront à disposition. Des analyses multivariées (ACP, AFP) pourront être effectuées pour prendre en compte les correlations des facteurs climatiques et du paysage, puis des modèles linéaires généralisés mixtes (glmm) pourrait être construits pour expliquer la variabilité de la diversité végétale sous les panneaux ou non.
Ces travaux de stage font partie du projet ESEB : “Impacts des infrastructures européennes d’énergie solaire sur la biodiversité : intégration des connaissances existantes pour permettre une gestion positive de la nature et des investissements financiers”
Compétences nécessaires: connaissances en écologie et/ou agronomie. Connaissances/ envie d’apprendre sur le logiciel R et goût pour le traitement et l’analyse de bases de données. Des connaissances sur QGIS peuvent être un plus. Autonomie, organisation, communication et connaissance en anglais (lecture et synthèse).
Envoyer un CV et une lettre de motivation aux contacts.
Contact : Lucas Etienne : lucas.etienne@imbe.fr ; Armin Bischoff : armin.bischoff@imbe.fr ; Noelline Tsafack : noelline.tsafack@imbe.fr
Le stage se déroulera à l’IUT d’Avignon à l’institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (IMBE), en France au sein de l’équipe « Écologie, Ecotoxicologie & Chimie Appliquées à l’Agroécologie et à la Restauration »
Durée : début en février/mars 2026 jusqu’au 31 juillet 2026.
Gratification : 4,35€ de l’heure équivalent à, 659,76€ par mois sur la base de 35 h
hebdomadaires et 22 jours de présence.
Références :
Armstrong, A., Ostle, N. J., & Whitaker, J. (2016). Solar park microclimate and vegetation management effects on grassland carbon cycling. Environmental Research Letters, 11(7), 074016.
Bienvenu, L., Lec’Hvien, A., Gros, R., Kebaili, E., Schatz, B., Bischoff, A., & Isselin‐Nondedeu, F. (2025). Effects of Panels and Management on Plant Community Composition in Southern French Solar Parks. Applied Vegetation Science, 28(3), e70037.
Comello, S., Reichelstein, S., & Sahoo, A. (2018). The road ahead for solar PV power. Renewable and Sustainable Energy Reviews, 92, 744-756.
Gómez‐Catasús, J., Morales, M. B., Giralt, D., del Portillo, D. G., Manzano‐Rubio, R., Solé‐Bujalance, L., … & Bota, G. (2024). Solar photovoltaic energy development and biodiversity conservation: Current knowledge and research gaps. Conservation Letters, 17(4), e13025.
Lafitte, A., Sordello, R., Ouédraogo, D. Y., Thierry, C., Marx, G., Froidevaux, J., … & Reyjol, Y. (2023). Existing evidence on the effects of photovoltaic panels on biodiversity: a systematic map with critical appraisal of study validity. Environmental Evidence, 12(1), 25.
Lambert, Q., Gros, R., & Bischoff, A. (2022). Ecological restoration of solar park plant communities and the effect of solar panels. Ecological Engineering, 182, 106722.
Lambert, Q., Bischoff, A., Enea, M., & Gros, R. (2023). Photovoltaic power stations: an opportunity to promote European semi-natural grasslands?. Frontiers in Environmental Science, 11, 1137845.
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