Présentation :
La Société d’Ornithologie de Polynésie « Manu » (SOP) a été créée à Tahiti en 1990. Elle regroupe 200 d’adhérents et un conseil d’administration composé de 11 membres. La SOP Manu se caractérise par une équipe technique professionnelle comprenant 15 salariés. Plusieurs prestataires contribuent également aux programmes, sur les îles notamment. La SOP met en œuvre des programmes de conservation de la biodiversité aviaire sur l’ensemble de la Polynésie française. Chaque programme est axé, tel que recommandé par la stratégie de BirdLife International.
Actuellement, les actions de la SOP concernent des programmes :
• D’étude, de suivi et de conservation des espèces aviaires dont celles en danger critique d’extinction présentes en Polynésie française
• De restauration de sites ou d’îles entières
• D’éducation des scolaires, d’implication des communautés locales et de diffusion du savoir
La SOP est reconnue depuis de nombreuses années d’intérêt public (arrêté n°1023/CM du 21 juillet 1999) et elle est agréée au titre de l’article L. 621-1 du code de l’environnement dans le cadre territorial par arrêté n°1011/DRCL du 20 juin 2003. Depuis 2010, elle est Full Partner de BirdLife International et représente cette organisation en Polynésie française.
Tous les programmes sont menés en impliquant les communautés locales. Des réseaux de bénévoles soutiennent également les actions de l’association sur Tahiti (piégeage des oiseaux introduits, restauration de l’habitat, sauvetage des oiseaux marins).
Parmi les 10 oiseaux classés en danger critique d’extinction de Polynésie française, deux espèces sont parmi les oiseaux les plus menacés au monde en termes d’effectifs : le Monarque de Tahiti avec 150 individus et le Monarque de Fatu Hiva, avec seulement 4 couples en 2025. Les programmes de sauvegarde du Monarque de Tahiti et de Fatu Hiva sont complexes en raison du nombre d’Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) ayant un impact et interagissant entre elles. Des programmes de conservations mis en place depuis une ou deux décennies ont permis d’éviter l’extinction de ces espèces, mais elles ne sont pas encore sorties d’affaire !
Activité – 2 volontaires : Sauvegarde du Monarque de Fatu Hiva aux Iles Marquises
Le Monarque de Fatu Hiva est l’espèce la plus menacée de Polynésie avec 16 individus et peut disparaitre à tout moment. L’équipe sur place est composée de 8 travailleurs locaux qui se consacrent à la lutte contre les espèces invasives et apportent leur soutien pour d’autres besoins du programme de conservation du Monarque de Fatu Hiva. Elle comprend également 1 à 2 biologistes responsables du suivi des oiseaux dans la vallée, ainsi que 2 birdkeeper et un biologiste, en charge de l’élevage des oiseaux en captivité.
Deux volontaires CES sont recherchés pour seconder l’équipe et augmenter ainsi les efforts de sauvegarde sur 3 thématiques.
Suivi des populations et de leur succès reproducteur :
Un suivi de tous les individus est effectué régulièrement. Pendant les phases de reproduction, au moins une heure est passée sur chaque territoire afin de suivre les activités des oiseaux, puis pour suivre les poussins après l’envol. Ce suivi est indispensable pour connaître la dynamique de la population et établir les indicateurs du projet. Des tapettes à rat sont placés autour des nids actifs et si le nid est incliné, une bâche est mise en place en bas du nid pour éviter la chute du poussin.
Le suivi de la dispersion juvénile est possible grâce à un réseau de 60 caméras automatiques placés sur des branches sur 350 hectares autour de l’aire de répartition des monarques. Le volontaire assurera la récupération de ces données, le visionnage des vidéos sur l’ordinateur, la saisie de données sur un fichier Excel et l’entretien sur le terrain de ce dispositif appelé « ARBCAM ».
Lutte contre la malaria aviaire :
La malaria aviaire (Plasmodium relictum) est un parasite sanguin transmis aux oiseaux par la piqure d’un moustique. Cette nouvelle menace, responsable de l’extinction de plusieurs oiseaux endémiques à Hawaii, a été récemment découverte sur l’île. Elle peut s’avérer mortelle pour les poussins au nid et les juvéniles envolés et pourrait aussi affecter la survie des adultes. Les gîtes larvaires à proximités des territoires sont contrôlés et des pièges à moustique sont installés autour des nids actifs pour diminuer la densité de ces insectes et augmenter les chances de survie du poussin. Des mangeoires approvisionnées régulièrement avec des vers de farine sont également mis en place à l’envol du poussin pour le renforcer pendant la période critique avant son émancipation.
Suivi de l’abondance des prédateurs introduits :
Une zone de contrôle de prédateurs de 600 hectares est en place à Fatu Hiva, gérée par les permanents locaux de la SOP. Un réseau de 80 caméras automatiques permet de suivre l’indice d’abondance des chats par zone et permettent d’identifier l’incursion de chats dans la zone centrale hébergeant les monarques. Le but de ce dispositif est d’empêcher toute prédation de Monarque de Fatu Hiva par ce redoutable prédateur. Le volontaire contribuera au suivi des caméras dans cette île. Ce suivi inclut la récupération des données, le visionnage des images sur l’ordinateur et le calcul de l’indice d’activité mensuel.
Missions principales :
• Suivi des individus, Saisie des données collectées directement sur l’application de terrain NRDS (Natural Resource Data Solutions)
• Suivi de la reproduction des couples, depuis la construction des nids jusqu’à l’émancipation des juvéniles
• Protection des nids actifs : planification, installation et entretien des tapettes à rat et des mangeoires
• Prospection à la recherche de nouveaux oiseaux/sites
• Suivi et maintenance des caméras automatiques
• Récupération des données des caméras (prédateurs et ARBCAMs), visionnage et saisie des données dans des fichiers Excel ainsi que sur l’application de terrain NRDS
• Participation au suivi des déplacements des chats harets dans la vallée par photo identification (utilisation de l’Intelligence Artificielle)
Autres missions :
• Accompagnement des touristes dans la vallée pour observer les oiseaux
• Aide sur d’autres missions ponctuelles (stérilisation des chats, capture des oiseaux…)
• Aide occasionnelle sur la partie captivité pour l’élevage des insectes et nourrissage des oiseaux Organisation/participation à des projets pédagogiques ou de sensibilisation et d’émancipation de la population locale
• Participation et animation de la communication générale : Instagram, Facebook… Participation à la vente de produits (t-shirts) pour promouvoir et financer les actions du projet
Contexte environnemental :
Terrain physiquement exigeant, très escarpé et technique. La vallée présente une pente importante et des chemins difficiles où il faut souvent se baisser, traverser des rivières et s’aider de cordes pour gravir certains passages. Environnement très humide (terrain très glissant) avec une forte présence de moustiques. Suivi en sous-bois au sein d’une végétation tropicale, avec plusieurs heures de marche par jour. L’activité quotidienne réalisée est intense mais motivante.
Il faut également compter 3 à 4 heures de trajet en bateau pour rejoindre l’île.
Environnement très isolé, avec des conditions de vie exigeantes : 600 habitants sur l’île, dont 300 au village de Omoa. L’île est réapprovisionnée par deux bateaux toutes les 2 à 3 semaines. Les deux volontaires partageront une habitation qu’ils devront maintenir dans un état convenable, chacun disposant de sa propre chambre.
Profils recherchés :
– Très bonne condition physique et forte appétence pour la conservation
– Poste ouvert à tous les profils. Une formation en biologie/sciences de l’environnement/écologie est appréciée
– Expérience de terrain dans des conditions exigeantes ou en milieu tropical souhaité
– Volonté de développer des connaissances et compétences en ornithologie et en conservation
– Maitrise des outils informatiques usuels
– Maîtrise ou engagement à l’apprentissage du français afin de pouvoir parler avec les locaux
– Compétences en communication sont un atout
Savoir-être :
– Capacité à travailler dans des conditions climatiques difficiles (Milieu tropical, moustiques, pluie…) et d’isolement
– Capacité d’adaptation rapide
– Dynamisme et motivation
– Sens de l’organisation et rigueur
– Bon relationnel au sein d’un groupe en milieu isolé
– Aptitude à travailler en équipe et en autonomie
– Prise d’initiative et polyvalence seraient un plus
Conditions du volontariat :
Déplacements, logement, matériel, connexion internet couverts par la structure d’accueil
Aide pour la nourriture : 10 Euros par jour (x365 jours)
Argent de poche : 7 Euros par jour (x365 jours)
Fermeture des candidatures 15 janvier 2026 & Début souhaité début mars 2026
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