Problématique et contexte du stage

Les haies sont des éléments semi-naturels clés des paysages agricoles. Elles abritent une grande diversité d’organismes dont certains contribuent à soutenir des services écosystémiques d’intérêt pour l’agriculture. Si l’effet positif des haies sur la biodiversité spontanée fait aujourd’hui consensus, leur potentiel à soutenir la régulation biologique des bioagresseurs de cultures est nettement moins clair (Précigout et Robert 2022). En effet, les haies sont à la fois source de bioagresseurs de cultures (en proposant des sites d’hivernage aux pucerons par exemple ; Alignier et al. 2014) et d’auxiliaires. D’autre part, les caractéristiques des haies en termes de structure (par ex. nombre de strates), de composition (par ex. nombre d’essences) ou de gestion (Staley et al. 2012, 2016), le type de parcelles adjacentes (type de couvert cultivé, monoculture vs. association d’espèces, agriculture biologique vs. conventionnelle ; Robinson et Sutherland, 2002 ; Petit et al. 2003 ; Lenoir et al. 2019), la distances à la haie et les traits d’histoire de vie des organismes impliqués dans la régulation biologique sont autant de facteurs qui complexifient ces relations. Ainsi mieux comprendre les liens entre caractéristiques des haies et organismes impliqués dans la régulation biologique est essentiel pour une mobilisation réussie des haies dans les paysages agricoles.
Un des objectifs du projet REGHAIE, dans lequel s’inscrit cette étude, est d’étudier les impacts de différents types de haies sur la biodiversité spontanée, à la fois dans les haies et dans les parcelles adjacentes, ainsi que sur certaines fonctions écologiques qui leur sont associées, en particulier le contrôle biologique des bioagresseurs de cultures. Cette question est abordée dans trois sites : des paysages de grandes cultures globalement peu diversifiés dans le sud-ouest de l’Île de France, des paysages davantage diversifiés de vergers provençaux, et des paysages encore plus diversifiés dominés par la polyculture-élevage dans le bocage breton.
Dans ce contexte, l’objectif du stage conduit sur le site d’étude en Bretagne sera i) d’évaluer la contribution des haies à soutenir la fonction de régulation biologique des bio-agresseurs de cultures dans les parcelles adjacentes et ii) identifier les déterminants de la variabilité des réponses observées.

Objectifs et travaux attendus

1. Bilan des connaissances bibliographiques sur les effets de la haie sur la régulation biologique des bio-agresseurs de cultures et sa variabilité en fonction des caractéristiques de la haie, de la distance à la haie et des traits d’histoire de vie des organismes auxiliaires (arthropodes prédateurs).
2. Contribution à la mise en œuvre de protocoles et recueil de données sur le terrain : piégeage des communautés d’arthropodes prédateurs (carabes et araignées), caractérisation de la pression d’infestation par les bioagresseurs des cultures (en particulier communautés adventices), évaluation du contrôle biologique au moyen de cartes de prédation avec proies sentinelles.
3. Mise en relation des données (caractéristiques des haies, communautés de prédateurs, prédation des bioagresseurs, communautés d’adventices, distance à la haie) par des analyses descriptives et statistiques.
4. Rédaction d’un rapport synthétique et présentation des résultats à l’unité d’accueil, voire au consortium du projet REGHAIE.
5. Restitution éventuelle des données (sous forme de plaquette de vulgarisation et/ou courte présentation orale) auprès des agriculteurs du projet, selon le temps disponible et les souhaits du stagiaire.

Compétences requises : solides connaissances en écologie; expérience/connaissances appréciée(s) en agroécologie et agronomie ; appétence pour le travail de terrain ; autonomie ; rigueur ; travail en équipe ; solides compétences en traitement statistique de données ; capacités rédactionnelles et de synthèse.

Unité d’accueil : UMR BAGAP

Période : mars à aout 2026 (6 mois)

Encadrants de stage :
Stéphanie Aviron (INRAE UMR BAGAP).
Audrey Alignier (INRAE UMR BAGAP).

Indemnité de stage : selon la réglementation en vigueur (environ 600€ par mois)

Personne de contact pour information et envoi des candidatures :
Stéphanie Aviron : stephanie.aviron@inrae.fr
Audrey Alignier : audrey.alignier@inrae.fr

Date limite de candidature : 19/12/2025.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: audrey.alignier@inrae.fr

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