Contexte :
Le massif du Jura a la particularité d’abriter la densité la plus élevée de lynx en France, et de voir cohabiter chevreuils et chamois dans des massifs forestiers de moyenne montagne. Ces milieux n’étaient jusqu’à récemment pas les habitats de prédilection de ces deux espèces, le chevreuil occupant préférentiellement les forêts de plaine, et le chamois occupant majoritairement les zones supra-forestières des Alpes. Mais du fait de l’augmentation des densités d’ongulés et de leur expansion géographique, conjointement aux modifications des habitats et des comportements des animaux liées aux changements globaux (notamment réchauffement climatique et modifications des pratiques agricoles), les massifs forestiers de moyenne montagne sont de plus en plus fréquentés par ces deux espèces. Dans le contexte actuel, étudier comment fonctionnent les populations de ces deux espèces dans un milieu où elles cohabitent, qui offre des conditions bioclimatiques caractéristiques de la moyenne montagne, et où elles doivent faire face à la fois à la chasse et à la prédation naturelle, devient nécessaire puisque ce sont des conditions qu’une grande part des populations de ces deux ongulés sont amenées à connaître.
C’est l’objet du programme ECOLEMM (Etude Chasse-Ongulés-Lynx dans un écosystème de Moyenne Montagne), qui à terme, vise à prédire comment les espèces répondent aux différentes sources de prédation dans le contexte des modifications environnementales en cours afin de mieux adapter les outils de suivi et les prélèvements cynégétiques pour une gestion durable des espèces et de leurs habitats. Pour répondre à ces objectifs, le programme se décline en 5 grands volets :
1) Perceptions des relations entre le lynx boréal, la faune sauvage et domestique et les habitants du massif jurassien
2) Analyse spatiale et temporelle de la pression de chasse et de la présence de lynx au sein de la zone d’étude
3) Fonctionnement des populations de chamois et de chevreuils dans un écosystème de moyenne montagne : influence de la pression de chasse, de la présence de lynx, du climat et des maladies sur la démographie et le comportement de ces espèces
4) Conséquences indirectes de la pression de chasse et de la présence de lynx sur la régénération forestière et la diversité végétale
5) Influence du contexte environnemental (milieu, prédation, chasse) sur le système ongulés-environnement (indicateurs de changement écologique – ICE) et conséquences sur la gestion des populations.

Missions :
Le travail du post-doctorat se concentrera sur les volets 3 et 4 du programme. Ses objectifs seront :
(1) Analyser les données démographiques (suivis par capture-marquage-recapture, indicateurs de changement écologique et colliers VHF) et spatiales (suivis par colliers GPS, données de pièges photographiques) pour comprendre le fonctionnement des populations de chevreuils et chamois (dynamique, distribution spatio-temporelle, comportement) et l’influence de la pression de prédation (par le lynx et les chasseurs) sur celui-ci.
(2) Analyser les données de végétation (relevés floristiques, mesures d’abroutissement et de régénération forestière) afin d’évaluer les effets des interactions prédateur-proies sur la régénération forestière et la diversité végétale.

Activités :
Tâches principales :
 Analyse des taux de survie et du succès de reproduction des deux espèces (chevreuils et chamois) et de l’influence de la densité des populations d’ongulés, des maladies, du risque de prédation (par le lynx et les chasseurs) et du climat sur les paramètres démographiques.
 Analyse de la phénologie des naissances chez ces deux espèces et de l’influence du climat, des ressources fourragères et du risque de prédation (par le lynx et les chasseurs) sur ceux-ci.
 Analyse de l’utilisation et de la sélection de l’habitat des deux espèces et de l’influence de l’environnement (climat, ‘green-wave’) et du risque de prédation (par le lynx et les chasseurs) sur celles-ci.
 Analyse des rythmes d’activité des deux espèces et de l’influence de l’environnement et du risque de prédation (par le lynx et les chasseurs) sur ceux-ci.
 Analyse de la dispersion chez les jeunes chevreuils et identification des déterminants de cette dispersion en relation avec l’habitat et la présence du lynx.
 Analyse des variations spatio-temporelles de la régénération forestière et de la diversité végétale et de l’influence de la pression d’herbivorie par les chamois et les chevreuils
 Analyse de la relation entre ces variations spatio-temporelles et les réponses comportementales des chevreuils et chamois à la prédation (par le lynx et les chasseurs) – exploration de l’existence de cascade trophique.

Compétences attendues :
Compétences requises :
 Bac +8 en écologie.
 Connaissances sur les interactions prédateurs-proies, la dynamique des populations et l’écologie des vertébrés (ongulés sauvages, grands prédateurs), la botanique.
 Connaissances / intérêt pour la gestion de la faune sauvage et du milieu forestier.
 Expérience en traitement et analyse de données démographiques : matrice de Leslie, modèle multi-états, modèle de population intégré.
 Expérience en traitement et analyse de données GPS.
 Expérience en traitement et analyse de données de pièges photographiques.

 Compétences en analyses statistiques.
 Compétences en cartographie (Qgis ou Arcgis).
 Même s’il ne s’agit pas d’un poste avec du travail de terrain, il est important que la personne ait une expérience en suivi de faune et observations comportementales sur le terrain pour comprendre la nature des données traitées.
 Anglais (lu, écrit, parlé).
 Utilisation du logiciel R.
 Rédaction d’articles scientifiques.

Aptitude et personnalité :
 Dynamisme et rigueur
 Capacité à travailler de manière autonome (expérience de post-doctorat souhaitée)
 Capacité à travailler en équipe avec des partenaires locaux et distants
 Bon relationnel

Contexte de travail : La personne sera rattachée au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE – UMR CNRS 5175) situé à Montpellier, et plus particulièrement aux équipes HAIR (Human Animal Interactions) et MAD (Mouvement, Abondance, Distribution) du département DCB (Dynamique et Conservation de la Biodiversité). La personne recrutée sera co-encadrée par Cyril Milleret, Olivier Gimenez, et Marion Valeix au CEFE, et par Carole Toïgo, Sonia Saïd et Maryline Pellerin de l’Office Français de la Biodiversité (OFB, Direction Recherche et Appui Scientifique) en collaboration avec les Fédérations Départementales de Chasse du Jura et de l’Ain.

Durée du contrat : 24 mois

Date d’embauche : 1 juin 2026

Rémunération indicative : rémunération indexée sur les grilles de salaire du CNRS pour un(e) CDD chercheur.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: marion.valeix@cefe.cnrs.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.