Un poste de professeur.e en section 67 (Biologie des populations et écologie) est ouvert au Muséum national d’Histoire naturelle, avec une affectation au CESCO, Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation. La thématique est « Biodiversité et changements d’usage des terres et des mers ». La description détaillée du poste est disponible ci-dessous et sur l’application Odyssée (https://odyssee.enseignementsup-recherche.gouv.fr, Offre n°261137). La date limite de candidature est le 2 avril à 16h.
N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations.
Emmanuelle Porcher
A) Recherche, fondamentale et appliquée, dans le domaine des sciences naturelles et humaines (50%)
Les changements d’usage des terres et des mers, qu’ils soient poussés par le développement agricole, urbain, d’infrastructures de transport ou de production énergétique, ou encore l’exploitation des ressources, sont parmi les pressions majeures identifiées dans la crise écologique actuelle, auxquelles s’ajoute l’impact croissant du changement climatique. Si les risques associés à ces changements sont identifiés à large échelle, leurs impacts à plus fine échelle restent mal évalués, limitant ainsi l’efficacité des stratégies d’évitement ou de réduction, la restauration des connectivités écologiques, l’exploitation durable des ressources ou encore la planification spatiale. Cela s’explique essentiellement par (1) le manque de connaissances sur les processus en jeu dans les impacts, car la plupart des études reliant usage et biodiversité restent corrélatives et (2) des approches souvent cloisonnées, se focalisant sur un type d’usage et de pressions associées, là où une approche intégrée est indispensable pour optimiser la conservation de la biodiversité.
Le profil propose de développer une compréhension mécaniste et intégrée des impacts, notamment cumulés, des changements d’usage des terres ou des mers, ainsi que des conflits d’usage, afin d’éclairer les politiques publiques et la prise de décisions en aménagement du territoire. Par exemple (non limitatif), les mesures adoptées en faveur du climat ne sont pas toujours favorables à la biodiversité : si le développement des énergies renouvelables est un levier central pour atténuer les changements climatiques avec des effets positifs attendus à moyen-long terme sur la biodiversité, il a des impacts négatifs plus immédiats sur de nombreuses espèces et processus écologiques. Les recherches menées pourraient contribuer à quantifier, comprendre et atténuer ces effets, sur le sujet des énergies renouvelables ou sur tout autre type de changements d’usage des terres et des mers. Il s’agira notamment de différencier et hiérarchiser les impacts directs (mortalité, modification des paramètres biologiques et comportementaux, dont déplacements individuels, ou changement des communautés et réseaux…) et indirects (diminution de la qualité des habitats, modification de l’aire de distribution et/ou des fonctions écologiques…).
La personne recrutée viendra animer les recherches actuellement menées au CESCO sur les impacts des changements des terres ou des mers sur la biodiversité. Pour cela, elle pourra s’appuyer sur les collections numériques du MNHN, en particulier les données de sciences participatives (plateformes Vigie-Nature, CRBPO-CACCHI, INPN), et sur un vaste choix d’aménagements et d’usages déjà traités dans l’unité (production énergétique, transport, aménagement urbain, agriculture, pêche…). La personne recrutée devra maîtriser l’analyse de jeux de données complexes et pourra mettre en œuvre une diversité de méthodes (échantillonnage in natura, remote sensing, omics, modélisation, etc.) pour explorer les impacts des changements d’usage sur le ou les niveaux biologiques de son choix.
B) Enseignement et formation (35 %)
Le CESCO est très fortement impliqué dans la formation initiale et continue. Il porte notamment trois parcours contenant des enseignements d’écologie (ECIRE, EEVEF et SeB) et plusieurs modules de formation continue (Evaluation environnementale, Sciences participatives). La personne recrutée s’investira dans la coordination de l’enseignement en écologie. En priorité, il est attendu qu’elle prenne la responsabilité d’un des deux parcours « Ecologie évolutive et fonctionnelle » (EEVEF) ou « Ecologie de la conservation, ingénierie écologique : recherche et expertise » (ECIRE), du recrutement des étudiant.es à l’organisation des soutenances (M1 et M2), en passant par le déploiement de l’approche par compétences. Elle participera à des UE en tension des parcours ECIRE, EEVEF et SeB (Société et Biodiversité), dont : « Concepts et méthodes en écologie » (CMEC, M1 ECIRE-EEVEF, 7,5h eqTD), « Des gènes aux écosystèmes » (DGAE, M1 ECIRE-EEVEF-ES, 3h eqTD), « Ecologie et biodiversité » (ECOL1, M1 SeB, 22,5h eqTD), « Ecologie impliquée » (ECOL2, M1 SeB, 3,75h eqTD) et « Méthodes scientifiques » (MSC, M1 SeB, 19,5h eqTD). Elle contribuera enfin à l’offre de formation continue spécialisée en biodiversité, par exemple via la création de modules sur l’impact des énergies renouvelables et de la transition écologique. L’ensemble représente environ 90h eq.TD, responsabilités incluses.
C) Expertise en appui aux politiques publiques (15 %)
Par ses compétences, la personne recrutée renforcera la cellule Recherche-Expertise « Biodiversité et processus d’artificialisation du territoire » (CESCO-PatriNat), dont l’enjeu est la production et le transfert des connaissances scientifiques et techniques, pour mieux évaluer et réduire les effets de l’usage des terres et des mers sur la biodiversité en intégrant obstacles et leviers d’action. Cette mission impliquera de travailler en interdisciplinarité, avec les autres membres de la cellule dont des spécialistes en sciences sociales, et avec les acteurs de l’expertise et de l’aménagement du territoire, au niveau national et international. De plus, en fonction de ses compétences, elle pourra soit: (1) contribuer aux réponses apportées par l’établissement à la forte demande d’expertise institutionnelle sur les impacts des énergies renouvelables et de l’artificialisation sur la biodiversité (terrestre et aquatique) (Ministères, OFB, DREALs, acteurs associatifs et privés…) et travailler ainsi étroitement avec la DIREX et l’UAR PatriNat ; (2) soit assurer la fonction de coordination scientifique de la contribution du Muséum à la CDB et à l’IPBES.
Description de l’unité d’accueil
Le Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) est un laboratoire dont les recherches visent à construire des futurs qui préservent la biodiversité. Constitué d’environ 140 personnes (doctorant.es compris.es) en écologie et en sciences humaines et sociales, il est aujourd’hui composé d’une seule équipe, organisée en thèmes de recherche, et de deux plateformes techniques, CRBPO et Vigie-Nature (voir cesco.mnhn.fr). Le CESCO est très sollicité sur la thématique de ce poste, via ses recherches en conservation, mais aussi les bases de données institutionnelles dont il a la responsabilité (Vigie-Nature, CRBPO), les développements méthodologiques relatifs aux suivis de la biodiversité (Suivis standardisés large échelle), la production d’indicateurs d’état de la biodiversité, pour lesquels il est aujourd’hui reconnu nationalement et internationalement, et ses compétences en expertise et formation des acteurs. Ce poste est au cœur des recherches du CESCO en faisant le lien entre ses trois grands thèmes « Mécanismes », « Transitions » et « Socio-écosystèmes », et en particulier entre les groupes de travail « Ecologie-Evolution », « Artificialisation et Energie », « Mer et littoral », « Espaces agricoles » et « Milieux urbains ».
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