OFFRE DE POSTE DE POST-DOC (24 mois) – « Paysages post-restauration écologique : matérialité, usages, traces et attachements »
Contexte
Le poste s’inscrit dans le cadre du projet UNLOCK “ Évaluation des conséquences multiples du démantèlement des barrages sur la biodiversité, la qualité de l’eau et le territoire ” financé par le programme PIA IRIS-E qui vise à mobiliser des approches interdisciplinaires pour concevoir des stratégies pertinentes de restauration écologique des cours d’eau. Pour cela, il repose sur l’étude de la restauration de la rivière Sélune dans la Manche qui constitue un exemple remarquable d’opération de démantèlement de barrages ayant conduit à des transformations écologiques et territoriales significatives. Pour évaluer le succès de ces efforts de restauration, le programme scientifique Sélune a été initié en 2012, impliquant une équipe pluridisciplinaire de scientifiques issus de divers domaines. Dans ce contexte, l’objectif du projet UNLOCK est d’exploiter les données collectées depuis 2012 sur la vallée de la Sélune, avant et après le démantèlement des barrages, afin d’évaluer les conséquences écologiques et territoriales de cette restauration. Le projet est structuré autour de 3 missions :
• Tâche 1. La définition d’indicateurs de succès pour les parties prenantes engagées dans des actions de restauration écologique,
• Tâche 2. L’évaluation des conséquences de l’arasement des barrages sur la biodiversité et la qualité de l’eau,
• Tâche 3. L’analyse de l’évolution du paysage et des dynamiques territoriales associées.
L’un des enjeux importants du projet UNLOCK est d’utiliser les données déjà collectées sur le territoire de la vallée de la Sélune afin d’évaluer les conséquences multiples de ce programme de restauration.
Mission
Dans le cadre du projet UNLOCK, la mission du ou de la post-doctorante s’inscrit plus précisément dans la tâche 3 consistant à analyser les interactions entre les changements dans la configuration spatiale des paysages après les travaux de restauration écologique et les dynamiques territoriales et biophysiques. Dans le cas de la Sélune, la suppression des barrages sur la Sélune et la disparition des lacs a profondément transformé le paysage de la vallée. Les bouleversements dépassent le site des anciens barrages et le seul lit mineur de la rivière, car toute la vallée (fond de vallée, versants) a été touchée. Cela se traduit par des changements dans l’utilisation des sols, une réorganisation des unités paysagères et une transformation des usages spatiaux.
Dans une perspective relationnelle, l’objectif de ce travail de post-doctorat est de travailler conjointement sur l’évolution de la matérialité des paysages issus des travaux de restauration et sur l’évolution des usages et des formes d’attachement associées.
• Il conviendra premièrement d’analyser l’appropriation de ces « nouveaux » paysages par les habitants et les utilisateurs en identifiant les traces (formelles ou informelles) de fréquentation (chemins, passages) et/ou d’utilisation (pâturage, loisirs) des zones restaurées. Comme beaucoup d’opérations de restauration écologique, le démantèlement des barrages sur la Sélune est marqué par un niveau élevé de conflit. Cela souligne l’importance de prendre en compte également l’attachement des populations à leur environnement et d’intégrer les relations sensibles dans les objectifs de restauration afin de favoriser l’appropriation des projets et d’initier une dynamique vertueuse. En mobilisant la notion de connectivité sociale, il s’agira de décrire le potentiel des relations sociales (entre humains) et des rencontres avec la nature (humains et non-humains), afin d’évaluer les opportunités de nouvelles relations offertes par la vallée de la Sélune.
• Deuxièmement, il s’agira de dresser un inventaire diachronique des paysages biophysiques de la vallée afin de comprendre les changements en matière de motifs paysagers, de formes topographiques, de connectivité écologique, de biodiversité et de liens avec les nouvelles utilisations observées dans la vallée. Si les premiers résultats du programme scientifique Sélune ont fourni des informations sur l’état et l’évolution de la biodiversité à petite échelle (parcelles, enquêtes), aucune cartographie globale n’a encore été réalisée à l’échelle de la vallée.
Pour mener à bien ce travail, le ou la post-doctorante devra mobiliser des données déjà existantes mais à analyser : campagnes de photographie aérienne haute résolution de la zone dénoyée par drone, anciennes photographies aériennes, données SIG acquises dans le cadre du programme scientifique (sentiers, points de vue, aires de loisirs, lieux de socialisation, pontons et hangars, zones résidentielles avec vue sur les lacs, observatoire photographique du paysage)… Des données complémentaires devront également être acquises dans le cadre du post-doctorat. Il conviendra notamment de produire sur l’ensemble du site restauré des cartographies des milieux biophysiques (formes de reliefs, types de végétations…) et des cartographies des formes d’usages (usages des sols, traces des activités…).
Profil attendu, connaissances et compétences principales
Une thèse en géographie, en écologie du paysage, en aménagement, etc. ou plus largement une thèse interdisciplinaire sur les questions de paysages végétaux. Il est ainsi attendu les connaissances et compétences suivantes :
• avoir une expérience des méthodes cartographiques et une maîtrise des SIG
• savoir conduire des enquêtes, des observations et/ou des mesures de terrain
• être familier des questions paysagères et en particulier celles liées à l’eau
• savoir travailler en équipe dans un contexte interdisciplinaire
• Permis B
Conditions de réalisation
Cette recherche est portée par les UMR CNRS LETG et LAVUE. Le ou la post-doctorante recrutée travaillera au sein du projet interdisciplinaire UNLOCK et plus spécifiquement d’une équipe composée notamment de géographes et d’écologues : Ivan BERNEZ, Simon DUFOUR, Marie-Anne GERMAINE, Elven LANOE, Laurent LESPEZ, Anne Julia ROLLET, etc.
Le poste est basé à l’université Rennes 2 (campus Villejean, Rennes), des déplacements sur le site d’étude (vallée de la Sélune) sont attendus. Le télétravail est envisageable dans les conditions définies par l’université Rennes 2.
Rémunération
• Salaire mensuel : environ 2 730 € brut/mois (IGR contractuel échelon 6)
• Durée du post-doc : 24 mois
Candidature
– Date limite des candidatures : le 8 février 2026 ; audition à prévoir la semaine du 9 mars 2026.
– Date prévisionnelle de début du contrat : avril à juin 2026
– Pour candidater : envoyer un CV et une lettre de motivation d’ici le 8 février à simon.dufour@univ-rennes2
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