Offre de thèse 2026-2029 proposée par INRAE : UR LESSEM Grenoble et UMR Silva Nancy

– Equipe encadrante :
Co-directeur de thèse : Laurent Bergès, IDAE, HDR, INRAE UR LESSEM, Saint-Martin d’Hères, laurent.berges@inrae.fr
Co-directeur de thèse : Cyrille Rathgeber, DR, HDR, INRAE UMR SILVA, Nancy, cyrille.rathgeber@inrae.fr

– Unité de Recherche :
INRAE LESSEM Laboratoire et Sociétés en Montagne (https://lessem.lyon-grenoble.hub.inrae.fr/le-lessem-un-laboratoire-inrae)
Ecole doctorale Ingénierie pour la Santé la Cognition et l’Environnement (UGA ED ISCE 489)

Contexte
La limite supérieure de la forêt est un élément majeur des paysages alpins, résultant de l’interaction de nombreux facteurs climatiques, écologiques et humains. Malgré un déterminisme complexe, son expansion récente dans les Alpes semble principalement liée aux changements d’usage des terres (déprise agricole et pastorale) et au réchauffement climatique. Par ailleurs, plusieurs études récentes suggèrent que cette dynamique d’extension forestière joue un rôle important dans les services écosystémiques, notamment le stockage du carbone.

Objectifs
Capitalisant sur des travaux précédents, cette thèse a quatre objectifs : (1) réaliser une synthèse des méthodes de définition de la limite forestière (altitudinale ou latitudinale) ; (2) quantifier la dynamique spatio-temporelle de la limite supérieure des forêts subalpines depuis 1730 sur quelques sites des Alpes du Nord, et depuis 1850 sur l’ensemble des Alpes françaises ; (3) identifier les déterminants de cette dynamique (abiotiques, biotiques, socio-économiques, historiques et paysagers) ; (4) analyser ses conséquences à long terme sur le stockage du carbone.

Méthodes
Volet 1 – État de l’art. Une revue de littérature dressera un bilan des méthodes de localisation de la limite forestière : terrain (dendrochronologie, transects), photographies aériennes (photo-interprétation), imagerie satellitaire (indices de végétation, classifications, segmentation) et cartes d’occupation du sol. Ces approches seront replacées dans le cadre de l’effet ‘lisière’, tout en tenant compte des spécificités de l’écotone alpin. Elles seront comparées selon les données utilisées, les seuils de définition et les biais associés.
Volet 2 – Reconstruction spatio-temporelle – L’analyse reposera sur des cartes forestières historiques et contemporaines : carte d’état-major (~1850), carte forestière de 1950 (SCAN 50® historique) et BD Forêt® (V1 à V3), complétées par un modèle numérique de terrain. Des sources plus anciennes (Mappes sardes, cadastre napoléonien, plans forestiers du XIXe siècle) permettront d’étendre ou de valider la chronologie jusqu’à 1730. La dynamique de la limite forestière sera reconstruite via des algorithmes dédiés. L’étude portera d’abord sur 1850–2022 à l’échelle des Alpes françaises, puis pourra s’étendre à 1730–2022 sur quelques bassins versants ou communes.
Volet 3 – Déterminants de la dynamique – Les variations de la limite forestière seront expliquées par des prédicteurs naturels et humains issus de geodata actuelles et historiques. Les variables socio-économiques incluront démographie, agriculture, charge animale, infrastructures et bâti. Les variables environnementales couvriront climat, topographie, sols, avalanches, composition forestière et biomasse. L’analyse des déterminants des changements à fine échelle spatiale sera réalisée sous R par des modèles bayésiens.
Volet 4 – Stockage du carbone – L’analyse du stockage du carbone dans l’écotone forêt–pelouse reposera sur un dispositif de terrain réparti entre Alpes du Nord et du Sud (Maurienne et Ubaye). Environ 60 sites organisés en transects altitudinaux permettront de reconstituer une chrono-séquence allant de la forêt ancienne à la prairie alpine, à partir de données historiques et d’images aériennes. Le carbone sera estimé dans cinq compartiments : sol, litière, bois mort, biomasse aérienne et racinaire. Les mesures combineront inventaires forestiers, prélèvements de sol et analyses en labo. Des modèles mixtes seront appliqués pour tester l’effet de la transition pelouse vers forêt sur les stocks de carbone.

Résultats attendus
Cette thèse fournira des résultats essentiels sur la dynamique de la limite supérieure des forêts dans les Alpes françaises, marqueur clé du changement environnemental. Elle permettra de mieux comprendre l’influence des facteurs naturels et humains sur son évolution à long terme, d’identifier les zones sensibles et d’anticiper les changements futurs, notamment en matière de stockage du carbone.

Mots-clés
Limite supérieure de la forêt, changements d’usages du sol, déprise pastorale, changements climatiques, stock de carbone, Alpes françaises, forêt subalpine

Thématique de recherche
Écologie historique – Écologie forestière – Écologie du paysage – Géographie environnementale – Géographie historique

Conditions de recrutement
Début de la thèse : le 1 octobre 2026
Les dossiers reçus seront présélectionnés par les directeurs de thèse. À l’issue de la présélection, les candidat(e)s retenu(e)s seront informé(e)s. Ils/elles devront alors défendre leur dossier et le projet de thèse devant le jury de l’École doctorale, lors d’une audition qui se tiendra le 29 ou 30 juin 2026. Seul(e) un(e) candidat(e) sera finalement sélectionné(e).
Les candidatures doivent être déposées sur le site ADUM.
Lien : https://adum.fr/as/ed/voirproposition.pl?site=adumR&matricule_prop=72086#version
Date limite de candidature : 19 mai 2026 23h59.

Cadre et financement
Cette thèse s’inscrit dans le cadre du programme de recherche (PEPR) Résilience des forêts FORESTT (https://www.pepr-forestt.org), financé par le Plan Investissement d’Avenir (PIA) France 2030. FORESTT vise à accompagner la transition des socio-écosystèmes forestiers, en zones tempérées et tropicales, dans un contexte de changement global, en fédérant l’ensemble de la communauté scientifique française. Le/la doctorant(e) recruté(e) devra donc s’intégrer et contribuer aux activités du programme FORESTT et du projet ciblé MONITOR auquel il/elle sera rattaché(e).

Profil et compétences recherchées
– Le candidat devra disposer d’un Master 2 ou équivalent en écologie, géographie ou science de l’environnement.
– Il devra s’intéresser si possible aux approches géo-historiques.
– Il devra maîtriser les traitements statistiques (sous R) et les traitements sous SIG (sous QGIS).
– Des connaissances sur les écosystèmes forestiers, la gestion forestière et la séquestration du carbone seront appréciées.

Rémunération, frais et autres conditions du projet
Le contrat doctoral sera établi pour une durée de 3 ans (36 mois à compter de sep/oct 2026).
Le montant de la rémunération correspondra au standard du Ministère (2026 : 2 300 euros brut ; https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/le-financement-doctoral-46472).
Le/la doctorant.e sera recruté.e par INRAE, accueilli.e au LESSEM et bénéficiera du matériel informatique, de la documentation et des facilités du laboratoire.
Il/elle pourra être accueilli.e également dans les locaux de l’UMR Silva INRAE Nancy et pourra effectuer un ou des séjour(s) court(s) (3 mois) dans le laboratoire italien partenaire de l’Université de Turin (Dept. Agricultural, Forest and Food Sciences), sous réserve de financement.
Il/elle appuiera ses analyses sur les résultats de ses propres recherches mais intégra aussi ceux issus des travaux de l’équipe impliquée à ses côtés dans la Tâche 4.1 du PC Monitor du PEPR FORESTT.
Il/elle pourra également assisté.e par des stagiaires de Master 2 en fonction des besoins. La gratification des stages, comme l’ensemble des frais de déplacement, seront couverts par le projet Monitor.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: laurent.berges@ inrae.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.