Caractérisation de la variabilité variétale de la production de nectar extrafloral par la Féverole

Contexte
La féverole (Vicia faba var minor) se distingue parmi les plantes de services par la diversité et la complémentarité de ses fonctions agroécologiques (Köpke & Nemecek, 2010). Véritable couteau suisse agroécologique, elle rend plusieurs services écologiques comme la fixation de l’azote atmosphérique, la structuration du sol par sa racine pivot, un couvert dense qui limite les adventices et qui constitue un abri propice à la biodiversité, et la fourniture de ressources trophiques aux pollinisateurs et aux ennemis naturels des ravageurs (pollen, nectar, proies alternatives).
En particulier, la féverole a la capacité de produire du nectar extrafloral, localisé sur les stipules (Jamont et al., 2013). Contrairement aux ressources florales (pollen, nectar) de ses fleurs papilionacées, riches en nectar mais accessibles à un cortège restreint de pollinisateurs spécialisés comme les abeilles ou les bourdons, le nectar extrafloral est accessible à une large gamme d’auxiliaires et aux fourmis. Cette ressource est d’autant plus stratégique lorsqu’elle est produite très précocement au printemps par des variétés d’hiver implantées à l’automne, dans un contexte où les ressources énergétiques sont limitantes pour les ennemis naturels. Elle est alors disponible avant la floraison de nombreuses espèces sauvages ou cultivées, faisant de la féverole une des premières sources de sucres disponibles dans l’environnement. La féverole contribue ainsi à soutenir les populations d’ennemis naturels (parasitoïdes, syrphes, chrysopes), en améliorant leur survie, leur fécondité et leur capacité de recherche d’hôtes à un moment clé du cycle des ravageurs. Elle peut également contribuer à détourner les fourmis des colonies de pucerons qu’elles exploitent pour le miellat, favorisant ainsi l’action des ennemis naturels. En culture associée à l’automne elle pourrait également renforcer le contrôle biologique des pucerons du colza ou des céréales. Si de nombreuses caractéristiques sont disponibles auprès des semenciers et de l’Institut technique Terre Inovia pour orienter le choix des variétés selon les objectifs des agriculteurs et les contextes de production, la capacité de production du nectar extrafloral n’est jamais renseignée. Des études préliminaires récentes ont pourtant mis en évidence une diversité importante de production de nectar extrafloral selon la variété de féverole, pour des variétés d’hiver comme de printemps (proportion de nectaires producteurs, et proportion de plantes productrices, volume produit, précocité de production). L’évaluation de la production de nectar extrafloral par les principales variétés d’hiver et de printemps disponibles commercialement pourrait permettre d’orienter le choix variétal de la féverole dans des systèmes de culture agroécologiques et optimiser les services écosystémiques rendus. La formalisation d’un protocole simple de phénotypage de ce caractère pourra permettre de le prendre en compte dans les processus de sélection variétale. Mieux appréhender la quantification de ce service rendu pourra également faciliter la mise en place d’une valeur ajoutée spécifique à associer aux contrats de Paiements pour services environnementaux.

Köpke, U. & Nemecek, T. (2010) Ecological services of faba bean. Field Crops Research, 115 (3), 217-233. https://doi.org/10.1016/j.fcr.2009.10.012
Jamont M, Crépellière S, Jaloux B (2013) Effect of extrafloral nectar provisioning on the performance of the adult parasitoid Diaeretiella rapae. Biological Control, 65, 271-277. https://doi.org/10.1016/j.biocontrol.2013.01.010

Objectif du stage :
Définir un protocole, mettre en place et réaliser une évaluation en chambre de culture de la production de nectar extrafloral des principales variétés de printemps et d’hiver, en conditions climatiques printanière, automnale, estivale.

Le stagiaire aura pour missions :
• Synthèse bibliographique sur l’intérêt agroécologique de la féverole, la production de nectar extrafloral et les facteurs physiologiques et environnementaux gouvernant sa production
• Semis, arrosage et entretien de lots de plants de féverole selon un protocole standardisé rigoureux
• Mesure régulière de la croissance de la plante, nombre de nectaires, proportion de nectaires producteurs.
• Prélèvements de nectar floral et extrafloral via des micro capillaires pour quantifier le volume produit et pour l’analyse qualitative
• Analyse par test à l’anthrone de la concentration en sucre d‘échantillons de nectar
• Recueil et analyse statistique des données
• Rédaction d’un rapport de stage

Profil :
• Césure M1-M2 universitaire en Biologie végétale, Ecologie ou ingénieur/e en Agronomie, Horticulture
• Connaissances fondamentales en écophysiologie végétale
• Goût pour le travail de laboratoire
• Analyse de données sous R
• Rigoureux et organisé

Conditions de travail :
• Stage de 4 mois entre début septembre et fin décembre 2026. 35 h par semaine
• Stage basé à Institut Agro Rennes Angers (campus d’Angers), 2 rue Le Nôtre 49000 Angers.
• Gratification selon la réglementation française en vigueur (4,5 euros de l’heure)

Encadrement :
Stage encadré par Bruno Jaloux, enseignant chercheur IGEPP et Nicolas Cerrutti, chargé d’étude biodiversité fonctionnelle Terre Inovia

Candidature :
Envoyer un CV et une lettre de motivation avant le 12 juin à Bruno Jaloux (bruno.jaloux@institut-agro.fr) et Nicolas Cerrutti (n.cerrutti@terresinovia.fr)

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: bruno.jaloux@institut-agro.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.