Informations pratiques
Envoyer un CV et une lettre de motivation à emilie.ferreira@univ-grenoble-alpes.fr
Date limite de candidature : 30/10/2026
Durée et dates du stage : 6 mois à partir du 05-01-2027 (dates modulables)
Lieu du stage : Laboratoire d’Ecologie Alpine (LECA)
Domaine Universitaire de Grenoble
2233 RUE DE LA PISCINE UMR 5533
Bat D – Biologie
38400 SAINT MARTIN D’HERES
Encadrement : Stage encadré par Emilie Ferreira (Doctorante) sous la supervision de Philippe Choler (LECA), Mathieu Garel (OFB)et Charlotte Perrot (OFB)
Sujet : Modélisation du microclimat et analyse du comportement de thermorégulation du Lagopède alpin (Lagopus muta)
Contexte et problématique
L’augmentation des températures en montagne contraint les animaux homéothermes à adopter des stratégies de thermorégulation principalement comportementales telles que la recherche de refuges thermiques ou l’ajustement des périodes d’activité [1,2]. Pour mieux comprendre ces mécanismes de réponse, il est essentiel de pouvoir reconstituer l’environnement thermique ressenti par les organismes, susceptible d’affecter leurs performances.
Ces conditions thermiques locales, communément désignées sous le terme de « microclimat » peuvent largement différées de celles mesurées à plus large échelle (« macroclimat ») par les stations météorologiques ou estimées à partir de réanalyses climatiques [3,4]. En effet, ces dernières s’affranchissent généralement de l’hétérogénéité thermique générée par la configuration locale du paysage. La nature du substrat, la présence de végétation ou de neige, ainsi que la topographie peuvent notamment moduler des variables essentielles telles que le rayonnement, la température de l’air, l’humidité et le vent, qui contribuent à déterminer les conditions thermiques réellement ressenties par les organismes.
Cette mosaïque de conditions thermiques est particulièrement marquée dans les environnements complexes de montagne, où les espèces peuvent être amenées à explorer des habitats présentant des conditions microclimatiques très contrastées sur de courtes distances. Malgré son importance écologique, le microclimat reste encore difficile à caractériser et à modéliser à fine échelle. Les relations entre les organismes et leur environnement thermique demeurent ainsi encore largement méconnues. Dans ce contexte, mieux caractériser la variabilité du microclimat et comprendre la manière dont les espèces interagissent avec leur environnement thermique apparaît essentiel pour comprendre les stratégies d’adaptation et anticiper les effets du changement climatique sur la biodiversité.
Objectifs du stage
Aujourd’hui, différents outils permettent d’approcher les conditions microclimatiques locales. L’utilisation de données LiDAR permet notamment de caractériser finement la topographie et le relief, tandis que l’imagerie thermique et les données satellitaires permettent de renseigner certaines variables clés des processus thermiques, telles que la température de surface ou la présence et la dynamique de la couverture neigeuse. Ces données peuvent également être combinées à des modèles mécanistes de microclimat [5] afin de spatialiser les conditions thermiques à fine échelle. Le stage consistera ainsi, dans un premier temps, à mobiliser ces différents outils afin de modéliser le microclimat à une échelle biologiquement pertinente sur l’ensemble des aires de répartition de différentes populations de Lagopède alpin étudiées à travers les Alpes françaises. Dans un second temps, il s’agira d’étudier les relations entre les conditions microclimatiques et le comportement du Lagopède alpin. L’objectif sera notamment de caractériser les mécanismes de réponse comportementale de l’espèce face aux conditions thermiques contraignantes et d’identifier d’éventuelles différences dans ces réponses entre les différentes populations étudiées. Pour cela, le·la stagiaire disposera de données de déplacements GPS récoltées sur plus de 140 individus issus de 6 populations différentes.
Profil recherché
* Étudiant·e en Master 2 ou en année de césure, avec une formation en écologie, environnement, biologie ou domaine connexe ;
* Bonne maîtrise des analyses spatiales sous R ;
* Des compétences en écologie du mouvement et/ou une expérience dans l’analyse de données de déplacements seraient un plus ;
* Des compétences en télédétection, notamment dans le traitement et l’analyse d’images satellitaires/aériennes, seraient également appréciées.
Le stage est ouvert à un profil de Master 2 ou à une année de césure. Les dates de début et de fin du stage pourront être adaptées en fonction des disponibilités du/de la candidat·e et des contraintes du projet.
Références
[1] Sheppard, Aidan C., Emily Z. Hollik, Lee J. Hecker, Thomas S. Jung, Mark A. Edwards, and Scott E. Nielsen. 2025. ‘Beat the Heat: Movements of a Cold-Adapted Ungulate during a Record-Breaking Heat Wave’. *Ecosphere* 16 (2): e70202. https://doi.org/10.1002/ecs2.70202.
[2] Verzuh, Tana, L. Hall, Teal Cufaude, Lee Knox, Corey Class, and Kevin Monteith. 2021. ‘Behavioural Flexibility in a Heat-Sensitive Endotherm: The Role of Bed Sites as Thermal Refuges’. *Animal Behaviour* 178 (August): 77–86. https://doi.org/10.1016/j.anbehav.2021.05.020.
[3] Bramer, Isobel, Barbara J. Anderson, Jonathan Bennie, et al. 2018. ‘Chapter Three – Advances in Monitoring and Modelling Climate at Ecologically Relevant Scales’. In *Advances in Ecological Research*, edited by David A. Bohan, Alex J. Dumbrell, Guy Woodward, and Michelle Jackson, vol. 58. Next Generation Biomonitoring: Part 1. Academic Press. https://doi.org/10.1016/bs.aecr.2017.12.005.
[4] Kemppinen, Julia, Jonas J. Lembrechts, Koenraad Van Meerbeek, et al. 2024. ‘Microclimate, an Important Part of Ecology and Biogeography’. *Global Ecology and Biogeography* 33 (6): e13834. https://doi.org/10.1111/geb.13834.
[5] Maclean, Ilya M. D. 2026. ‘Microclimf: Fast Modelling of Microclimate across Real Landscapes in R’. *Methods in Ecology and Evolution* 17 (4): 1112–23. https://doi.org/10.1111/2041-210x.70253.
Commentaires récents