Pour les espèces vivant en groupe, l’environnement social peut être une source de stress en raison de la compétition et des relations de dominance entre individus, ou au contraire permettre , de tamponner les interactions antagonistes et leurs effets néfastes. De manière critique, les effets de l’environnement social sur la physiologie des individus peuvent se traduire par une augmentation du stress oxydant et des dommages occasionnés à l’ADN, notamment aux télomères, régions non codantes situées à l’extrémité des chromosomes, impliquées dans le processus du vieillissement.
Ce stage de Master 2 propose d’étudier les liens entre socialité, stress oxydant et vieillissement chez un rongeur hibernant, le spermophile du Columbia (Urocitellus columbianus). Chez cette espèce matrilinéaire, des avantages reproductifs à la présence d’apparentés sont connus, notamment liés à une régulation de l’agression sociale permettant aux femelles d’investir plus dans leur reproduction. Nous testerons l’hypothèse qu’une augmentation de la fréquence d’interactions antagonistes entre individus entraînera une augmentation du stress oxydant et une perte de télomères chez mâles et femelles. Cette relation devrait toutefois être tamponnée par la présence de proches apparentés, permettant de réduire le « stress » social.
Le/la candidate disposera de données déjà acquises dans le cadre d’un suivi à long terme et participera à une campagne de collecte de données au Canada d’avril à juillet 2026. Le stage comprendra donc 2 parties :
(1) Janvier – avril 2026 : analyses statistiques des données à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, UMR 7178 CNRS Université de Strasbourg). Les analyses devront être avancées au maximum avant le départ sur le terrain.
(2) Avril – juillet 2026 : participation à la campagne de terrain 2026 au parc Provincial de Sheep River, Alberta, Canada.
Compétences requises :
• Etudiant.e en master d’écophysiologie, éthologie ou écologie
• Bonnes connaissances en écophysiologie et écologie comportementale
• Bonnes connaissances en statistiques et maîtrise du langage statistique R : des notions d’analyse en théorie des graphes ou réseaux sociaux est un plus
• Motivation pour réaliser un travail de terrain sur une période prolongée en conditions de montagne
• Bonne maîtrise de l’anglais
• Etudiant.e sérieux.se, professionnel.le, enthousias.te.
Compétences acquises :
• Analyses de données de socialité
• Analyses de données physiologiques (stress oxydant, longueur de télomères)
• Analyses de données de vieillissement (longueur de télomères)
• Compétences de suivi de terrain
Bibliographie :
Telomere dynamics in female Columbian ground squirrels: recovery after emergence and loss after reproduction, Viblanc et al., 2022, Oecologia 199: 301-312
Territorial scent-marking effects on vigilance behavior, space use, and stress in female Columbian ground squirrels, Roth et al. 2022, Horm Behav 139: 105111
Social stress in female Columbian ground squirrels: density-independent effects of kin contribute to variation in fecal glucocorticoid metabolites, Sosa et al. 2020, Behav Ecol Sociobiol 74:50
Aggression in Columbian ground squirrels: relationships with age, kinship, energy allocation, and fitness, Viblanc et al., 2016, Behav Ecol, 27:1716-1725
Encadrants : Adélie Pernot, Vincent Viblanc
Co-encadrants : Anaïs Beauvieux, François Criscuolo
Dates : 7 janvier 2027 – 7 juillet 2027
Candidature :
Pour candidater, envoyer un CV et lettre de motivation à adelie.pernot@iphc.cnrs.fr avant le 15/10/2026 (date butoir).
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