Contexte et problématique
La diversification des systèmes agricoles et sylvicoles constitue un enjeu majeur de la transition agro-écologique et de l’adaptation aux changements globaux. Le cormier, Cormus domestica L., une essence d’arbre fruitière forestière d’origine méditerranéenne, suscite à ce titre un regain d’intérêt chez les gestionnaires forestiers et les agriculteurs. La demande en cormier se trouve ainsi en pleine croissance à l’échelle nationale et nécessite la mise en place de nouveaux vergers à graines et de filières de production de plants. Cette dynamique se heurte à un important déficit de connaissances sur la diversité génétique et phénotypique du cormier en lien avec ses différents usages. Bien qu’il soit classé parmi les espèces thermophiles, le cormier montre des signes de dépérissement en région méditerranéenne qui questionnent les limites de sa tolérance à la sécheresse. La variabilité génétique de ce caractère est également mal connue, alors qu’elle représente un levier majeur pour améliorer la résilience des plantations forestières ou agroforestières. Le projet CORMIER3R (financé par la Fondation de France dans le cadre du programme de recherches participatives CO3) vise à répondre à ce besoin de connaissances. Il s’appuie sur une démarche participative pour caractériser la diversité génétique et la résilience de cette essence, analyser les qualités alimentaires de ses fruits et étudier l’histoire de ses usages.

Objectif et déroulé du stage
Ce stage a pour objectif de caractériser la diversité et la plasticité des patrons de croissance et des traits fonctionnels de jeunes plants de cormier, issus de 4 régions géographiques contrastées au niveau climatique.
Le stage s’appuiera sur une expérimentation de type jardin commun installée en plein champ en 2024 sur le terrain d’expérience du CEFE à Montpellier. L’expérimentation inclut 1500 jeunes arbres de C. domestica qui seront exposés à partir du printemps 2026 à 3 régimes hydriques : sec (-30% d’eau, par exclusion de pluie), humide (+30% d’eau apportés par irrigation) témoin.
Le premier volet du stage portera sur l’analyse de la survie et de l’état de développement des plants avant la mise en place des traitements hydriques ; il permettra d’évaluer les performances relatives des 4 provenances au cours de la phase d’installation, après un an de croissance. Une campagne de mesure de la hauteur, du diamètre et de la ramification des arbres sera réalisée en avril 2026 avant le débourrement des bourgeons et sera comparée aux observations faites en avril 2025.
Le second volet portera sur les réponses aux différents régimes hydriques au cours de la saison de croissance 2026. Ce suivi sera réalisé à différents niveaux d’organisation, de la feuille à la plante entière, afin d’analyser et d’expliquer les variations de résistance à la sécheresse susceptibles de s’exprimer entre les 4 provenances. La réponse des arbres sera évaluée par (1) le suivi de la phénologie végétative et reproductive selon un barème simplifié adaptée à l’espèce et (2) la mesure de traits morpho-anatomiques foliaires (ex. surface spécifique foliaire, teneur en matière sèche des feuilles), hydrauliques (potentiel hydrique de base et minimum) et photosynthétiques impliqués dans les mécanismes de réponse à la sécheresse. Les données des capteurs d’humidité du sol et de température, déjà installés sur la parcelle, seront analysées afin de caractériser les variations de conditions de croissance au sein et entre les traitements hydriques.

Missions
Durant le stage, l’étudiant.e sera chargé.e :
• de produire un court état de l’art sur la problématique du stage
• de participer au suivi de l’expérimentation au champ et à la définition des protocoles.
• d’assurer la mesure des traits ciblés, sur le terrain et au laboratoire (CEFE, AMAP)
• de faire l’analyse des données acquises
• de rédiger un rapport de stage présentant les résultats obtenus
Ce stage s’inscrit dans le cadre du projet CORMIER 3R, le stagiaire devra participer aux échanges et communications avec d’autres acteurs du projet. Si intéressé.e, l’étudiant.e pourra envisager de poursuivre/ élargir son travail en thèse (financement acquis dans le cadre du projet DoForChange). La définition du sujet de thèse et le processus de recrutement du ou de la futur.e doctorant.e seront mis en place durant le stage.

Encadrement
Marilyne Laurans CIRAD UMR AMAP (laurans@cirad.fr)
Karim Barkaoui, CIRAD UMR AMAP (karim.barkaoui@cirad.fr)
Santiago Trueba, IRD UMR AMAP (santiago.trueba@ird.fr)
Jean-Luc Maeght IRD UMR AMAP (jean-luc.maeght@ird.fr)

Profil souhaité et compétences attendues
– Intérêt et connaissances en écophysiologie et/ou en écologie végétale
– Goût prononcé pour la recherche (opportunité de poursuivre en thèse)
– Appétence pour le travail expérimental, sur le terrain (fortes chaleurs en été) et au laboratoire (mesure de traits) et pour l’utilisation d’appareils de précision, de mesures en continu, de dataloggers
– L’acquisition de données de qualité suppose un travail précis, nécessitant une bonne organisation, rigueur, patience, autonomie
– Maîtrise des bases statistiques pour l’analyse des données sous R

Conditions matérielles
Gratification mensuelle conformément à la législation en vigueur.

Candidature
Envoyer un CV et une lettre de motivation par mail à Marilyne Laurans (laurans@cirad.fr), Jean-Luc Maeght (jean-luc.maeght@ird.fr) et Karim Barkaoui (karim.barkaoui@cirad.fr) avant le 20/01/2026.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: laurans@cirad.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.