Stage M2, 6 mois, Montpellier
Contexte
L’érosion hydrique est un processus naturel d’altération des sols provoquant l’ablation de l’horizon superficiel et la redistribution des particules organiques et minérales au sein des paysages cultivés. Pour la plupart des terres cultivées en Europe, la vitesse d’ablation surpasse cependant celle du renouvellement des sols. Les systèmes de production de cultures pérennes, notamment les vignobles, subissent les pertes en sol les plus importantes et particulièrement en région méditerranéenne.
L’enherbement des inter-rangs de vigne par des plantes de service (espèces herbacées spontanées ou semées) a cependant été identifié comme un levier pour améliorer les fonctions écosystémiques du vignoble, dont celles impliquées dans la régulation de l’érosion. La végétation composant les inter-rangs agit en effet sur les différents sous-processus de l’érosion hydrique. Par exemple, les parties aériennes de la végétation réduisent l’érosivité des pluies et du ruissellement en atténuant l’énergie cinétique des gouttes arrivant au sol et en ralentissant l’écoulement de surface. Cela limite le détachement des particules et favorise la sédimentation. Concernant les racines, leurs effets sur les processus d’érosion restent moins explorés. Par des processus d’ordre mécanique (croissance), physique (cycles d’humectation-dessication), biochimique (exsudation, mucigels) et biologique (effet sur les communautés microbiennes), les racines modifient la structure du sol à leur voisinage et les propriétés physiques associées, pouvant ainsi induire des effets sur l’érosivité du ruissellement et l’érodabilité du sol.
Problématiques et objectifs du projet
L’objectif principal de ce stage est d’étudier les effets de la dynamique temporelle d’une végétation d’inter-rang viticole sur deux propriétés du sol indicatrices de la sensibilité des sols à l’érosion hydrique : stabilité des agrégats et conductivité hydraulique à saturation. L’accent sera mis sur les effets des parties racinaires de la végétation.
Pour cela, une expérimentation en serre sera mise en place pour une durée de 3 mois (mesures répétées à intervalles d’1 mois). L’avoine rude (Avena strigosa) et la vesce commune (Vicia sativa), représentatives des mélanges semés dans la région, sont envisagés pour l’expérimentation. Celle-ci consistera à suivre les deux propriétés indicatrices sélectionnées, pendant une période de croissance et une période de dégradation de la végétation suite à une tonte. Un lot de pots sera dédié à l’étude des effets de la rhizodéposition sur la stabilité des agrégats à l’aide d’un marquage multi-pulse de l’atmosphère de croissance avec du 13CO2. Le rapport isotopique 13C/12C des agrégats du sol sera mesuré afin d’évaluer l’importance du processus de rhizodéposition dans leur résistance à la désagrégation. Un second lot de pots permettra de suivre la dynamique racinaire par tomographie à rayons X (l’analyse d’images ne sera pas réalisée par la personne recrutée) et d’en évaluer les impacts sur la conductivité hydraulique à saturation.
Missions
L’étudiant·e participera à la mise en place de l’expérimentation (prélèvement et préparation du sol, germination des plantes, etc.). Ensuite, son travail consistera à assurer le suivi de l’expérimentation en serre et à réaliser les mesures des propriétés de sol (stabilité des agrégats, conductivité hydraulique) des caractéristiques de la végétation (caractérisation morphologique des racines fines par analyse d’images). La mesure du rapport isotopique sera externalisée, mais l’étudiant·e sera chargé·e d’analyser les données obtenues. Enfin, l’étudiant·e réalisera une analyse croisée de l’ensemble des données afin d’étudier les interactions entre processus racinaires et structure du sol.
Le pôle technique du laboratoire d’accueil sera mobilisé pour appuyer l’étudiant·e dans ses missions.
Profil recherché
Étudiant·e en Master 2 ou en 3ème année de cycle ingénieur en science du sol, écologie, agronomie, science de l’environnement. Des connaissances en sciences du sol ou en écologie végétale sont attendues. Un intérêt pour le travail expérimental de laboratoire et la démarche scientifique est attendu.
Compétences souhaitées
• Savoir effectuer une recherche bibliographique et rédiger une synthèse
• Rigueur dans la mise en place des protocoles analytiques au laboratoire (tenue d’un cahier de laboratoire)
• Rigueur dans la collecte, l’analyse et la restitution des données
• Maitrise d’un logiciel de traitement statistique, de préférence R
• Savoir travailler en autonomie (au laboratoire, au bureau) et en équipe (partage d’idées, présentation des résultats, discussion des problèmes, recherche de solutions)
• Bonne maitrise de l’anglais (participation à la rédaction d’un article scientifique selon motivation)
Modalités d’accueil
Lieu du stage : Montpellier, dans les UMR LISAH (Laboratoire d’étude des Interactions Sol – Agrosystème – Hydrosystème), CEFE (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive)
Encadrants : Sixtine Cueff (chercheuse INRAE, UMR LISAH), Juan David Dominguez Bohorquez (Postdoctorant Institut Agro, UMR LISAH), Florian Fort (enseignant-chercheur Institut Agro, CEFE)
Durée : 6 mois entre janvier et juillet 2027
Gratification : 4.50 € / h / jour ouvré, soit ~ 650€ / mois
Candidature
Envoyer un CV, une lettre de motivation et le contact d’une personne référente (par exemple, ancien·ne·s maîtres de stage, enseignant·e·s de master) à sixtine.cueff@inrae.fr avant le 31 octobre 2026. Les candidatures seront étudiées au fur et à mesure de leur réception. Certains dossiers seront sélectionnés pour un entretien en visioconférence.
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