Contexte scientifique:
La région boréale constitue l’un des plus grands domaines forestiers de la planète, mais elle est aussi caractérisée par un nombre extrêmement important de lacs, et présente de manière plus générale l’une des densités d’écosystèmes d’eau douce les plus importantes au monde (Downing et al. 2006; Teodoru et al. 2009). Elle est cependant fortement impactée par des perturbations anthropiques liées à l’exploitation forestière, mais aussi des perturbations naturelles comme des feux et des épidémies d’insectes (Remy et al. 2017; Navarro et al. 2018). La forêt boréale offre ainsi un cadre privilégié pour travailler sur les couplages entre milieux terrestre et aquatiques et sur l’impact des perturbations forestières sur le fonctionnement trophique des milieux aquatiques. Les changements dans l’occupation des sols et dans la composition des communautés végétales induits par ces perturbations peuvent en effet modifier les apports allochtones de nutriments et de matière organique dissoute ou particulaire arrivant dans les milieux aquatiques et avoir un impact significatif sur leur fonctionnement (production secondaire, structure du réseau trophique, cycle du carbone).
Dans le cadre du projet ANR Retropest (https://anr.fr/Projet-ANR-24-CE02-6823), une campagne d’échantillonnage a été menée en septembre 2025 dans la région du lac Saint Jean et du lac Albanel dans la province du Québec. Ces régions présentent la particularité d’être touchées de manière récurrente par des épidémies de Tordeuse des bourgeons de l’épinette et par des feux. Des sédiments de surface et des carottes sédimentaires ont ainsi été prélevés sur 19 lacs dans différents contextes de perturbations et permettront d’évaluer leur impact sur les milieux aquatiques.
Objectifs :
L’objectif de cette étude est d’évaluer :
1) Comment les perturbations d’origine naturelle (feux et épidémie d’insectes) ou anthropique (exploitation du bois) influencent la quantité et l’origine de carbone organique en milieu lacustre,
2) Comment ces modifications peuvent à leur tour modifier l’origine du carbone utilisé par les consommateurs primaires benthiques et pélagiques.
Modalités de réalisation:
1. L’étudiant(e) devra définir à l’aide de QGIS et des bases de données disponibles pour le territoire québécois le type de perturbation et le pourcentage de territoire impacté pour le bassin versant de chaque lac pour un minimum de 19 lacs (éventuellement plus selon l’avancée du travail).
2. En parallèle du travail cartographique, un travail de laboratoire permettra de faire des analyses de caractérisation de la matière organique (teneur en carbone organique, rapport C/N, analyses isotopiques et analyses de la lignine et de ses dérivés) sur des échantillons de sédiments collectés en 2025 et disponibles au laboratoire, afin d’évaluer l’impact des perturbations sur la quantité et l’origine de la matière organique dans les sédiments lacustres. Le tri et la préparation d’échantillons d’éphippies de cladocères et de capsules céphaliques de chironomes sera également réalisé afin de mesurer la signature isotopique du carbone (analyses faites en sous-traitance). Les résultats permettront de caractériser l’impact des perturbations concernant le bassin versant sur l’origine du carbone utilisé par les consommateurs benthiques et pélagiques.
3. Pour finir, selon le temps disponible, une approche paléolimnologique pourra être envisagée avec les mêmes proxys (caractérisation de la matière organique et analyses isotopiques des consommateurs) en travaillant sur des échantillons pris avant et après perturbations sur des carottes sédimentaires prélevées dans ces lacs pour lesquelles un ensemble de données sont déjà disponibles (datation, comptages de pollen, de charbons…).
Lieu de stage:
Laboratoire Chrono-Environnement, 16 route de Gray, 25030 Besançon
Conditions particulières:
L’étudiant aura accès à un bureau ainsi qu’aux salles techniques et analytiques du laboratoire.
Pas de travail de nuit ni le week-end.
Compétences souhaitées :
L’étudiant(e) sélectionné(e) devra avoir de bonnes connaissances générales en écologie, mais des connaissances plus particulières sur le fonctionnement des écosystèmes aquatiques sont souhaitables. Il/Elle devra être à l’aise avec l’utilisation d’outils cartographiques (logiciel QGIS) ainsi qu’avec le traitement des données et les analyses statistiques. Nous attendons de la personne retenue qu’elle soit rigoureuse, ponctuelle et qu’elle fasse preuve d’initiatives.
Candidatures:
Pour postuler, merci d’envoyer au plus tôt votre CV et votre lettre de motivation à helene.masclaux@umlp.fr
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