Contexte et objectifs scientifiques :

Situés à l’interface entre océans et continents, les écosystèmes côtiers sont des systèmes complexes soumis à des contraintes physico-chimiques de grande amplitude, de forte variabilité spatio-temporelle et parfois sous forte influence anthropique. Cette variabilité conditionne fortement la production biologique et par conséquent la structuration des réseaux trophiques. Des répercussions importantes sont ainsi observées sur la disponibilité des ressources trophiques et notamment sur la biologie des espèces exploitées par l’Homme.

Comprendre et gérer ces zones côtières, parmi les plus actives de la biosphère est un enjeu majeur pour de nombreuses disciplines scientifiques et décideurs politiques depuis les dernières décennies. Cette connaissance constitue un outil indispensable à la gestion à long terme de de ces zones et nécessite notamment la caractérisation des écosystèmes, de leur biodiversité et des services qu’ils génèrent, ainsi que de leurs évolutions au cours du temps.

Au sein du réseau trophique des écosystèmes côtiers, les communautés zooplanctoniques, composées essentiellement d’organismes multicellulaires hétérotrophes, occupent des positions centrales. En effet, elles font le lien entre les niveaux trophiques primaires et supérieurs en transférant la matière organique. Il est donc crucial de comprendre ces communautés dans une optique de gestion des zones côtières. Cela passe notamment par une meilleure caractérisation de la biodiversité et une quantification absolue des abondances, ainsi qu’une modélisation plus fine de la réponse de ces organismes aux forçages climatiques et anthropiques.

Les objectifs de ce stage de master 2 sont donc de :
• Quantifier comment ont évolué la diversité fonctionnelle et les abondances des communautés zooplanctoniques en Manche orientale.
• Relier ces possibles variations aux changements biotiques et abiotiques du milieu.

Méthodologie :
Le stage se concentrera sur une série d’échantillons collectés de manière bimensuelle au large de Boulogne-sur-Mer depuis 1998 dans le cadre du système d’observation nationale SOMLIT. L’acquisition d’un ZooScan (système d’imagerie en phase liquide) a permis de digitaliser l’ensemble des échantillons collectés au cours de la dernière décennie (2014-2024). Ces échantillons représentent plusieurs dizaines de milliers d’individus zooplanctoniques pour lesquels nous avons accès à la morphologie individuelle. Grâce à cette base de données unique à la Manche (orientale et occidentale), deux approches distinctes seront développées :
1) Une approche taxonomique classique visant à caractériser la diversité zooplanctonique à partir de la morphologie des organismes. Elle permet une
comparaison avec des données historiques, principalement basées sur des espèces précises. Cette tâche sera réalisée en collaboration avec des experts taxonomistes.
2) Afin de transcender le concept d’espèce, nous étudierons les variations de biodiversité des communautés zooplanctoniques à partir d’approches basées sur les traits fonctionnels. Plus particulièrement, nous utiliserons des méthodes d’analyses multivariées pour représenter l’espace morphologique des images d’individus digitalisés.

En parallèle de ce travail d’analyses numériques, l’étudiant.e contribuera à la numérisation de la série d’échantillons, en se concentrant sur les années permettant d’étendre le champ de nos analyses (2010-2014). Grâce aux analyses effectuées, nous pourrons examiner comment ont évolué (ou non) les
communautés côtières zooplanctonique pendant une période où les évènements climatiques extrêmes se sont multipliés (sécheresse, crues, augmentation des températures). Dans la mesure où les échantillons ont été collectés en parallèle de plusieurs paramètres physicochimiques
hydrologiques (ex, Température, Nutriments, etc.), nous pourrons déterminer si les variations des communautés peuvent être expliquées en partie par les forçages environnementaux.

Encadrant.e(s)
Le stagiaire sera encadré par :
• Biard Tristan (tristan.biard@univ-littoral.fr), Maître de conférences ULCO, Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences (LOG), Wimereux.
• Sakina-Dorothée Ayata (sakina-dorothee.ayata@locean.ipsl.fr), Maitresse de conférences Sorbonne Université, Laboratoire d’Océanographie et du Climat : Expérimentations et Approches Numériques (LOCEAN), Paris.
• Rubén Tournier-Broer (ruben.tournier-broer@univ-littoral.fr), Doctorant en 3ème année, LOG, Wimeureux.

Collaboration avec :
• Alice Delegrange (alice.delegrange@univ-lille.fr), Maîtresse de conférences ULille, LOG.

Durée et période :
6 mois, de janvier à juin 2026

Profil recherché :
Étudiant.e en master sciences de la mer ou en écologie (marine ou terrestre). Appétence pour le traitement et l’analyse de données. Maitrise du langage de base R et de la syntaxe tidyverse (ou maîtrise du langage Python éventuellement).

Candidature :
Envoyer une lettre de motivation et un CV détaillé comprenant le contact d’au moins une
personne référente (anciens encadrants de stage de M1 par exemple) aux trois encadrants.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: tristan.biard@univ-littoral.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.