Le projet
La transformation de la litière végétale en fèces par les animaux détritivores du sol constitue une voie majeure du recyclage de la matière organique dans les sols. Cependant, l’ampleur de ce flux, les facteurs qui le contrôlent, ainsi que le devenir des fèces de détritivores dans les sols restent encore mal compris. En conséquence, la détritivorie demeure largement négligée dans les représentations actuelles du fonctionnement des sols et dans les modèles biogéochimiques.
Ce projet de thèse étudiera les facteurs déterminants de la production de fèces chez une grande diversité d’animaux détritivores du sol. Il évaluera comment ce processus varie selon les taxons et les contextes environnementaux, et comment les caractéristiques physico-chimiques des fèces influencent leur utilisation par les microorganismes, leur décomposition et les émissions de gaz à effet de serre.
Le projet de thèse s’inscrira dans un groupe national de recherche plus large sur les écosystèmes forestiers et agroforestiers, au sein du PEPR SolsVivants, qui vise à mieux comprendre les réseaux d’interactions du sol et leur rôle dans la multifonctionnalité des sols. La thèse sera au cœur d’un projet sur la détritivorie soutenu par cinq stages de master dans différents centres de recherche en France.
La personne recrutée participera à des campagnes d’échantillonnage sur le terrain pour collecter des détritivores, des fèces, de la litière et des sols au sein d’un réseau de forêts et d’agroforêts tempérées français, ainsi qu’à diverses analyses de laboratoire pour répondre aux questions : De quoi se nourrissent les détritivores ? Qu’est-ce qui contrôle la production de fèces ? Quels facteurs déterminent la qualité des fèces ? Comment cette qualité influence-t-elle leur devenir dans le sol ?
Les méthodes comprendront des mesures de terrain de la production de fèces, l’étude des traits fonctionnels et du métabolisme des animaux du sol, la caractérisation de la chimie de la litière et des fèces, des analyses microbiennes et moléculaires, ainsi que des expériences de décomposition. Le projet global inclut des liens avec la modélisation de réseaux trophiques et cycles biogéochimiques, à laquelle la personne recrutée pourra contribuer selon son profil et ses intérêts. Cette thèse apportera de nouvelles connaissances sur une voie majeure mais négligée de la formation de la matière organique du sol, avec des implications pour l’écologie des sols et pour les modèles du fonctionnement des écosystèmes.
Profil recherché
Nous encourageons les candidatures de personnes titulaires d’un master en écologie, biogéochimie, sciences de l’environnement, ou dans des disciplines connexes. Nous sommes particulièrement intéressés par des candidat·es ayant une expérience en : écologie des sols, travail de terrain, expérimentations en laboratoire ou en conditions contrôlées, identification des invertébrés, biogéochimie et/ou approches par traits fonctionnels.
La personne candidate devra être à l’aise avec l’analyse de données sous R et intéressée par un travail à l’interface entre écologie fonctionnelle, biogéochimie et science de la biodiversité. De bonnes capacités d’organisation, une curiosité scientifique, ainsi qu’une aptitude à travailler de manière autonome tout en collaborant efficacement seront importantes. Une bonne maîtrise de l’anglais écrit et oral est requise.
Nous offrons
La personne retenue rejoindra l’unité de recherche Eco&Sols à Montpellier, France, et sera inscrite à l’Institut Agro Montpellier. Elle fera partie de l’École doctorale Gaïa et sera employée par INRAE avec un salaire mensuel brut de 2300 €, pour une durée de 36 mois, à partir du 1er octobre 2026. Eco&Sols offre un environnement de recherche stimulant ainsi qu’un accès aux infrastructures techniques nécessaires au projet. La personne doctorante bénéficiera d’un accès à un restaurant collectif subventionné, de 6 semaines de congés payés par an, ainsi que de possibilités de suivre des formations et enseignements spécifiques dans le cadre du doctorat.
La thèse sera encadrée par François-Xavier Joly à Eco&Sols, où se déroulera l’essentiel du travail, et co-encadrée par Benjamin Pey au sein de l’unité de recherche CRBE (Toulouse), où seront réalisées certaines analyses élémentaires et moléculaires. Au-delà de l’équipe d’encadrement, le projet impliquera des interactions étroites avec un réseau national de collaborateurs et pourra inclure des opportunités d’échanges avec des laboratoires partenaires en France et à l’étranger. La personne recrutée aura également la possibilité de développer ses propres idées à travers des projets annexes, dans le cadre général de la thèse.
Pour candidater
Merci d’envoyer un CV, une lettre de motivation décrivant votre intérêt et vos expériences pertinentes pour le sujet, vos relevés de notes universitaires disponibles, ainsi que les coordonnées de deux référent·es pouvant fournir une lettre de recommandation, à François-Xavier Joly (francois-xavier.joly@inrae.fr) et Benjamin Pey (benjamin.pey@toulouse-inp.fr).
Nous commencerons à examiner les candidatures à la fin du mois d’avril et laisserons le poste ouvert jusqu’à ce qu’il soit pourvu. Nous vous encourageons donc à postuler dès que possible. Avant de candidater, n’hésitez pas à nous contacter pour un échange informel afin d’en savoir plus sur le projet et sur d’autres aspects de la thèse.
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