Résumé du projet de thèse :
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La plupart des études sur la pollinisation s’intéresse à l’interaction étroite entre la plante et les pollinisateurs. Depuis une vingtaine d’année, cette vision change afin d’inclure des niveaux trophiques supplémentaires et des interactions à l’échelle de la communauté entière. Il paraît de plus en plus évident que des prédateurs de pollinisateurs peuvent façonner les systèmes de pollinisation (Benoit & Kalisz 2020). Ces derniers exploitent et perturbent les mutualismes plante–pollinisateur par prédation directe, par modification de leur comportement, entraînant des effets directs et indirects positifs, neutres ou négatifs sur la reproduction des plantes.
Le palmier à huile africain (Elaeis guineensis), est une espèce native d’Afrique tropicale pollinisée par un cortège de charançons spécialistes du genre Elaeidobius. Ces espèces sont prédatées par des larves de diptères dont ignore encore l’identité et la fonction exacte dans ce système de pollinisation. Cette thèse vise à clarifier le rôle écologique de ces diptères et leur impact sur la reproduction de ce palmier.
Le premier volet consistera à identifier les espèces de diptères par une approche de taxonomie intégrative (morphologie, génétique, barcoding) et à décrire leurs traits d’histoire de vie. Le deuxième volet étudiera les relations trophiques entre diptères et charançons par suivi vidéo et analyse moléculaire (métabarcoding) des communautés de larves présentes sur les inflorescences du palmier. Le troisième volet analysera les dynamiques spatio-temporelles des communautés au cours des saisons, à travers des suivis d’émergence d’inflorescences et l’exclusion expérimentale des diptères. Enfin, les données seront intégrées dans un modèle permettant de relier la dynamique des diptères, les fluctuations d’Elaeidobius et l’efficacité de pollinisation en termes de rendements.
Cette thèse s’effectuera sur plusieurs terrains. Après un début de thèse au sein de l’UMR CBGP (Montpellier), la personne recrutée effectuera un séjour de plusieurs mois si site d’étude (Sierra Leone ou Benin). La thèse se poursuivra à l’UMR PVBMT (La Réunion) pour l’analyse de données et la rédaction.
Mots clés : Pollinisation de couvain, écologie des communautés, agronomie tropicale, taxonomie intégrative
Direction de thèse : Leïla Bagny-Beilhe & Julien Haran
Unités de recherche : UMR CBGP (Montpellier) – UMR PVBMT (La Réunion)
Etablissement : Cirad (Centre de Coopération Internationale en recherche agronomique pour le développement). Ecole doctorale GAIA, Université de Montpellier.
Type de financement : CIFRE (Palmelit SAS)
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Date limite de candidature : 20 Février 2026
Date de début de la thèse : 01 octobre 2026
Durée de la thèse : 36 mois
Salaire : voir grille de rémunération d’une thèse CIFRE
Profil candidat
– titulaire d’un Master 2 ou équivalent en biologie des organismes ou sciences naturelles (ou en cours d’obtention)
– Bases solides en écologie des communautés
– Intérêt pour l’entomologie, l’agronomie tropicale et l’écologie de la pollinisation
– Aptitude au travail de terrain en zone tropicale (Afrique de l’Ouest)
– Autonomie et initiative dans la conduite de projets
Contact et candidature (lettre de motivation et CV):
julien.haran@cirad.fr ; leila.bagny@cirad.fr
Référence :
Benoit, A. D., & Kalisz, S. (2020). Predator effects on plant-pollinator interactions, plant reproduction, mating systems, and evolution. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics, 51(1), 319-340.
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