Infos utiles:
> Pour candidater, envoyez CV + lettre de motivation à Marion Lestienne (marion.lestienne@cirad.fr) et Bérangère Leys (berangere.leys@cnrs.fr).
> Vous devez avoir un master ou être actuellement en dernière année de Master pour pouvoir postuler (début de thèse : rentrée 2027)
> Financement acquis
> Le ou la doctorant.e dépendra de l’école doctorale Gaïa (Université de Montpellier) et sera rattaché.e à l’UMR AMAP

Contexte et problématique :
Les régions à climat méditerranéen couvrent moins de 5 % des terres émergées mais abritent près de 20 % de la diversité végétale mondiale. Depuis au moins huit millénaires, les écosystèmes méditerranéens ont été façonnés par l’action récurrente du feu, de l’herbivorie et des usages humains, qui ont ensemble favorisé des stratégies adaptatives au feu et maintenu les paysages ouverts et hétérogènes caractéristiques de la région. Comprendre comment ces systèmes ont répondu aux perturbations passées est essentiel pour anticiper leurs trajectoires sous changement global rapide. Le réchauffement et l’assèchement, combinés à la déprise rurale et à l’embroussaillement, ont pour conséquences d’augmenter le nombre et l’intensité des feux de forêt d’aujourd’hui et des années à venir.
Dans ce cadre, cette thèse vise à caractériser les régimes de feux méditerranéens à travers plusieurs échelles de temps et à mobiliser les données plurimillénaires pour contraindre leur projection à l’horizon 2100.
Le projet de thèse mobilisera trois approches complémentaires (instrumentale, paléoécologique et de modélisation) articulées selon un continuum du passé – présent – futur. Il s’organise autour de trois objectifs :
1) Synthétiser et caractériser les régimes de feux récents. Caractériser l’évolution du nombre de feux, des surfaces brûlées et des types d’habitats touchés au cours des cinquante dernières années à partir de produits de télédétection et de bases de données nationales (MODIS, BDIFF, Prométhée), et comparer la pertinence de différents indices de danger de feu (FWI et alternatives, notamment les indices de sécheresse) pour rendre compte de l’activité de feu méditerranéenne observée.
2) Reconstituer les paléofeux et la paléovégétation. Reconstituer l’activité des feux (charbons de bois) et la dynamique de la végétation (pollens) au cours de l’Holocène sur deux sites contrastés, le Marais des Baux et le Caroux, afin de fournir une ligne de base de long terme à l’aune de laquelle évaluer les régimes récents et projetés.
3) Projeter le risque incendie à l’horizon 2100. Projeter l’aléa incendie sur l’ensemble de la zone d’étude à partir des projections climatiques du GIEC. Perspectives : modéliser l’effet de ces régimes de feux futurs sur la végétation actuelle à l’aide de modèle dynamique de végétation comme LandClim.
L’articulation de ces trois volets permettra de dépasser une vision statique et bornée à l’instrumental des feux méditerranéens, et de démontrer comment la profondeur des archives paléoécologiques peut informer nos attentes vis-à-vis d’un futur plus chaud et plus inflammable.

Lieu d’accueil :
Le ou la doctorant.e sera accueilli.e à l’UMR AMAP (Montferrier-sur-Lez), avec accès à un poste de travail (bureau et ordinateur portable), sur lequel seront réalisées les analyses de données (traitement des données de télédétection, statistiques, projections). Il ou elle disposera d’une salle de préparation et d’une salle de microscopie pour les analyses de charbons. Les manipulations de laboratoire se feront selon les règles d’hygiène et de sécurité du laboratoire.
Le projet s’inscrit dans un contexte international de recherche sur les régimes de feux méditerranéens et leur évolution sous changement climatique (Projet FEVER, PEPR FOREST). Les résultats seront valorisés par des publications en anglais dans des revues internationales à comité de lecture et par des communications dans des conférences internationales. Les données paléoécologiques seront déposées dans des bases ouvertes internationales (ex. Neotoma) et les jeux de données de feux pourront être comparés à ceux d’autres régions à climat méditerranéen. Un séjour de 1 mois dans un laboratoire partenaire à l’étranger pourra être envisagé.

Profil recherché :
Master (ou équivalent Bac+5) en écologie à la prise de poste, paléoécologie ou sciences de l’environnement. Bonne maîtrise des outils statistiques (R), aisance rédactionnelle en français et en anglais. Une expérience de laboratoire (charbons), d’analyse spatiale/télédétection (SIG) ou de modélisation sera appréciée.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: marion.lestienne@cirad.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.