Zan’Micro – Impact de différents types de désimperméabilisation sur les communautés microbiennes du sol
Problématique
La loi Climat et résilience fixe un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) en 2050. Celui-ci doit se traduire dans les documents d’urbanisme par une réduction progressive des surfaces imperméabilisées. Si les effets de l’imperméabilisation des sols sont bien documentés dans la littérature scientifique, ce n’est pas le cas des effets de la désimperméabilisation. Le projet Zanette propose d’étudier des sols désimperméabilisés pour lesquels les temporalités d’intervention et les pratiques de gestion sont différentes. L’objectif est de caractériser le niveau de fonctionnalité écologique sur ces deux gradients : le temps depuis la désimperméabilisation (approche ‘space for time’, Renella 2020), et l’interventionnisme post-désimperméabilisation (gradient d’intensité de gestion, Veillard 2024).
Le projet Zanette porte sur une dizaine de sites répartis en Ile-de-France et dans le Grand-Est, désimperméabilisés entre début 2023 et fin 2026. Une couche de bitume a été conservée comme témoin négatif, une zone a été désimperméabilisé sans intervention, et une autre désimperméabilisée avec des ajouts de matière organique. Ces sites feront l’objet d’une caractérisation multi approches au printemps 2027 : des analyses de la physico-chimie du sol seront réalisées en parallèle de l’approche de trois communautés : la faune du sol, la flore et les micro-organismes.
Le stage Zan’Micro portera sur ce dernier volet en particulier en s’intéressant à la réponse fonctionnelle des communautés microbiennes (Campbell et aL, 2003) suite à une désimperméabilisation. L’objectif est d’évaluer les conséquences de la désimperméabilisation sur la biomasse microbienne, sur la diversité fonctionnelle et taxonomique des microorganismes. Pour ce faire, des méthodes de respirations induites par des substrats multiples et d’extraction et amplification d’ADN seront mobilisées.
Dans le contexte d’un nombre croissant de désimperméabilisation, cette étude permettra d’améliorer la compréhension des mécanismes de reprises du compartiment microbien via la désimperméabilisation, et ainsi d’évaluer la pertinence de ce genre d’intervention mais aussi d’orienter les gestionnaires vers les pratiques les plus adaptées.
Mission du/de la stagiaire
Le.a stagiaire participera aux missions de terrain du printemps 2027 consistant en des prélèvements de sol, inventaires floristiques, mesures de l’infiltration de l’eau et de la respiration du sol. Sur les échantillons prélevés, iel :
– établira les profils cataboliques des communautés microbiennes du sol ;
– extraira et amplifiera l’ADN de champignons, bactéries, archées.
Le.a stagiaire Zan’Micro travaillera en binôme avec le.a stagiaire Zan’Méso qui travaillera sur la mésofaune du sol. Iel pourra aussi être amené.e à participer à d’autres campagnes de terrain de l’équipe.
Calendrier prévisionnel (adaptable) : Bibliographie et problématisation : février-mars 2027. || Formation aux techniques de biologie moléculaire : mars-avril 2027. ||Prélèvements de sol et mesures sur le terrain : début mai 2027 || Analyses en laboratoire des échantillons : mi-mai 2027 à mi-juin 2027. || Analyses des données récoltées et rédaction : mi-juin à fin juillet 2027.
Délivrable : rapport de stage de M2 et restitution orale à l’équipe.
Profil et compétences souhaitées
Ce stage de master 2 en écologie requiert un.e étudiant.e très rigoureux.se à la fois sur le terrain et dans le laboratoire. Il doit être à l’aise avec les analyses statistiques et l’environnement de programmation R. Des connaissances en biologie moléculaire, en pédologie et/ou sur les tTechnosols seront appréciées.
Lieu, période et durée du stage
La.le stagiaire sera accueilli.e dans le laboratoire Ecologie Société Evolution de l’Université Paris-Saclay. Iel y sera encadré.e par Lisa Le Moller (Chercheuse en CDD responsable du projet Zanette) et Stéphane Bazot (Professeur des Universités). La durée du stage est de 4 à 6 mois et débutera en février 2027 (modulable). Il sera gratifié à hauteur de la grille réglementaire.
Candidater
Pour candidater, envoyez CV et lettre de motivation à Lisa Le Moller (lisa.lemoller@sagroparistech.fr) et Stéphane Bazot (stephane.bazot@universite-paris-sacaly.fr) avant le 15 octobre 2026. Les candidatures seront étudiées au fil de l’eau.
Références
Adobati F., Garda E., Soil releasing as key to rethink water spaces in urban planning, City, Terrritory and Architecture (7), 2020.
Campbell C.D. et al., A rapid microtiter plate method to measure carbon dioxide evolved from carbon substrate amendments so as to determine the physiological profiles of soil microbial communities by using whole soil, Applied and Environnemental microbiology (69, 3593-3599), 2003.
Lerch T.Z., Sensitivity of soil microbial catabolic profiles to a gradient of carbon inputs : do the soil organic matter matter ?, Soil Biology & Biochemistry (57, 911-915), 2013.
Maienza A., Ungaro F., Baronti S., Colzi I., Giagnoni L., Gonelli C., Renella G., Ugolini F., Calzolari C., Biological Restoration of Urban soils after De-Sealing Interventions, Agriculture (11), 2021.
Renella G., Evolution of Physico-Chemical Properties, Microbial Biomass and Microbial Activity of an Urban Soil after De-sealing, Agriculture (10 :12, 596), 2020.
Ugolini, F. et al. Assessing the influence of topsoil and technosol characteristics on plant growth for the green regeneration of urban built sites. J. Environ. Manage. 273, 111168 (2020).
Vieillard C. Désimperméabilisation des sols urbains: états des lieux des pratiques et mises en oeuvre de génie pédologique pour restaurer des services écosystémiques. Institut Agro Rennes Angers, 2024.
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