Fauna’Zan – Impact de différents types
de désimperméabilisation sur la faune du sol
Problématique
La loi Climat et résilience fixe un objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) en 2050. Celui-ci doit se traduire dans les documents d’urbanisme par une réduction progressive des surfaces imperméabilisées. Si les effets de l’imperméabilisation des sols sont bien documentés dans la littérature scientifique, ce n’est pas le cas des effets de la désimperméabilisation. Le projet Zanette propose d’étudier des sols désimperméabilisés pour lesquels les temporalités d’intervention et les pratiques de gestion sont différentes. L’objectif est de caractériser le niveau de fonctionnalité écologique sur ces deux gradients : le temps depuis la désimperméabilisation (approche ‘space for time’, Renella 2020), et l’interventionnisme post-désimperméabilisation (gradient d’intensité de gestion, Veillard 2024).
Le projet Zanette porte sur une dizaine de sites répartis en région parisienne et dans le Grand-Est, désimperméabilisés entre début 2023 et fin 2026. Une couche de bitume a été conservée comme témoin négatif, une zone a été désimperméabilisé sans intervention, et une autre désimperméabilisée avec des ajouts de matière organique. Ces sites feront l’objet d’une caractérisation multi approches entre mars et mai 2027 : des analyses de la physico-chimie du sol seront réalisées en parallèle de l’approche de trois communautés : les micro-organismes, la flore et la faune (nématodes, vers de terre, collemboles).
Le stage Faune’Zan portera sur ce dernier volet en particulier en s’intéressant à la réponse fonctionnelle de la faune (Joimel et al. 2017) après désimperméabilisation. L’objectif est d’évaluer les conséquences de la désimperméabilisation sur la diversité taxonomique et fonctionnelle de ces organismes, en particulier sur les fonctions de croissance, reproduction et survie. Dans le contexte d’un nombre croissant de désimperméabilisation, cette étude permettra d’améliorer la compréhension des mécanismes de reprises de la faune via la désimperméabilisation, et ainsi d’évaluer la pertinence de ce genre d’intervention mais aussi d’orienter les gestionnaires vers les pratiques les plus adaptées.
Mission du/de la stagiaire
Le.a stagiaire participera aux missions de terrain du printemps 2027 consistant en des prélèvements de sol, inventaires floristiques, mesures de l’infiltration de l’eau et de la respiration du sol. Sur les échantillons prélevés, iel triera et identifiera les organismes avant de recourir à des bases de données de traits pour caractériser les communautés de vers de terre et de collemboles.
Le.a stagiaire Faune’Zan travaillera en binôme avec le.a stagiaire ZanMicro qui travaillera sur la communauté microbienne du sol. Iel pourra aussi être amené.e à participer à d’autres campagnes de terrain de l’équipe.
Calendrier prévisionnel (adaptable) : Bibliographie et problématisation : janvier/février 2027. || Formation aux techniques de tri et identification de la faune : février 2027. ||Prélèvements de sol pour faune : mars 2027 || Analyses en laboratoire des échantillons : mi-mars 2027 à mi-avril 2027. || Mise en relation des données récoltées et analyses : mi-avril à mi-mai 2027. || Rédaction du rapport de stage : mi-mai à fin juin 2027.
Délivrable : rapport de stage de M2, restitution orale à l’équipe.
Profil et compétences souhaitées
Ce stage de master 2 en écologie requiert un.e étudiant.e très rigoureux.se à la fois sur le terrain et dans le laboratoire. Il doit être à l’aise avec les analyses statistiques et l’environnement de programmation R. Des connaissances en écologie des communautés, en pédologie et/ou sur les Technosols ainsi que des compétences naturalistes seront appréciées.
Lieu, période et durée du stage
La.le stagiaire sera accueilli.e dans le laboratoire UMR Ecosys INRAE d’AgroParisTech. Iel y sera encadré.e par Lisa Le Moller (Chercheuse en CDD responsable du projet Zanette) et Sophie Joimel (Maîtresse de conférence AgroParisTech). La durée du stage est de 4 à 6 mois et débutera en janvier/février 2027 (modulable). Il sera gratifié à hauteur de la grille réglementaire.
Candidater
Pour candidater, envoyez CV et lettre de motivation à Lisa Le Moller (lisa.lemoller@agroparistech.fr) avant le 15 octobre 2026. Les candidatures seront étudiées au fil de l’eau.
Références
Adobati F., Garda E., Soil releasing as key to rethink water spaces in urban planning, City, Terrritory and Architecture (7), 2020.
Joimel S., Schwartz C., Hedde M., Kiyota S., Krogh P.H., Nahmani J., Pérès G., Vergnes A., Cortet J., Urban and industrial land uses have a higher soil biological quality than expected from physicochemical quality, Science of The Total Environment, 2017.
Maienza A., Ungaro F., Baronti S., Colzi I., Giagnoni L., Gonelli C., Renella G., Ugolini F., Calzolari C., Biological Restoration of Urban soils after De-Sealing Interventions, Agriculture (11), 2021.
Renella G., Evolution of Physico-Chemical Properties, Microbial Biomass and Microbial Activity of an Urban Soil after De-sealing, Agriculture (10 :12, 596), 2020.
Ugolini, F. et al. Assessing the influence of topsoil and technosol characteristics on plant growth for the green regeneration of urban built sites. J. Environ. Manage. 273, 111168 (2020).
Vieillard C. Désimperméabilisation des sols urbains: états des lieux des pratiques et mises en oeuvre de génie pédologique pour restaurer des services écosystémiques. Institut Agro Rennes Angers, 2024.
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