Contexte : Le blé tendre (Triticum aestivum) est l’une des céréales fondatrices de l’agriculture. Domestiquée il y a près de 10 000 ans, la recherche de productivité a conduit à une sélection variétale accrue et à une modernisation des pratiques agricoles (liant travail du sol et introduction d’intrants chimiques) qui résultent aujourd’hui par une diminution de la diversité génétique du blé parmi les génotypes modernes1. On ignore à ce jour l’impact réel de cette perte de diversité génétique sur la capacité du blé à recruter et tirer profit son microbiote racinaire.
En effet, T. aestivum a la capacité d’établir une symbiose avec des champignons mycorhiziens à arbuscules capables de transférer à la plante des nutriments du sol grâce à des structures cellulaires spécialisées (arbuscules). La symbiose mycorhizienne à arbuscules mobilise, en condition naturelle, une communauté complexe de champignons de différentes espèces. On estime à ce jour qu’il existe environ 370 espèces de CMA, on sait encore très peu de chose sur la diversité fonctionnelle qui réside entre ces espèces, leurs interactions, le fonctionnement de ces communautés, et leurs impacts sur les stratégies d’acquisition des ressources chez le blé.
L’espace économique racinaire (RES)2 propose un modèle conceptuel permettant d’expliquer les stratégies fonctionnelles utilisées par les plantes pour acquérir et conserver les nutriments du sol. L’axe de collaboration décrit la dépendance à des partenaires fongiques pour l’acquisition des nutriments. Si ce paradigme est bien établi à l’échelle interspécifique, il reste peu étudié à l’échelle intraspécifique, particulièrement chez les espèces cultivées comme le blé. De plus, la façon dont la variation dans la diversité et la composition des communautés de champignons mycorhiziens module la plasticité sur l’axe de collaboration reste largement méconnue.
Objectif : L’objectif de ce stage sera d’évaluer l’influence de la richesse spécifique et de la composition des communautés de CMA sur la capacité du blé à acquérir des nutriments et moduler sa réponse plastique le long de l’axe d’acquisition-collaboration racinaire (RES).
Ce stage s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire à l’interface entre l’écologie fonctionnelle, la biologie moléculaire et l’écologie microbienne.
Travail envisagé : L’étudiant.e sera responsable d’une expérience de grande envergure sous serre comprenant la plantation, l’inoculation et la récolte d’un panel diversifié de génotypes de blé. Le phénotypage des plantes comprendra des mesures morphologiques (scan de racines), des mesures de colonisation mycorhizienne (comptage à la loupe binoculaire) et des mesures d’expression de gènes (principalement des transporteurs de nutriments, qRT-PCR).
Environnement de travail, missions et activités :
Vous serez accueilli.e au sein de l’unité Toulouse Plant Science (TPS) issu de la fusion du LIPME (INRAE-CNRS), et du LRSV (CNRS-Université de Toulouse). TPS rassemble environ 170 personnels permanents (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens) et une centaine de personnels non permanents (doctorants, post-docs en particulier). Vous serez intégré à l’équipe EFIS (Efficacité de la symbiose mycorhizienne à arbuscules)
Formations et compétences recherchées :
Formation souhaitée : Master 2 en Écologie
Connaissance appréciée : Compétences en analyses statistiques sur R (univariées / multivariées), Connaissance en écologie fonctionnelle et en biologie moléculaire
Aptitudes recherchées : Curiosité et force de proposition
Merci de bien vouloir nous joindre aux deux adresses mails indiquées ci-contre votre lettre de motivation et votre CV avec l’objet suivant : « Candidature Stage M2 » avant le 15/10/26. Pour toutes question, n’hésitez pas à nous contacter par mail.
thomas.souyris@inrae.fr
audrey.l-heritier@inrae.fr
Durée du stage : 6 mois. Février/Mars à Juillet/Août 2027. Les dates sont à discuter
Début du contrat : 01/02/2027
Rémunération : 4.5€/heure
Bibliographie :
1 Sow et al. 2025. Nature Plants. https://doi.org/10.1038/s41477-025-02128-0
2 Bergmann et al .2020. Science https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aba3756
3 Genre et al. 2020. Nature Reviews Microbiology. https://doi.org/10.1038/s41579-020-0402-3
4 Mathieu et al. 2018. New Phytologist. https://doi.org/10.1111/nph.15275
5 Matthus et al. 2025 Plant and Soil. https://doi.org/10.1007/s11104-025-07379-6
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