Projet thèse LUMEN : LUmière urbaine et Maintien des Écosystèmes Nocturnes
Comment concevoir une ville éclairée compatible avec le maintien de la biodiversité nocturne ?
Sujet de thèse
L’éclairage artificiel nocturne constitue aujourd’hui l’une des principales pressions anthropiques affectant la biodiversité. Les programmes de rénovation des réseaux d’éclairage public, qui remplacent progressivement les anciennes technologies par des LED et s’accompagnent de modifications des intensités, des spectres lumineux et des temporalités d’allumage, offrent une opportunité unique d’évaluer les conséquences écologiques de cette transition énergétique. Cette thèse s’intéressera particulièrement aux chauves-souris et aux insectes nocturnes, deux groupes particulièrement sensibles aux modifications des paysages lumineux, en s’appuyant sur le territoire de la métropole parisienne et sur un réseau de partenaires associant collectivités, gestionnaires et organismes de recherche.
Axe 1 – Effets de la rénovation de l’éclairage public sur la biodiversité nocturne
Le premier axe visera à quantifier les effets des opérations de rénovation de l’éclairage public sur l’activité des chauves-souris et des lépidoptères nocturnes. Il reposera sur des dispositifs expérimentaux de type Before-After Control-Impact (BACI) et Control-Impact (CI), mobilisant les données acquises dans le cadre des programmes Vigie-Chiro et de suivis réalisés avant et après les travaux de rénovation. L’objectif sera d’identifier l’influence des caractéristiques de l’éclairage (intensité, spectre lumineux, technologies utilisées) et du contexte paysager sur les réponses des communautés nocturnes, afin de produire des recommandations pour un éclairage plus favorable à la biodiversité.
Axe 2 – Connectivité écologique nocturne et trame noire fonctionnelle
Le deuxième axe portera sur les effets de l’éclairage artificiel sur la connectivité écologique en milieu urbain. En combinant données d’activité des chauves-souris, cartographie de la végétation, données d’éclairage public et mesures de pollution lumineuse (satellites, campagnes aériennes), la thèse cherchera à modéliser la perméabilité nocturne du paysage et à identifier les corridors réellement utilisés par les espèces. Les résultats permettront d’évaluer la pertinence écologique des trames noires actuelles et de proposer des outils d’aide à la décision pour intégrer la biodiversité nocturne dans les politiques d’aménagement et de transition énergétique.
Axe 3 – Éclairage, ressources trophiques et rythmes d’activité
Le troisième axe s’intéressera aux mécanismes expliquant les réponses contrastées des chauves-souris à l’éclairage artificiel. En modifiant la distribution des insectes nocturnes, l’éclairage est susceptible de transformer les interactions trophiques et les comportements de chasse. Cette partie du projet analysera les variations des rythmes d’activité, des stratégies de chasse et des tentatives de capture des chauves-souris en fonction des caractéristiques de l’éclairage et de la structure des habitats. L’objectif sera de mieux comprendre les processus écologiques reliant pollution lumineuse, disponibilité des proies et fonctionnement des communautés nocturnes.
Au-delà de l’acquisition de connaissances fondamentales, cette thèse ambitionne de produire des recommandations opérationnelles pour concevoir des stratégies d’éclairage conciliant sobriété énergétique, sécurité des usages et préservation de la biodiversité nocturne. Réalisée en partenariat avec les acteurs de la métropole parisienne (OGE, MNHN, DarkSkyLab), elle s’appuiera sur des jeux de données exceptionnels et sur un contexte de transition des réseaux d’éclairage unique à l’échelle européenne.
Contexte de travail
La thèse s’inscrit dans un contexte de financement CIFRE. La personne recrutée travaillera conjointement au CESCO et dans le bureau d’étude Office du Génie Écologique (OGE).
OGE est un bureau d’études spécialisé dans l’expertise écologique, l’accompagnement des projets d’aménagement et la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Fort d’une expertise reconnue dans l’étude des milieux naturels, de la biodiversité et des continuités écologiques, OGE accompagne les acteurs publics et privés dans la prise en compte des enjeux environnementaux à différentes échelles territoriales. OGE apporte son expertise en écologie appliquée pour traduire les connaissances sur la biodiversité nocturne en solutions concrètes d’aménagement conciliant transition énergétique et préservation des écosystème
Le CESCO (UMR 7204 MNHN–SU–CNRS), un laboratoire de référence en écologie et conservation rassemblant près de 150 chercheur·ses, ingénieur·es et étudiant·es. Il·elle évoluera dans un environnement scientifique stimulant, dédié aux enjeux de transition écologique à travers des approches intégrant écologie, évolution et sciences sociales. Le CESCO dispose d’une expertise reconnue sur les interactions entre biodiversité et pollution lumineuse, en particulier concernant les chiroptères. Le laboratoire s’appuie sur des groupes de recherche thématiques actifs, et fort des nombreux programmes de sciences participatives qu’il coordonne et valorise, possède des infrastructures et outils de pointe pour le traitement et l’analyse de données massives.
OGE et le CESCO disposent d’une expérience confirmée dans l’encadrement de thèses CIFRE et dans le développement de recherches partenariales associant excellence scientifique et applications opérationnelles. Le projet bénéficiera également d’un réseau de collaborations établi avec de nombreux partenaires académiques, institutionnels, collectivités territoriales et acteurs privés. Cet écosystème constitue un cadre particulièrement favorable au déploiement d’une recherche à fort impact scientifique et sociétal, en réponse aux enjeux actuels de transition écologique et de gestion durable des territoire
Profil recherché
– Titulaire d’un Master 2 en Biodiversité, Écologie, Évolution ou d’une formation équivalente.
– Fort intérêt pour la recherche scientifique, avec une sensibilité marquée aux enjeux de conservation de la biodiversité et de transition écologique.
– Maîtrise des méthodes de gestion de suivis écologiques, de gestion et structuration de bases de données, ainsi que des analyses statistiques sous R (notamment les modèles linéaires).
– Des connaissances en écologie des chauves-souris (chiroptères) et/ou des lépidoptères constitueraient un atout.
– Rigueur scientifique, autonomie, esprit d’analyse et aptitude à travailler en équipe seront particulièrement appréciés.
Contact et candidature
CV et LM à adresser à Vincent Vignon (vincent.vignon@alkios.eu), Maud Bernard-Verdier (maud.bernardverdier@mnhn.fr), et Christian Kerbiriou (christian.kerbiriou@mnhn.fr)
au format LUMEN_NOM_Prenom_LM_CV
Date limite de candidature : le 21/08/2026.
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