Stage de Master 1 : Dynamique saisonnière et interactions des communautés
phytoplanctoniques : étude comparative entre la Baie de la Vilaine et le Parc
Marin d’Iroise.

Contexte :
Le phytoplancton joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins, à la fois par sa
position à la base des réseaux trophiques et par sa fonction de régulateur des cycles biogéochimiques.
Dans les environnements côtiers, la composition et la dynamique des communautés
phytoplanctoniques sont influencées par de nombreux forçages : naturels (saisonniers, climatiques),
anthropiques (eutrophisation, pollution), et biotiques (broutage par le zooplancton, compétition,
infections virales). Dans un contexte de changements globaux, caractérisé par l’intensification des
pressions environnementales, comprendre les dynamiques de ces communautés apparait donc
fondamental pour évaluer le fonctionnement et les dynamiques des écosystèmes marins côtiers.
Les variations saisonnières du plancton ont historiquement été expliquées par des processus
principalement abiotiques (Benedetti et al. 2019). Cependant, de nouvelles études ont mis en évidence
un rôle important, souvent sous-estimé, des interactions biotiques (Chaffron et al. 2021 ; Beauchesne
et al. 2025).

De récents travaux (Dias et al. preprint) ont montré, grâce à l’utilisation de réseaux d’associations, une
étonnante stabilité dans la composition des communautés phytoplanctoniques avant, pendant et
après un bloom phytoplanctonique, quelle que soit la composition taxinomique dominante. Pourtant,
les dinoflagellés et les diatomées présentent des écologies bien distinctes : les diatomées se
comportent plutôt comme des espèces pérennes, à répartition cosmopolite, et adoptent une stratégie
d’efflorescence relativement cyclique et uniforme au printemps ; les dinoflagellés, au contraire, se
comportent comme des espèces annuelles, responsables de blooms éphémères et monospécifiques,
présentant une forte variabilité interannuelle. Ces travaux ont également mis en relation certaines
métriques de graphes – telles que la modularité ou la stabilité – permettant d’évaluer le
fonctionnement et la structure des communautés : la capacité à former des sous-communautés, la
résilience, la stabilité. Toutefois, aucun lien n’a encore été établi entre ces dynamiques
interactionnelles et les paramètres physico-chimiques ; la dimension saisonnière de ces interactions
reste également à explorer.

Objectifs du stage :
L’objectif principal du stage est d’identifier la dynamique saisonnière des associations/interactions
phytoplanctoniques au sein de deux environnements côtiers contrastés : le Parc Marin d’Iroise et la
Baie de la Vilaine.
En s’appuyant sur les séries temporelles du suivi du Parc Marin d’Iroise et du réseau REPHY, il s’agira
de répondre à la problématique suivante : Quelle est la dynamique interactionnelle saisonnière des
communautés phytoplanctoniques ?
Pour cela, trois objectifs complémentaires sont proposés :
– Caractériser la dynamique physico-chimique saisonnière des deux sites afin de comprendre
leur fonctionnement environnemental
– Analyser la dynamique interactionnelle saisonnière des communautés phytoplanctoniques à
l’aide d’une approche par réseaux d’associations et de métriques de graphes, afin d’évaluer la
stabilité et la structuration des communautés
– Relier les dynamiques biotiques et abiotiques pour mieux comprendre les mécanismes de
structuration et de fonctionnement des communautés phytoplanctoniques à l’échelle
saisonnière.

Encadrement et laboratoire d’accueil :
L’encadrement sera assuré par Jean-Yves Dias (Doctorant) et Eric Goberville (Maître de Conférence),
au sein de l’équipe « Analyse QUAntitative des TENDANCES de la biodiversité en réponse aux
changements globaux » (AQUATREND) du laboratoire de Biologie des Organismes et des Ecosystèmes
Aquatiques (BOREA), à Paris.
Le stage aura lieu sur une durée totale de 2 mois entre avril et juin 2026.

Profil recherché :
Le/La candidat.e doit être en Master 1 en écologie et posséder de bonnes connaissances théoriques
en écologie marine et côtière. Une appétence forte pour l’écologie numérique et les statistiques uni-
et multivariés est indispensable. Le/La candidat doit aimer les défis, être motivé.e, curieux.se,
passionné.e par le phytoplancton et les développements méthodologiques.

Modalités de candidature :
Envoyer par mail CV et lettre de motivation à jean-yves.dias@sorbonne-universite.fr et
eric.goberville@sorbonne-universite.fr avec l’objet : Stage_M1_GD_*NOM*. Nous sommes
disponibles pour toute question sur le sujet en amont.

Références :
Beauchesne, David, Kevin Cazelles, Rémi M Daigle, Dominique Gravel, et Philippe Archambault.
« Ecological Interactions Amplify Cumulative Effects in Marine Ecosystems ». Science AdvAnceS, 2025.
https://doi.org/10.1126/sciadv.adp9315.
Benedetti, Fabio, Laëtitia Jalabert, Marc Sourisseau, et al. « The Seasonal and Inter-Annual
Fluctuations of Plankton Abundance and Community Structure in a North Atlantic Marine Protected
Area ». Frontiers in Marine Science 6 (avril 2019): 214. https://doi.org/10.3389/fmars.2019.00214.
Chaffron, Samuel, Erwan Delage, Marko Budinich, et al. « Environmental Vulnerability of the Global
Ocean Epipelagic Plankton Community Interactome ». Science Advances 7, no 35 (2021): 35.
https://doi.org/10.1126/sciadv.abg1921.
Dias, Jean-Yves, Victor Pochic, Samuel Chaffron, et Pierre Gernez. « Diatoms vs Dinoflagellates: A
Temporal Network Analysis of Bloom Impacts on Diversity and Phytoplankton Community Structure
in French Coastal Waters ». bioRxiv, 2025. https://doi.org/10.1101/2025.06.26.661744.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: jean-yves.dias@sorbonne-universite.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.