Webinaires pour penser avec les sols – les liens visio seront disponibles sur la page ASE² (https://sfecologie.org/actions/groupes/art-ecologie-evolution/)

Le groupe de travail Arts et Sciences de l’écologie et de l’évolution (ASE²), créé en 2023, vise à renforcer le dialogue entre les arts et les sciences, dont les interactions se développent fortement. Face aux crises écologiques et à l’érosion de la biodiversité, il explore de nouvelles façons de transmettre les connaissances scientifiques en intégrant les dimensions sensibles, émotionnelles et narratives de la recherche. Il encourage les collaborations entre artistes et scientifiques afin de renouveler non seulement les pratiques de médiation scientifique, mais aussi les pratiques de recherche, qu’elles soient scientifiques ou artistiques. À travers des séminaires, des échanges de pratiques et des réflexions théoriques, le groupe souhaite ouvrir de nouveaux espaces d’expression et de partage. Il soutient également la diversité des formes de restitution de la recherche, des articles scientifiques aux expositions, en passant par les ateliers et les spectacles vivants. Son ambition est de fédérer une communauté interdisciplinaire et de renforcer les liens entre les artistes et les réseaux nationaux et internationaux de la SFE².

Les orchestres Sols & Arts sont une initiative européenne qui vise à promouvoir la préservation et la valorisation des sols au sein de nos sociétés, développés dans le cadre du projet SOILSCAPE (coordonné par l’AFES) dans 8 pays européens. Il s’appuie sur un réseau durable de plus de 440 organisations pluridisciplinaires à travers l’Europe. En mobilisant les arts comme vecteurs de sensibilisation, ce réseau cherche à faire découvrir les sols, à révéler leur importance et à encourager leur prise en compte, tant auprès des professionnel.les que du grand public. Parmi les temps forts de chaque « orchestre Sols & Arts» figurent les « Festivals Sols & Arts », qui proposent notamment des ateliers interactifs, des installations ou encore des performances artistiques.

L’ASE², membre de l’orchestre Sols & Arts français, propose une série de trois webinaires consacrés aux liens entre les arts, les sciences et les sols. Trois rencontres pour croiser les regards, partager des expériences et explorer de nouvelles manières de penser et de ressentir les sols.

Et si nous prenions le temps de regarder les sols autrement ?
Pour terminer l’année, rejoignez-nous pour ces trois rendez-vous qui invitent à décloisonner les disciplines, à faire dialoguer les sensibilités et les savoirs, et à imaginer ensemble de nouvelles façons d’habiter les sols. Artistes, scientifiques, professionnel.les des sols ou simples curieux.ses : vous êtes toutes et tous les bienvenu.es !
 
(1/3) Enquêter sur les sols autrement : regards croisés entre sciences humaines & sociales et pratiques artistiques – 2 décembre 2026 – 13h30-15h : Cie Mycellium (Cie d’art de Rue) et Lucile Wittersheim (post doc sur les sols au LADYSS/CEFE)

Cette séance propose de déplacer le regard porté sur les sols en croisant sciences sociales et pratiques artistiques. À partir de recherches inscrites dans les Humanités Environnementales sur les relations quotidiennes aux sols, il s’agira de considérer ceux-ci comme des mondes avec lesquels nous vivons, travaillons, composons et auxquels nous apprenons à prêter attention.
Le sol est un milieu vaste, en grande partie invisible, situé sous nos pieds, matériellement proche mais souvent difficile à saisir. Comment les sciences sociales et les pratiques artistiques enquêtent-elles sur ce monde, sur les relations qui s’y nouent, et sur les manières d’en faire l’expérience ?
La séance prendra la forme d’un échange avec Gabriel Soulard, de la compagnie Mycélium, autour de plusieurs projets consacrés aux sols dont « l’enquête de bassins Versol », fiction géographique qui vise à explorer les conséquences d’une transposition de la logique de bassin versant aux sols et questionner leur gouvernance. À travers ces travaux, nous nous intéresserons notamment aux enquêtes de terrain et aux enquêtes habitantes, et discuter des manières dont la création artistique peut contribuer à déplacer notre attention et notre rapport aux sols.
Il s’agira ainsi de mettre en regard différentes façons d’enquêter sur les sols et de rendre perceptibles les relations qui se tissent avec eux.
Gabriel est né en 1983, a grandi à côté de Nantes, entre les coteaux boisés et les marais de Loire, bottes au pied –quasiment- dès la naissance. Naturaliste depuis l’enfance, écologue et économiste de formation (maîtrise de science et technique à l’université de Rennes 1 et Master2 d’économie à Nantes), il a travaillé 9 ans sur les questions d’urbanisme au service de collectivités territoriales, notamment au sein des Parcs naturels régionaux, et poursuit en ce moment une mission de révision de charte en Guyane. Comédien et musicien autodidacte, il codirige la compagnie Mycélium, proposant des créations sur et avec la biodiversité et des concertations déconcertantes. Ces méthodes et outils de concertation alternatifs sont de l’art diplomate: mêlant culture vivante, créations plastiques, participation et expertises par l’enquête.

Lucile Wittersheim : Chercheuse dans les Humanités Environnementales, je travaille sur les relations que les sociétés entretiennent avec leurs milieux, et plus particulièrement avec les sols. Formée à l’écologie et à l’anthropologie, j’ai mené des recherches dans différents contextes urbains, insulaires et ruraux, en mobilisant l’ethnographie, la recherche-action et des approches à la croisée des arts et des sciences. Après une thèse consacrée aux relations de maraîchers à leurs sols et aux savoirs sensibles qui les accompagnent, je mène aujourd’hui un postdoctorat sur les manières dont des artistes contemporains dans les arts vivants se saisissent des sols, et explorent à travers eux de nouvelles formes d’attention, de perception et de création.

(2/3) Remède à la solastalgie des sols – 9 décembre 2026 – 13h30-15h : Jade Tang (artiste plasticienne) et Florence Maunoury-Danger (écologue des sols)

Alors que les sols sont au cœur de nombreux enjeux environnementaux et sociétaux, Jade Tang (artiste plasticienne) et Florence Maunoury-Danger (chercheuse en écologie des sols) croisent leurs protocoles, issus à la fois de la recherche scientifique et d’une démarche artistique sensible, ancrée dans l’observation, l’expérimentation de terrain et l’attention portée aux transformations des milieux. Ce dialogue entre nos pratiques permet de faire émerger des lectures complémentaires des sols, pour mieux comprendre, raconter et faire ressentir la complexité des sols, leurs dynamiques et leurs histoires.

Jade Tang est une artiste plasticienne dont la pratique mêle enquêtes de terrain et création, explorant des thématiques comme les chantiers domestiques ou les relations inter-espèces. Son approche transdisciplinaire l’a amenée à collaborer avec des chercheurs (sociologues, historiens, archéologues) et à intégrer des programmes comme SPEAP (Bruno Latour). Ses projets, à l’intersection de l’art et des sciences de l’écologie, interrogent notre rapport au vivant et aux enjeux environnementaux.

Florence Maunoury-Danger est enseignante-chercheuse en écologie à l’Université de Lorraine, spécialisée dans l’étude des écosystèmes dégradés (friches industrielles, sols contaminés) et leur fonctionnement ainsi que la biodiversité qu’ils abritent. Elle développe aussi des collaborations avec des artistes, notamment pour explorer de nouvelles formes de transmission des savoirs.
 

(3/3) Sous Terre – 16 décembre 2026 – 13h30-15h : Mathieu Burniat et Marc-André Selosse sur la BD Sous terre

Nous méconnaissons que la vie sur Terre se passe surtout… sous terre. Les sols sont construits par la biodiversité qu’ils hébergent : elle représente entre 25 et 60% des espèces décrites ! Celles-ci vivent et se nourrissent de façons incroyablement variées, qui assurent le fonctionnement des écosystèmes terrestres, la fertilité des sols et la vie des racines. La biodiversité fonctionnelle du sol influence jusqu’à la fertilité des lacs et des océans, en passant par le climat ! Hélas, le sol a été géré des millénaires durant sans conscience des blessures induites : urbanisation, agriculture intensive, érosion, salinisation… Pourtant, certaines agricultures ont déjà mis en place des solutions.

Marc-André Selosse, né en 1968, est professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et à l’Université de Gdansk. Mycologue et botaniste, ses travaux portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Il a publié de nombreux articles scientifiques mais également des articles et des ouvrages grand public comme « Jamais seul » ou « L’origine du monde », et partage ses recherches via des chroniques (France-Inter, Le Point). Membre de plusieurs académies et éditeur de revues scientifiques, il allie rigueur scientifique et vulgarisation. Il est co-auteur de la bande dessinée « Sous Terre » avec Mathieu Burniat (Sous Terre, 2021, Dargaud).

Mathieu Burniat est né en 1984 à Bruxelles. Après des études en design industriel à La Cambre, il se rend compte qu’il préfère raconter des histoires plutôt que de pondre des objets inutiles et se lance à corps perdu dans la BD. Ses récits, très éclectiques, s’inspirent de ses passions, comme la gastronomie (« la passion de dodin bouffant »), la physique quantique (« le mystère du monde quantique ») ou le monde du vivant (« sous terre »). Après une carrière très solitaire, Il se décide à faire équipe avec des auteurs dont il admire le travail. C’est ainsi qu’il dessine « Furieuse » sur un scénario de Geoffroy Monde, et écrit la série « Foudroyants » pour les Kerascoët.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: florence.maunoury-danger@univ-lorraine.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.