Type de mission : master M2

Institution de rattachement : CESCO – Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation (MNHN – Museum National d’Histoire Naturelle), CEA (Centre à Energie Atomique)

Rémunération : ~1600€ brut Temps de travail : 35h Droit aux congés : non

Adresse : CESCO, Campus Buffon, 43 Rue Buffon, 75005 Paris

Dates de commencement : de janvier à mars 2027

Durée : 6 mois

Encadrement : Kévin Barré (Concarneau), Benoit Charrasse (CEA Cadarache), Fanny Aguilera (CESCO)

Contexte et objectifs du stage :

Les chauves-souris sont un taxon très sociable au sein duquel la chasse en groupe constitue une stratégie essentielle. Il existe plusieurs avantages à rejoindre un groupe pour trouver de la nourriture : une potentielle dilution des risques de prédations (Gager, 2019) mais surtout une amélioration de la détection des proies et de l’efficacité de capture (Dechmann et al., 2009 ; 2010). En effet, outre leur capacité à produire des cris sociaux pouvant informer ou protéger une ressource alimentaire (Gager, 2018), l’utilisation de l’écholocalisation pour chasser entraine un partage indirect de l’information dont les individus peuvent bénéficier via de l’écoute clandestine (i.e. « eavesdropping », Fenton, 2003 ; Page & Bernal, 2019 ; Patriquin & Ratcliffe, 2023). Cette écholocalisation se décomposant en cris de recherche (« search call »), et – précédant une capture- en buzz d’alimentation (« feeding buzz ») peut informer sur la localisation, la densité, et peut-être même la vulnérabilité de la proie (Balcombe & Fenton, 1988, Fenton, 2003 ; Dorado-Correa et al., 2013).

Ces avantages sont contrebalancés par un inconvénient : la compétition pour cette même ressource. En particulier, l’utilisation de l’écholocation pour chasser entraine des interférences acoustiques à de hautes densités en individus. Quand de nombreuses chauves-souris volent ensemble, écholocalisant simultanément, les cris émis par les autres individus peuvent interférer et masquer l’écho nécessaire à l’orientation et la localisation d’une proie (i.e. « jamming », Goldshtein et al., 2024 ; Krivoruchko et al., 2014). En plus de pouvoir réguler leur présence sur des zones de chasse selon la densité en compétitrices (i.e. compromis de fourragement social ; Lewanzik et al., 2019 ; Krivoruchko et al., 2024), les chiroptères sont capables d’adopter différentes stratégies acoustiques pour minimiser ces interférences. Entre autres mécanismes, le jamming avoidance consiste à modifier la fréquence de leur émission acoustique pour ne plus subir de chevauchement avec leurs voisines (Ulanovsky et al., 2004). D’autres mécanismes sont observés, notamment une modification de la durée et de l’intensité des cris d’écholocalisation (plus longs et plus intenses chez Pipistrellus kuhlii, Amichai et al., 2015 ; le contraire chez Rhinopoma microphyllum, Cvikel et al., 2015b), mais aussi un arrêt de ces vocalisations (Chiu et al., 2008).

Ce stage propose de s’intéresser à ces leviers acoustiques utilisés par les chauves-souris afin d’éviter les interférences avec d’autres individus, et à l’impact de tels leviers sur le succès de fourragement des individus. Alors que ces différents mécanismes utilisés peuvent paraitre contradictoire dans la littérature, cette étude pourrait clarifier le débat en apportant de la nuance selon l’identité de l’espèce émettrice. Aussi, cela permettrait de déterminer si ces mécanismes acoustiques, qui sont coûteux énergétiquement, participent, ou non, au succès de fourragement des individus à de hautes densités en congénères. Ce travail s’effectuera sur un jeu de données déjà acquis, via une méthode de trajectométrie offrant la possibilité d’avoir des informations sur le nombre de chauves-souris en co-occurrence sur la zone de fourragement.

Missions :

• Travail sur données déjà acquises. Pas de terrain.
• Travail bibliographique sur les mécanismes acoustiques mis en place par les chiroptères ainsi que les niches acoustiques des espèces d’intérêt.
• Vérifications visuelles et acoustiques de spectrogramme de chauves-souris et mesure d’une variable de fourragement (succès de fourragement via un proxy acoustique).
• Analyses statistiques des données.
• Rédaction d’un rapport de stage, préparation d’un oral.
• Le stagiaire pourra aussi être amené à diffuser ces travaux via des communications orales internes au laboratoire ou auprès des partenaires.
• A prévoir : quelques déplacement sur le site du CEA de Cadarache au moins pour prise de fonctions et fin de stage

Le laboratoire :

Le CESCO est un laboratoire dynamique avec des personnes travaillant sur de nombreux sujets de recherche, des liens se font régulièrement entre les équipes grâce à des groupes de travail thématiques, des conférences et diverses présentations. La team chiro (groupe thématique du CESCO, basée à Concarneau) regroupe, bon nombre de personnes expertes qui travaillent sur plusieurs axes de recherche en chiroptèrologie et avec lesquelles il est enrichissant de collaborer tout en favorisant l’apprentissage et l’exploration d’autres pistes de recherche. Des visioconférences mensuelles se font entre les membres de ce groupe.

La personne recrutée aura l’occasions d’expérimenter la vie de laboratoire, et de s’intéresser aux nombreux sujets de recherches portés par le CESCO. Elle pourra continuer à développer ses compétences en bio-acoustiques, elle pourra également se former à la recherche fondamentale, à la chiroptèrologie ainsi qu’aux différentes étapes de la démarche de recherche.

Profil souhaité :

• Etudiant(e) niveau master 2 ou césure dans le domaine de l’écologie, intérêt pour l’acoustique et l’écologie comportementale.
• Compétences informatiques : R.
• Compétences et appétence pour les statistiques (appréciées).
• Bonnes capacités relationnelles.
• Autonomie, curiosité intellectuelle, être force de proposition.

Contact: Fanny Aguilera (fanny.aguilera@cea.fr), envoyer CV et lettre de motivation

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: fanny.aguilera@cea.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.