Offre de thèse au sein de l’UMR BAGAP (Institut Agro, Ecole Supérieure des Agricultures, INRAE), financée dans le cadre du projet DIVERCLIM (Région des Pays de la Loire et INRAE).
La consultation de l’offre et le dépôt des candidatures (avant le 28 juin) se font à cette adresse : https://amethis.doctorat.org/amethis-client/prd/consulter/offre/3609

Résumé :
Ce projet de thèse s’inscrit dans la réflexion « multifonctionnalité des paysages agricoles » du programme DIVERCLIM (Région Pays de la Loire) et mobilise l’UMR BAGAP avec un ancrage au sein du département ACT d’INRAE. Son objet principal est d’analyser les liens entre les objectifs de gestion, les pratiques de pâturage et la biodiversité végétale des Espaces Herbacés Non dédiés Initialement à l’Élevage (EHNIE) : inter‑rangs de vignes ou d’arboriculture, prairies péri‑urbaines et zones naturelles protégées. Si le rôle du pâturage sur la richesse et la composition floristique des prairies permanentes en élevage est bien documenté, les effets dans ces EHNIE restent peu étudiés, alors même que les gestionnaires (collectivités, agriculteurs, associations…) confient souvent la mise en œuvre à des éleveurs confrontés à des contraintes climatiques croissantes pouvant limiter leurs marges de manœuvre pour mettre en place des pratiques favorables à la biodiversité.

La thèse vise : (i) à recenser les objectifs poursuivis par les différents acteurs (conservation de la biodiversité, réduction des intrants chimiques, création de lien social, adaptation aux sécheresses, etc.) ; (ii) à décrire comment les pratiques de pâturage (intensité, répartition, durée) s’ajustent à ces objectifs ; (iii) à mesurer leurs répercussions sur la diversité et la dynamique végétale (richesse spécifique, espèces dominantes, dispersion des graines) ; et (iv) à quantifier l’influence des aléas climatiques sur l’évolution des pratiques et sur les communautés végétales.

Le travail s’articulera autour de : (1) un état des lieux des démarches de pâturage et des acteurs impliqués (enquêtes semi‑directives) ; (2) une analyse de la place des EHNIE dans les systèmes de production ; (3) des relevés de végétation couplés à des approches d’écologie des communautés et des populations, incluant des expérimentations sur la dispersion des graines ; et (4) une mise en relation de ces données avec les variables environnementales locales et les politiques territoriales (Natura 2000, zones humides, etc.).

Ce cadre interdisciplinaire vise à renforcer la compréhension des services écosystémiques offerts par les prairies multi‑fonctions et à proposer des stratégies d’adaptation face au changement climatique qui n’affecte pas la biodiversité.

Mots clés : flore patrimoniale et ordinaire pays de la loire prairies naturelles

Enjeux du projet :
En contexte agricole d’élevage, les systèmes prairiaux sont reconnus pour leur contribution possible à la conservation de la biodiversité dans les paysages (Magnanon et Vertes 2019). De nombreux travaux ont déjà croisé des approches agronomiques et écologiques pour évaluer l’influence des pratiques agricoles (conduite du troupeau, fertilisation…) sur la biodiversité des prairies permanentes (notamment concernant la flore, Gaujour et al. 2012, Waldén et al. 2017) et temporaires (Roche et al. 2010).
L’évolution des pratiques de gestion des milieux prairiaux conduit à l’introduction d’animaux dans de nombreux espaces prairiaux non dédiés initialement à la production animale, et mobilisant de plus en plus des pratiques de pâturage, ou même d’éco-pâturage (Eychennes et al. 2020). Les travaux sur la sécurisation des ressources fourragères face au changement climatique se sont principalement focalisés sur des changements à l’échelle de la parcelle (itinéraire technique, espèces semées, …) ou du système fourrager (durée de pâturage, chargement…) (Graux et al. 2013). Pourtant la mobilisation de nouveaux espaces est aussi une solution qui peut être mise en œuvre dans cet objectif (Ducourtieux et al. 2023) et la composition de la végétation de ces prairies mérite alors une analyse incluant l’évaluation de leur valeur fourragère. Les conséquences de ces mobilisations de nouvelles surfaces sur le fonctionnement des élevages qui sont encore peu étudiées (Delfosse et Baysse-Lainé 2017). De plus, malgré l’intérêt grandissant pour les services écosystémiques auxquels peuvent contribuer les prairies (Bengtsson 2019, Zhao et al. 2020), il n’y a encore que très peu d’évaluations écologiques de ces nouvelles pratiques (Delfosse et Baysse-Lainé 2017, Lambert et al. 2023). Il serait en effet nécessaire de mieux évaluer les conséquences de ces activités d’élevage sur la flore de ces prairies, notamment au regard de leur intérêt patrimonial, mais aussi sur les dynamiques de végétation pouvant être influencées par les dispersions, par les troupeaux, de graines de plantes souhaitées ou non désirables (Chu et al. 2019, Green et al. 2022).
Il est donc nécessaire de mieux comprendre les caractéristiques de biodiversité dans ces divers espaces prairiaux, mais aussi leurs relations avec les démarches et logiques d’action de la diversité de gestionnaires : agriculteurs, collectivités, prestataires privés, associations… D’une part les motivations et objectifs de mise en œuvre de ces pratiques de pâturage peuvent être très variables (favoriser la biodiversité, réduire les intrants chimiques, rétablir un lien social, diminuer le temps de travail, répondre à des problèmes d’accessibilité des parcelles par des engins mécaniques…) et méritent une analyse plus approfondie (Martel et al. 2020), et, d’autre part, leurs effets sur la biodiversité restent très rarement évalués non seulement en termes de maintien de races anciennes, mais aussi pour les enjeux de biodiversité notamment ordinaire dans les territoires.

Pré-requis :
Ci dessous un listing non exhaustif des compétences et connaissances d’intérêt pour mener à bien ce projet :
– Connaissances écologie des communautés ou populations végétales
– Connaissances souhaitées en zootechnie système
– Pratiques souhaitées d’entretien semi-directifs
– Méthodes d’analyse de végétation et flore prairiale
– Bibliographie, rédaction, analyses de données
– Maitrise de l’anglais
– Travail de terrain
– Connaissances de base en SIG souhaitées
– Permis de conduire

Les candidatures retenues passeront un oral le mardi 7 Juillet 2026

Présentation des moyens :
La thèse s’intègre au programme de recherche DIVERCLIM (DIVERsification des activités agricoles et des paysages pour l’adaptation au changement CLIMatique) du dispositif « Chaire Territoire d’Avenir » financé par la région Pays-de-Loire. Ce programme interdisciplinaire en SHS est piloté par l’INRAE (coord. R Melot). Il réunit les laboratoires SMART (économie), BAGAP (écologie), ESO (géographie). L’hypothèse de recherche est que la diversification, à toutes les échelles de l’exploitation agricole à l’espace régional, est un levier pour limiter les vulnérabilités des territoires face au changement climatique. La thèse prend place dans l’axe 1 « Multifonctionnalité des paysages agricoles diversifiés » qui implique l’UMR BAGAP mais aussi l’UMR ESO.

La personne retenue sera intégrée au sein de l’UMR BAGAP sur le site de l’InstitutAgro Rennes-Angers, à Angers et aura donc un environnement très fécond autour de l’écologie dans les milieux agricoles. Gilles Martel est situé dans les locaux de l’Ecole Supérieure des Agricultures à Angers et pourra donc être présent facilement.
Des collaborations ont déjà été initiées dans le projet avec la Chambre d’Agriculture qui pourra faire des relevés floristique et fournir des informations sur les systèmes de productions mis en place dans différents espaces d’intérêt pour le projet. Des échanges sont en cours aussi avec la LPO qui gère un Espace Naturel Sensible avec du pâturage.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: herve.daniel@agrocampus-ouest.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.