Stage rémunéré d’une durée de 6 mois, entre début janvier/mars et fin juin/août (dates exactes à définir selon les disponibilités), au sein de l’INRAE – UMR BIOGECO de Cestas-Pierroton (33).
Contexte du stage
Les forêts jouent un rôle essentiel pour les sociétés humaines en fournissant de nombreuses contributions (production de bois, stockage de carbone, contributions non matérielles, etc.). Cependant, ces contributions sont menacées par les espèces invasives d’insectes, qui, une fois établies, peuvent devenir des ravageurs récurrents (Liebhold et al. 1995; Peltzer et al. 2010). Ces insectes, en endommageant le feuillage et en altérant la capacité photosynthétique des arbres, réduisent leur croissance et peuvent même modifier la structure des cellules formant le bois, augmentant ainsi leur vulnérabilité à d’autres stress et contribuant au dépérissement (Kovacs et al. 2010; Ramsfield et al. 2016).
Parmi ces insectes invasifs, la punaise réticulée du chêne (Corythucha arcuata) mérite une attention particulière. Originaire d’Amérique du Nord et introduite en Europe au début des années 2000, elle s’est rapidement répandue. Elle produit jusqu’à trois générations par an, colonisant les chênes d’avril à octobre. L’alimentation des larves et des adultes détruit les cellules du mésophylle foliaire, provoquant des taches jaunes à blanches et réduisant l’activité photosynthétique. Les impacts cumulés peuvent entraîner jusqu’à 58 % de perte photosynthétique en août, et peuvent mener à des défoliations prématurés (Paulin and Csóka 2026). Pourtant, les conséquences de l’expansion rapide de la punaise réticulée sur la croissance et la survie des chênes, tant adultes que juvéniles, reste peu étudiée.
Deux approches seront utilisées pour combler ce manque de connaissances :
1/ une approche dendrochronologique documentant les changements dans la croissance secondaire des chênes pédonculé et sessile suite à l’introduction de la punaise réticulée sur le territoire européen.
2/ l’analyse des échecs de plantation à partir des données fournies par l’Office national des Forêts (ONF) et le Département de Santé des Forêts (DSF), partenaires du projet.
Le stage est adossé à un travail de thèse et bénéficie d’une collaboration internationale pour l’acquisition d’une partie du matériel biologique (carottes de bois). La personne recrutée participera à l’acquisition des échantillons en France, à la préparation des carottes de bois (en partenariat avec la plateforme PHENOBOIS, présente sur le site de l’INRAE de Pierroton) et à l’analyse des données dendrométrique. Elle analysera également les échecs de plantation en mobilisant ses compétences en statistiques
Activités principales :
Bibliographie sur l’impact de l’herbivorie sur la formation du bois et le dépérissement des peuplements forestiers.
Traitement d’échantillons de bois, nettoyage des données (ajustement des séries dendrochronologiques)

Analyse des résultats

Rédaction d’un rapport

Participer ponctuellement à d’autres études menées en entomologie et écologie forestière par l’équipe Biodiv et assister à des conférences organisées par l’UMR si souhaité
Organisation du stage
Ce stage est encadré par Tom Barlier, doctorant dans l’équipe Biodiv au sein de l’UMR BIOGECO.
Des échanges avec d’autres partenaires du projet sont également prévus, notamment avec Maude Toïgo, maîtresse de conférences à Bordeaux Sciences Agro, et Maarten de Groot, chercheur à l’Institut slovène des forêts.
Un bureau et un ordinateur seront mis à disposition pour l’accueil de l’étudiant·e au sein des locaux de l’unité BIOGECO à l’INRAE de Cestas-Pierroton, 69 route d’Arcachon, 33610 Cestas.
Profil
Étudiant.e en Master 2 ou en 3ème année d’école d’ingénieur.

– Appétence pour l’entomologie
– Intérêt pour l’analyse de données
– Connaissance du langage R
– Organisation, rigueur et autonomie, avec esprit critique et capacité à travailler en équipe
Candidature
CV et lettre de motivation à envoyer à tom.barlier@inrae.fr
Accessibilité du site
Le site est accessible de Bordeaux en voiture en environ 30 minutes. Il est également possible de s’y rendre en transports en commun en prenant le train jusqu’à Gazinet-Cestas, puis une navette reliant la gare au laboratoire. Cette dernière option est remboursée à 75 % par l’INRAE.
Description de l’institut
L’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) est un institut public français dédié aux sciences du vivant appliquées à l’agriculture, à l’alimentation et à l’environnement.
L’UMR BIOGECO (Biodiversité, Gènes et Communautés), unité mixte INRAE – Université de Bordeaux, regroupe une centaine d’acteurs et actrices de la recherche étudiant les mécanismes qui régissent la structure et le fonctionnement des communautés d’organismes.
Bibliographie

Kovacs KF, Haight RG, McCullough DG, et al (2010) Cost of potential emerald ash borer damage in U.S. communities, 2009–2019. Ecol Econ. https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2009.09.004
Liebhold AM, MacDonald WL, Bergdahl D, Mastro VC (1995) Invasion by Exotic Forest Pests: A Threat to Forest Ecosystems. For Sci 41:a0001-z0001. https://doi.org/10.1093/forestscience/41.s1.a0001
Paulin MJ, Csóka G (2026) 25 years in Europe: a review of the results and knowledge gaps concerning the rapidly spreading invasive oak lace bug (Corythucha arcuata). J Pest Sci 99:104. https://doi.org/10.1007/s10340-026-02063-9
Peltzer DA, Allen RB, Lovett GM, et al (2010) Effects of biological invasions on forest carbon sequestration. Glob Change Biol. https://doi.org/10.1111/j.1365-2486.2009.02038.x
Ramsfield TD, Bentz BJ, Faccoli M, et al (2016) Forest health in a changing world: effects of globalization and climate change on forest insect and pathogen impacts. Forestry. https://doi.org/10.1093/forestry/cpw018

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: tom.barlier@inrae.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.