Proposition de stage M2 : Modélisation de la dynamique sociale et des mouvements de l’éléphant d’Asie,
un herbivore social — prédire les zones de conflits et les périodes à risque
Contexte : La cohabitation entre sociétés humaines et grande faune constitue un enjeu majeur de
conservation en Asie du Sud-Est. Chez l’éléphant d’Asie (Elephas maximus), les dégâts aux cultures et les
accidents humains sont fortement concentrés dans l’espace et dans le temps : ils dépendent de la
configuration des zones agricoles, de la phénologie des cultures, de la saisonnalité des ressources en forêt
et de l’accès à l’eau. Prédire où et quand ces événements surviennent reste difficile, notamment parce
que les éléphants ne se déplacent pas comme des individus indépendants.
Les éléphants d’Asie présentent une organisation sociale de type fission-fusion encore peu décrite dans la
littérature : les unités familiales se scindent et se regroupent à des échelles de temps allant de l’heure à la
saison, et la taille des groupes varie fortement selon la disponibilité des ressources et le risque perçu. Ces
processus de fission-fusion peuvent également influencer les déplacements et l’utilisation des différents
habitats. L’objectif du stage est d’explorer, à l’aide de simulations, comment la dynamique sociale des
éléphants peut influencer leurs mouvements dans un paysage hétérogène, puis de confronter les patrons
obtenus aux observations disponibles.
Les modèles individus-centrés (IBM, agent-based models) permettent de formaliser des règles
comportementales issues de la littérature académique et des rapports techniques, de simuler les
trajectoires et les décisions des individus dans un paysage réaliste, puis de confronter les patrons
émergents (distribution des tailles de groupes, domaines vitaux, fréquence et localisation des incursions)
aux observations disponibles. Ils offrent ainsi un cadre intéressant pour étudier les conséquences de la
dynamique sociale à partir de données empiriques hétérogènes.
Le modèle pourra être confronté aux données disponibles pour une population d’éléphants sauvages au
Laos, qui comprennent des informations issues de pièges photographiques, du suivi génétique non invasif,
des registres de dégâts et d’enquêtes villageoises.
Objectifs : L’objectif de ce stage est de développer un modèle individu-permettant d’explorer les liens
entre dynamique sociale (fission-fusion) et mouvement dans un paysage hétérogène saisonnier, afin
d’identifier les zones et les périodes à risque de conflits humain-éléphant. Plus précisément, le/la stagiaire
devra :
1. Réaliser une synthèse quantitative des paramètres disponibles (tailles et stabilité des groupes, taux
de fission et de fusion, distances journalières parcourues, sélection d’habitat, saisonnalité, réponse
aux zones anthropisées) à partir de la littérature académique et des rapports techniques.
2. Développer un modèle individu-centré simulant, dans un paysage spatialisé, les déplacements
individuels, les règles d’agrégation et de séparation des groupes, et les décisions d’incursion en
zone cultivée.; le modèle sera documenté e manière à expliciter les principales hypothèses et règles
comportementales.
3. Comparer les résultats des simulations aux principaux patrons observés dans les données
disponibles au Laos disponibles au Laos, notamment la distribution des tailles de groupes et
localisation et sla aisonnalité des dégâts déclarés.
4. Explorer, à titre de prolongement, la manière dont la configuration du paysage et la dynamique
sociale peuvent modifier la distribution des déplacements et des incursions en zone cultivée.
Approches et méthodes
• Modélisation individu-centrée et simulation spatialement explicite sous R.
• Utilisation de packages R adaptés à la simulation des mouvements et à l’analyse des données
spatiales et comportementales. Les outils seront choisis et adaptés en fonction du modèle
développé au cours du stage.
• Construction du paysage virtuel à partir de couches d’occupation du sol, d’hydrographie, de
topographie et de la distribution des villages et des parcelles cultivées.
• Analyse de la sensibilité du modèle à quelques hypothèses ou paramètres clés et comparaison des
simulations aux données disponibles.
• Confrontation des sorties du modèle aux données empiriques disponibles (pièges photographiques,
données génétiques, registres de dégâts) et production de cartes de risque saisonnières.
Profil recherché
• Master 2 en écologie, biostatistiques ou modélisation.
• Compétences en analyse de données et programmation avec R requises ; une expérience de la
simulation, des données spatiales (SIG) ou de NetLogo est un plus.
• Intérêt pour l’écologie du mouvement, le comportement social, la conservation et les interactions
humain-faune sauvage.
Encadrement : Le stage sera encadré par Gilles Maurer et Sarah Cubaynes et basé au CEFE à Montpellier
(équipe HAIR, département Conservation et Dynamique de la Biodiversité).
Durée : 5–6 mois au printemps 2027.
Candidature : envoyez votre candidature (CV + lettre de motivation) à gilles.maurer@cefe.cnrs.fr avant le
9 octobre 2026.
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