1. Contexte de l’étude
La diversification végétale des agrosystèmes favorise la présence des ennemis naturels des ravageurs en (i) leur fournissant une diversité de ressources alimentaires et d’abris et (ii) limite la présence des ravageurs spécialisés en offrant un environnement moins favorable à leur dispersion (Nicholls & Altieri, 2004). Ces hypothèses sont soutenues par plusieurs méta-analyses dans différents systèmes de culture et à différentes échelles (Lichtenberg et al., 2017). Cependant, ces tendances générales ne sont pas suffisantes pour les applications concrètes, notamment par les agriculteurs qui cherchent à changer leurs pratiques, et des données supplémentaires et plus précises sont nécessaires pour caractériser la fonctionnalité en terme de régulations biologiques. Les Phytoseiidae sont les ennemis naturels les plus fréquents et les plus efficaces dans les vignobles (Duso et al., 2010; 2012). La plupart sont généralistes et capables de se nourrir de proies (acariens et larves de petits insectes) et d’autres ressources alimentaires (pollen, nectar, mycélium) (Duso et al., 2004; McMurtry et al., 2013). Des études ont montré que leur présence dans les systèmes viticoles, notamment sur les arbres et haies aux alentours peut affecter positivement la lutte biologique contre des ravageurs (Duso et Pasqualetto 1993 ; Tixier et al., 1998, 2000a, 2000b). D’autres travaux étudiant l’impact de l’agroforesterie dans des vignobles sur les Phytoseiidae ont montré un léger effet en fonction des arbres co-plantés et des cépages (Barbar et al., 2006 ; Liguori et al., 2011). Quelques études se sont également intéressées à l’effet des couverts végétaux en tant que réservoir de Phytoseiidae, mais les connaissances sur cet impact sont limitées (Vogelweith & Thiery 2017; Moth et al., 2021; Sáenz-Romo et al., 2019). En effet, la fourniture d’un habitat adapté et de ressources alternatives dépend des espèces végétales réellement présentes dans les agrosystèmes, du fait de la relation étroite entre les espèces Phytoseiidae et les caractères phénotypiques des plantes (Tixier, 2018).
2. Objectifs du stage
Ce travail est réalisé sur la parcelle expérimentale de vigne « SALSA » appartenant au réseau DEPHY Expe (plan Ecophyto) dont l’objectif est d’évaluer la performance de systèmes viticoles alternatifs visant à diminuer d’au moins 80% l’IFT (à Villeneuve-lès-Maguelone). Plusieurs leviers sont étudiés : résistance variétale, enherbement et agroforesterie. Trois systèmes de culture suivant un gradient de diversification végétale sont testés : (i) un système témoin conduit en conventionnel avec la variété résistante au mildiou et à l’oïdium Artaban et le cépage Syrah, (ii) un système agroécologique utilisant le cépage Artaban, un enherbement dans l’inter-rang et (iii) un système agroécologique similaire au précédent avec des arbres co-plantés (agroforesterie). L’objectif de cette étude est donc d’évaluer comment la gestion végétale, y compris la présence ou l’absence de cultures intercalaires, affecte la
diversité et l’abondance des Phytoseiidae et de leurs proies sur les vignes. De plus, nous examinerons si les plantes des cultures intercalaires et les arbres co-plantés agissent comme réservoirs de Phytoseiidae. D’autres études complémentaires pourront être mises en place selon les motivations / temps du stagiaire, notamment un travail sur des ressources alimentaires complémentaires (pollen), la caractérisation des habitats favorables aux acariens prédateurs, avec un accès aux données de terrain des années précédentes (2022, 2023). Ces différents objectifs contribueront à mieux comprendre les interactions complexes entre la diversité végétale, les Phytoseiidae et la régulation des ravageurs dans les vignobles méditerranéens.
Les missions seront principalement les suivantes :
1. Caractérisation de la faune sur les différents systèmes et compartiments :
 Collecte de la faune sur les vignes, couvert végétaux, arbres co-plantés et flore environnante (1 période d’échantillonnage)
 Dénombrement des différents groupes d’arthropodes en laboratoire des échantillons
 Montage entre lame et lamelle des Phytoseiidae pour future identification des espèces
2. Caractérisation des couverts végétaux (avec l’équipe des UMR ABsys et CEFE, participation à l’identification des espèces végétales présentes, leurs taux de recouvrement, la biomasse associée…)
3. Mise en place de protocoles complémentaires selon les motivations du stagiaire et la date de début du stage
4. Mise en forme des données
5. Analyses des données issues du dispositif : analyses de variances, GLM, analyses multifactorielles
3. Profil recherché
– Niveau Ingénieur 3A ou M2, ou stage de M1 + césure de 6 mois
– Un intérêt pour le terrain et le laboratoire
– Capacité à suivre des protocoles expérimentaux
– Traitements statistiques sous R et mise en forme des résultats scientifiques
4. Conditions de réalisation du stage
– Début à partir de mai 2024 mais une flexibilité est possible
– Encadrement par Marie-Stéphane Tixier et Lou Tabary
– Le stagiaire travaillera au CBGP, sur le site de Baillarguet à 15 kms de Montpellier (accès bus)
– Rémunération en vigueur, carte de cantine (cirad à côté du laboratoire)
Les candidatures sont à envoyer à Tixier Marie-Stephane marie-stephane.tixier@supagro.fr et Tabary Lou lou.tabary@supagro.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: lou.tabary@supagro.fr

Pour toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.