Le contexte
La France s’était engagée en 2010 sur la restauration de 15% de ses écosystèmes dégradés d’ici 2020 (Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020). La troisième Stratégie nationale pour la Biodiversité 2021-2030 « accélère l’engagement de la France en faveur de la biodiversité en proposant 40 mesures précises autour de 4 axes pour atteindre les ambitions portées par le cadre mondial de la biodiversité d’ici 2050 », dont restaurer la biodiversité dégradée partout où c’est possible. Le Règlement européen pour la Restauration de la Nature, entré en vigueur le 18 août 2024, combine un objectif global de restauration de la nature à long terme dans les zones terrestres et maritimes de l’UE avec des objectifs contraignants de restauration pour des habitats et des espèces spécifiques. Ces mesures doivent couvrir au moins 20% des zones terrestres et maritimes de l’UE d’ici 2030 et, d’ici 2050, tous les écosystèmes nécessitant une restauration (European Commission 2025). Pour ce faire, les États Membres doivent établir des plans nationaux de restauration avant le mois d’août 2026. Or pour pouvoir estimer l’atteinte de l’ensemble de ces objectifs, il faut acquérir une connaissance des opérations de restauration menées sur les écosystèmes dégradés. Quelle surface a fait l’objet d’une opération de restauration écologique ? Quels écosystèmes ont été restaurés ? Quels objectifs de restauration ont été fixés ? Quelles techniques ont été utilisées ? Il est actuellement impossible de répondre à ces questions (en France, et dans la plupart des autres pays). En effet, il n’existe pas de recensement des opérations de restauration prenant en compte les caractéristiques des espaces ayant fait l’objet d’opérations de restauration écologique. Il existe cependant de nombreux articles publiés dans des revues scientifiques ou de vulgarisation sur des projets individuels ou sur des méthodes. Il y a aussi un recensement de nombreux retours d’expérience au sein du centre de ressources du génie écologique (http://www.genieecologique.fr/retours-experiences). Il y a également quelques bases de données sur des méthodes bien précises (par exemple le génie végétal https://genibiodiv.inrae.fr/base-de-donnees-des-ouvrages/) ou sur des contextes particuliers (par exemple des projets de compensation : https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/mesures-compensatoires-des-atteintes-a-la-biodiversite). Malgré toutes ces données, collectées et bancarisées pour répondre à des objectifs précis, il est aujourd’hui impossible de quantifier précisément quelle surface a déjà fait l’objet de travaux de restauration en France, ni quelle proportion concerne un habitat en particulier, ni d’identifier quelles sont les techniques les plus utilisées ou quels sont les acteurs de ces projets de restauration.
L’objectif de la base de données BDRest est d’améliorer l’état de nos connaissances sur la restauration des milieux terrestres et d’interface en France en s’appuyant sur le recensement le plus exhaustif possible des opérations de restauration écologique à l’échelle nationale. Ce recensement va permettre :
• de connaître et pouvoir synthétiser ce qui a été restauré à l’échelle nationale (en terme de surface/linéaire, dans quels territoires, sur quels écosystèmes, avec quelles techniques, par quels acteurs, etc.) ;
• pour des institutions nationales et internationales, de pouvoir évaluer l’atteinte des objectifs de 15% de restauration des écosystèmes (cf objectifs d’Aichi) ou l’atteinte de certains des objectifs du Règlement européen pour la Restauration de la Nature ;
• pour des praticiens, de pouvoir trouver des informations sur des projets analogues à leurs projets futurs ;
• pour des chercheurs, de pouvoir analyser les dynamiques des restaurations à différentes échelles ;
• pour des enseignants et formateurs, de pouvoir montrer et s’appuyer facilement sur des cas concrets.
Ce recensement, déjà commencé et inclus dans BDRest s’intégrera au système d’information sur la restauration (SIR) comme un des outils pour le rapportage du Règlement européen sur la Restauration de la Nature.
Missions du poste
La personne recrutée sera en charge de l’animation du projet BDRest et devra réaliser la partie technique de ce projet (animation et communication autour de la base de données, remplissage de la base de données, formation des partenaires à l’utilisation de la plateforme web et organisation du maintien et développement de la base). Les précédents travaux réalisés sur BDRest ont permis la construction de la base de données et un premier remplissage d’une cinquantaine de projets de restauration. Un plan de remplissage a été établi et doit maintenant être mis en œuvre. Dans le même temps, il faudra poursuivre les efforts de communication autour de la base de données et maintenir le lien avec les différents réseaux d’acteurs (groupes de travail et ateliers autour des bases de données en restauration, suivi des initiatives de recensement des actions de restauration des partenaires). Une autre partie des missions consistera en un travail de développement de BDRest qui nécessitera des recherches bibliographiques. La base de données BDGeniVeg, sur des ouvrages de génie végétal en berge de cours d’eau, sera en parallèle maintenue et alimentée tout au long de ces missions. Il s’agira de poursuivre la communication sur cette base de données également et de veiller à poursuivre son remplissage à travers la formation de stagiaires, doctorant.es et contractuel.les à l’utilisation de formulaires ODK mais aussi d’une campagne de terrain annuelle à organiser et/ou coordonner.
Activités principales
Il faudra mener en parallèle différentes tâches :
– Animation et gestion de BDRest (organisation et animation de réunions, suivi administratif du projet, organisation et animation de formations, liens avec les réseaux autour de la restauration écologique en France, liens avec les partenaires)
– Communication sur BDRest auprès des partenaires, utilisateurs potentiels de BDRest et acteurs de la restauration écologique
– Remplissage de la base de données BDRest (entretiens visio, encadrement stage/CDD, suivi des travaux similaires des partenaires)
– Alimentation de la base de données BDGeniVeg : campagnes de terrain et formation à l’utilisation du logiciel ODK pour le remplissage
– Rédaction (rapport d’avancement, documentation technique, rapport bilan, participation à un datapaper)
– Contribution au développement et au maintien des bases de données BDRest et BDGeniVeg en interactions avec les ingénieurs BDD ayant conçu BDRest (R, SQL, Grist, ODK)
– Une sortie terrain annuelle sur les ouvrages de génie végétal et la saisie sur BDGeniVeg des ouvrages visités
Contraintes spécifiques
Le poste sera localisé à Saint-Martin d’Hères (Isère) dans les bâtiments du Laboratoire Ecosystèmes et Sociétés en Montagnes (https://lessem.lyon-grenoble.hub.inrae.fr/) au sein de l’équipe RESTORE (Restauration Ecologique : Théorie, Processus et Pratiques) en interaction avec Renaud Jaunatre, Delphine Jaymond, Frédéric Bray et André Evette.
Connaissances et compétences recherchées
– Animation de réunion
– Gestion de projet en recherche
– Gestion de bases de données PostgreSQL/Postgis
– R et SQL niveau intermédiaire
– SIG niveau intermédiaire (QGis et R/SQL en spatial)
– Connaissances avancées en écologie de la restauration
Qualités recherchées
– Relationnelles
– Médiation informatique – écologie
– Rigueur
Niveau de diplôme minimum / souhaité : Master 2 ou diplôme d’ingénieur
Spécialité : écologie
Expérience professionnelle exigée/souhaité : 5 ans en animation de réseau et connaissances en bases de données
Salaire entre 2500 et 3000 euros par mois brut en fonction du diplôme et de l’expérience
Contact : bdrest@inrae.fr
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