Contexte du recrutement :
Cinq des sept espèces de tortues marines présentes dans le monde fréquentent les eaux des Antilles françaises dont trois sont en danger d’extinction au niveau mondial : la tortue imbriquée (« en danger critique d’extinction », CR), la tortue verte (« en danger », EN) et la tortue Luth (« vulnérable », VU). L’une des causes de mortalité des tortues marines aux Antilles françaises est la capture accidentelle par certains engins de pêche, en particulier les filets maillants de fond. Ces captures accidentelles ont aussi un impact négatif pour les professionnels de la pêche par la dégradation de leur matériel de pêche, la baisse de leur rendement de pêche (diminution des captures d’espèces cibles, temps consacré à la réparation du matériel, etc.) et des craintes liées aux interactions non désirées avec ces espèces protégées.

Les tortues marines font l’objet d’un Plan National d’Actions aux Antilles Françaises (le PNATMAF, 2018-2027) qui définit les actions à mettre en œuvre pour une amélioration de leur état de conservation. Le projet TOPASE (TOrtues et Pêche Accidentelle : vers des Solutions de réductions Efficientes) s’inscrit dans ce cadre et répond ainsi à plusieurs objectifs du PNATMAF, et particulièrement celui d’« accompagner les professionnels dans la recherche et mise en place de techniques de pêche alternatives ». Débuté en novembre 2020, le projet est financé par le Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP) pour sa mesure 39 qui vise à « favoriser la conservation des ressources biologiques marines exploitées et des écosystèmes marins, par le développement d’équipements ou de pratiques innovants qui améliorent la sélectivité, réduisent les captures non désirées ou limitent l’incidence des activités de pêche sur les écosystèmes marins ». Il est conduit par le CNRS (chef de file), en partenariat avec l’IFREMER et le Parc national de la Guadeloupe.

Déployé sur les territoires de Guadeloupe et de Martinique, le projet s’articule autour des 4 objectifs spécifiques suivants :
• Mettre en place un partenariat durable avec les marins pêcheurs professionnels ;
• Proposer des engins de pêches innovants pour limiter l’impact de la pêche sur les tortues marines et leur habitat ;
• Proposer des pratiques de pêches innovantes pour diminuer l’incidence des captures accidentelles de tortues marines ;
• Assurer un engagement de ces pratiques dans la durée, à l’échelle des deux territoires.

Dans ce contexte, le CNRS recrute deux stagiaires pour contribuer à la mise en œuvre du projet TOPASE en Guadeloupe.

Missions du stagiaire :
Le(la) stagiaire fera partie de l’équipe de coordination du projet TOPASE, composée d’un coordinateur scientifique et d’une chargée de mission en Guadeloupe. Le(la) stagiaire contribuera au déploiement opérationnel du projet TOPASE en Guadeloupe.

Le/la stagiaire aura pour principales missions :
i) La collecte et l’analyse de données de captures d’espèces halieutiques et de paramètres environnementaux lors de tests appariés réalisés en mer afin d’évaluer l’effet de dispositifs de dissuasion visuels (VDD) sur la rentabilité de pêche et sur la capturabilité des tortues marines,
ii) L’analyse d’images de caméras sous-marines associées à des engins de fond pour l’étude de leur comportement et des espèces qui interagissent avec,
iii) L’analyse des données issues des entretiens menés avec les marins pêcheurs professionnels du territoire dans le cadre de la mise en place d’un partenariat durable.

Activités :
Marées expérimentales
– Embarquements réguliers à bord de navires de pêche artisanaux en action de pêche
– Relevés de paramètres environnementaux en mer
– Identification d’espèces halieutiques débarquées
– Collecte de mesures biométriques (espèces halieutiques et tortues marines)
– Collaboration interactive avec les marins-pêcheurs
– Contribution à la mise en place d’une base de données
– Participation à la saisie et au traitement des données, ainsi qu’à l’analyse statistique des premiers résultats
– Intégration du retour d’expérience des marins-pêcheurs sur les tests appariés pour l’évolution du protocole
– Aide à la formulation de recommandations sur les pratiques innovantes limitant la mortalité des tortues marines
Images sous-marines
– Participation au visionnage des photos/vidéos d’engins de pêche, de leur comportement et de leurs interactions avec différentes espèces marines
– Contribution à l’analyse de ces images afin de formuler des recommandations sur l’optimisation de la mise en œuvre de caméras sous-marines à l’abord de filets de fond
– Appui à la sélection d’images pour diffusion vers les professionnels de la pêche et création d’outils de communication
Autres actions
– Collecte par des entretiens téléphoniques/de terrain et synthèse de retours d’expérience auprès des marins pêcheurs formés et accrédités à la réanimation des tortues marines
– Participation à la mise en place d’un réseau de marins pêcheurs informés et sensibilisés sur la thématique
– Appui à l’organisation et la mise en œuvre de réunions communales auprès marins-pêcheurs du territoire
– Aide à la création d’outils de communication et participation à des réunions
Compétences attendues :

Niveau du stage
Master 2, école d’ingénieur, Intechmer dans les domaines de l’halieutique, l’écologie, la biologie marine, la conservation de la biodiversité.

Connaissances:
– Connaissances en sciences halieutiques
– Connaissances en écologie marine et en environnement marin
– Notion sur les espèces halieutiques de la zone Caraïbes

La connaissance du contexte des pêcheries artisanales et du contexte socio-économique aux Antilles françaises serait un atout apprécié.

Savoir-Faire / Savoir-être :
– Aptitudes et intérêt à travailler sur des navires de pêche et bonne condition physique requise
– Très bon sens relationnel et sens de l’écoute
– Capacités d’adaptation dans un contexte multiculturel
– Rigueur et autonomie, notamment sur le terrain
– Bonne capacité d’organisation
– Traitement et analyse de données statistiques
– Patience et sens de l’observation
– Goût pour la conception technique
– Intérêt pour animer des réunions et interagir avec un public diversifié
– Capacité à travailler en équipe et à rendre compte.
– Anglais et créole appréciés
– Une expérience préalable auprès des socioprofessionnels de la pêche serait un atout

Conditions de travail et moyens mis à disposition :
– Embarquements réguliers à bord de navires de pêche professionnels artisanaux, conditions environnementales souvent difficiles, travail en horaires décalés sur la période des embarquements
– Remboursement des frais kilométriques
– Equipement de sécurité pour les embarquements (ex : VFI)
Informations complémentaires :
– Stage basé en Guadeloupe d’une durée maximale de 6 mois, à temps plein, à partir de mars 2022
– Gratification selon le barème en vigueur
– Permis B nécessaire
– Le permis bateau côtier serait apprécié

Principaux interlocuteurs :
– Valentine André, chargée de mission en Guadeloupe (équipe coordination TOPASE)
– Marins-pêcheurs professionnels partenaires du projet
– Partenaires du projet : Parc national de la Guadeloupe, IFREMER
– Partenaires externes : équipe d’animation du PNATMAF en Guadeloupe, agents du SD 971, observateurs des pêches du Groupe EI, association Titè, etc.
Rattachement hiérarchique direct : Damien Chevallier, coordinateur scientifique

Candidature (lettre de motivation et CV) à envoyer avant le 20/01/2022 par mail à :
– Damien Chevallier, damien.chevallier@cnrs.fr
– Valentine André, valentine.andre@iphc.cnrs.fr

Mentionner en objet du mail la référence suivante: Stage Projet TOPASE (Guadeloupe).

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: damien.chevallier@cnrs.fr; valentine.andre@iphc.cnrs.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.