Type de contrat : Contrat post-doctorat de 2 ans (prolongation possible de 6 mois)
Ce poste s’intègre dans le cadre du projet CAIPIM, porté par l’Initiative PIM (http://initiative-pim.org) et le Conservatoire du Littoral (à travers sa Délégation Europe et International), et dont l’AMU-IMBE est partenaire scientifique.
L’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie (IMBE) est une Unité Mixte de Recherche, placée sous les tutelles de l’université d’Aix-Marseille, de l’université d’Avignon, du CNRS et de l’IRD. Ses équipes travaillent sur cinq axes thématiques : description de la biodiversité et caractérisation de son organisation ; compréhension du fonctionnement des systèmes écologiques ; évaluation des réponses des systèmes écologiques aux changements globaux ; intégration de la santé écologique et humaine ; et développement des solutions basées sur la nature pour une coviabilité socioécologique.
Le post-doctorant sera en relation sera en relation directe avec des enseignants-chercheurs et chercheurs des équipes PAHIS et POPCO de l’UMR IMBE. Plus d’informations : https://www.imbe.fr.
OBJECTIFS GENERAUX DU PROJET CAIPIM ET TACHES DU POST-DOCTORANT
Les changements globaux menacent directement la biodiversité insulaire des petites îles (superficie < 1000 ha) de Méditerranée (PIMs) et de Macaronésie (PIMAs) dont on postule qu’elles forment des refuges de biodiversité terrestre.
Malgré une prise de conscience croissante de ces menaces, trois problématiques principales obèrent la compréhension du rôle de ces îles en termes de conservation :
• Un manque d’analyses scientifiques sur la biodiversité de ces petits territoires insulaires ;
• Un déficit de gestion et de gouvernance ;
• Une attention insuffisante portée aux petites îles, aux échelles nationales et internationales.
Pour répondre à ce besoin partagé au nord et au sud de la Méditerranée et en Macaronésie, l’Initiative PIM et le Conservatoire du littoral, accompagnés par leurs partenaires scientifiques, dont l’Institut méditerranéen de la biodiversité́́́ et d’écologie (IMBE, Aix-Marseille Université́́́), ont mis en place le projet CAIPIM, un projet ambitieux et innovant de recherche et de valorisation des connaissances scientifiques sur ces territoires micro-insulaires.
Le projet CAIPIM, co-financé par le Fond Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), l’Agence de l’Eau RMC, a débuté en juillet 2024 et doit s’achever fin 2028.
Ce projet est articulé autour de 3 axes stratégiques interdépendants :
1. Objectif spécifique 1 : Evaluer le rôle écologique des petites îles méditerranéennes et de Macaronésie comme refuges de biodiversité et comme sentinelles des changements globaux ;
2. Objectif spécifique 2 : Appuyer la mise en oeuvre des actions de gestion et de restauration dans les petites îles pilotes et évaluer les impacts des opérations passées ;
3. Objectif spécifique 3 : Renforcer l'initiative et valoriser l’importance écologique des PIM et PIMA aux échelles internationale et nationale.
Le Post-Doctorant interviendra sur l’ensemble des objectifs du projet, mais plus particulièrement sur l’objectif spécifique 1.
L’objectif 1 du projet vise, tout d’abord, à évaluer le rôle écologique des petites îles méditerranéennes (PIMs : c. 11000) et macaronésiennes (PIMAs : c. 430) en tant que refuges de biodiversité et sentinelles des changements globaux, avec pour triple objectif de :
– Réaliser un état des lieux bibliographique et rassembler l’ensemble des connaissances scientifiques pertinentes sur ces territoires, aux niveaux global et intermédiaire ;
– Produire les données scientifiques pertinentes faisant aujourd’hui défaut pour la conservation des îles du projet ;
– Analyser le rôle des changements globaux et des spécificités biogéographiques des PIMs/PIMAs pour la biodiversité terrestre, notamment leur rôle de refuge de biodiversité mais également comme sentinelles des changements globaux affectant ce hotspot, et bancariser l’ensemble des données de manière ordonnée e, pour assurer valorisation scientifique.
Ainsi, le projet produira une analyse détaillée du rôle écologique des PIMs et PIMAs, une cartographie des forts enjeux de biodiversité sur ces petites iles, déploiera des protocoles de suivi scientifiques adéquats qui permettront (i) d’identifier les impacts des changements globaux sur les écosystèmes insulaires et (ii) d’acquérir une meilleure connaissance de ces territoires tant en termes de biodiversité́, que dans la prise en compte de leurs interactions avec les sociétés humaines.
Dans cet objectif 1, le Post-Doctorant analysera l’organisation des grands patrons de biodiversité terrestre sur les PIM et PIMA, et leurs réponses aux changements globaux selon trois échelles spatiales (global, intermédiaire et local) :
– Au niveau global, l’analyse des données portera sur l’ensemble des petites iles (PIMs et PIMAs) du hotspot méditerranéen-macaronésien pour lesquelles des données de richesse taxonomique sont disponibles. Il s'agira de contribuer à la mise en place d’une base de données la plus complète possible incluant (i) les paramètres environnementaux classiques utilisés en biogéographie insulaire (surface, isolement, origine, etc.) (en se basant sur la base de données MEDIS) et (ii) les divers paramètres de diversité taxonomique (richesse spécifique, richesse en espèces endémiques, rareté, vulnérabilité, richesse en espèces invasives). Toutes ces données seront aussi analysées en fonction des pressions identifiées et des grands gradients bioclimatiques ou biogéographiques.
L’objectif est de réaliser une méta-analyse de la biodiversité insulaire terrestre permettant de comparer l’organisation de la biodiversité de systèmes insulaires divers (iles continentales versus iles océaniques, iles rocheuses vs iles sableuses, iles de Méditerranée vs iles de Macaronésie, etc.), et d’analyser sa structuration biogéographique en intégrant une dimension spatio-temporelle de l’isolement (historique de déconnexion durant la dernière phase de progression marine).
– Le niveau intermédiaire permettra d’analyser plus finement les patrons de biodiversité terrestre d’un lot plus restreint de PIMs et PIMAs et de comparer notamment les 10 îles sentinelles sélectionnées (cf. niveau local) au sein des archipels auxquels elles appartiennent. L’analyse réalisée cherchera à mettre en évidence les paramètres structurant la biodiversité micro-insulaire et sa dynamique au cours du temps. Ces résultats permettront de mieux évaluer les vulnérabilités intrinsèques à chaque système insulaire considéré dans sa globalité.
L’objectif est de considérer des ensembles de données déjà acquis (ou en cours d’acquisition) portant sur les compositions en espèces (et pas seulement la richesse) d’ensembles insulaires bien étudiés, afin d’analyser le turn-over des espèces (et leurs stratégies fonctionnelles) au fil du temps, selon les pressions environnementales (modifications climatiques par ex. ) ou anthropiques. L’analyse diachronique des changements pourra aussi porter sur les dynamiques écosystémiques (habitats) en utilisant les cartographies de végétation quand elles sont disponibles.
– Le niveau local visera à acquérir une connaissance fine des petites îles du projet. Grâce à la mise en place de protocoles standardisés, cette approche a pour objectif de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l'expression de la biodiversité à un niveau micro-local, en intégrant l’histoire écologique de chaque ile sentinelle. Cette approche repose sur le suivi d'ensembles de « placettes protocolées ». Sur celles-ci, les caractéristiques environnementales seront soigneusement renseignées (notamment les aspects micro-climatiques grâce à la mise en place de micro-capteurs enregistrant les paramètres de température et d’humidité) et les espèces seront recensées et caractérisées sur le plan fonctionnel. C’est également à ce niveau que les systèmes de gestion déjà en place pourront être évalués, et éventuellement renforcés, réajustés. Certains résultats de cette approche au niveau local pourront être comparés à ceux issus du niveau intermédiaire. L'ensemble constituera le corpus nécessaire pour enrichir l'approche "îles sentinelles" et dégager leurs enjeux de conservation, à l'échelle de l’espèce ou de l’habitat.
L’approche proposée est originale et innovante à plusieurs titres, car elle permet : (i) un focus original sur l’analyse comparée de la biodiversité d’iles d’origine continentale (majorité des PIMs) vs. les iles d’origine océanique (PIMAs) ; (ii) une approche multi-échelle depuis le hotspot méditerranéen jusqu’à la placette de quelques centaines de m2 ; (iii) l’analyse du rôle de refuge/conservatoire de biodiversité joué par ces petites îles ; (iv) la prise en compte de variables micro-climatiques pour analyser et comprendre le rôle de refuge d’espèces à fort enjeu de conservation joué par ces petites îles.
L’objectif 2 du projet vise à la mise en oeuvre et à l’évaluation d’activités concrètes de gestion et de restauration écologique sur certains sites pilotes identifiées par le Conservatoire du littoral et l’Initiative PIM avec les gestionnaires des territoires insulaires. Pour ce faire, le projet procèdera dans un premier temps à une analyse des effets des actions de gestion et restauration réalisées dans passé, puis sur cette base proposera un ensemble de nouvelles actions.
Le Post-Doctorant contribuera à cette évaluation et coanimera aux groupes de travail sur ces sujets ; il fournira notamment un appui à la définition de protocoles spécifiques et à leur analyse pour les sites du projet sur lesquels les protocoles pourront être testés.
L’objectif 3 du projet consiste notamment à déployer des activités de communication, capitalisation et sensibilisation pour faire porter les enjeux des petites îles aux niveaux national, régional et international.
En s’appuyant sur les enseignements des résultats scientifique du projet CAIPIM, le Post-Doctorant participera à l’élaboration du document de plaidoyer qui aura vocation à promouvoir le rôle écologique et patrimonial des petites îles de Méditerranée et de Macaronésie.
Par ailleurs, le post-doc contribuera à la promotion de l’avancement et des résultats du projet à travers sa participation à des événements nationaux et internationaux (conférences, colloques, séminaires).
D’autre part, le post-doctorant devra participer aux diverses réunions prévues dans le cadre du projet (comités de pilotage, comités de suivis, comités techniques régionaux, groupes de travail pour l’élaboration des protocoles de suivi …) impliquant l’Initiative PIM, le Conservatoire et/ou l’AMU-IMBE, ainsi que les partenaires associés.
Il contribuera également au reporting technique et financier du projet en appui des partenaires techniques du projet.
PROFIL CANDIDAT(E)
Formation : Titulaire d’un doctorat en écologie, environnement.
Compétences requises :
-Bonnes connaissances théoriques en biogéographie notamment insulaire,
– Expérience des métanalyses,
– Compétences robustes en biostatistiques et maîtrise du logiciel R,
-Compétences robustes en SIG, en gestion et requêtage de bases de données,
-Bonne capacité de synthèse,
-Bonne capacité rédactionnelle (publications scientifiques et rapport d’étude) et de communication orale,
-Maitrise d’un bon niveau d’anglais (lu, écrit et parlé) indispensable ; la connaissance d’une langue méditerranéenne supplémentaire sera un plus (espagnol, italien, arabe, portugais…),
-Polyvalence, sens des relations humaines et aptitude au travail en équipe.
Compétences complémentaires appréciées :
-Connaissances naturalistes ;
-Connaissance ou intérêt pour les enjeux insulaires et de gestion d’espaces naturels protégé.
Contrat, période et localisation :
Le poste est à pourvoir à partir du 1er décembre 2025 pour une durée de 2 ans (avec possibilité de prolongation de 6 mois ) ; une période d’essai de 3 mois est prévue en début de contrat.
Le candidat sera amené à se déplacer en France continentale et en Corse, ainsi que dans divers pays du bassin méditerranéen et de Macaronésie dans le cadre de ses fonctions.
Encadrement : Le post-doctorant sera sous la responsabilité d’enseignants-chercheurs et chercheurs des équipes PAHIS et POPCO de l’UMR IMBE. Il sera également en contact permanent avec les équipes de l’ONG PIM et de la Délégation Europe et International du Conservatoire du Littoral, co-porteurs du projet.
Rémunération brute : 2 600€
Contrat : 35h
Possibilités de télétravail ponctuel en accord avec les encadrants.
Lieux de travail : Aix-Marseille Université, UMR IMBE ; site à définir (Aix-Arbois / PAHIS et/ou Marseille-St Jérôme / POPCO)
Les candidatures sont à adresser avant le 31/08/2025 à l’adresse suivante : recrutement@imbe.fr
Les candidats doivent fournir un CV détaillé, une lettre de motivation, deux publications illustrant les compétences utiles au poste ainsi que tout document jugé utile à l’évaluation du profil (par exemple, autres publications, doctorat, rapports de projet, lettres de recommandation, etc.…).
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