Thèse financée par le programme IBEES Sorbonne Université 2022, Ecole doctorale 227
Laboratoire iEES Paris, Paris, Sorbonne Université

Encadrants: Jean-François Le Galliard & Tom van Dooren

Recherche d’un(e) étudiant(e) pour candidater sur un sujet de thèse financé par une bourse du programme IBEES de Sorbonne Université.

Description complète disponible en ligne: https://www.sorbonne-universite.fr/sites/default/files/media/2022-03/02423_92_ibees-ed227-legalliard.pdf

Sujet

Les milieux arides sont caractérisés par une combinaison de températures élevées et de précipitations faibles avec une rareté de la ressource en eau dans le temps et l’espace. Les régions semi-arides à arides représentent environ 30 à 40% des surfaces continentales et il est prévu que leur surface augmente considérablement avec le réchauffement climatique. Si les contraintes climatiques s’y traduisent par une faible diversité d’espèces, elles agissent aussi comme un puissant filtre évolutif sélectionnant des taxa spécialisés pour résister et survivre dans des environnements dépourvus d’eau. L’étude de l’évolution des traits des espèces le long de gradients d’aridité est donc cruciale pour comprendre ces processus adaptatifs, identifier des contraintes et évaluer les traits fonctionnels ou espèces les plus sensibles aux changements globaux.

Pour ce faire, ce projet de thèse propose d’analyser l’évolution de traits fonctionnels fortement impliqués dans l’adaptation à des climats arides chez les reptiles squamates. Les squamates constituent un ordre monophylétique de vertébrés à écailles (Lepidosauria) comprenant environ 11,000 espèces de lézards, serpents et amphisbènes. Ils occupent tous les milieux continentaux avec des pics de diversité dans les zones tropicales, en Océanie et en Afrique Australe. Leur résistance à l’aridité implique les traits fonctionnels contrôlant les pertes hydriques (morphologie et comportements), le métabolisme énergétique ainsi que la thermorégulation. Aucune étude n’a spécifiquement caractérisé la séquence de coévolution de ces traits le long de gradients d’aridité.

Le projet s’appuiera sur l’expertise du laboratoire iEES Paris en collaboration avec l’ISYEB, le CEBC et l’Université d’Anvers afin de comprendre la variabilité des stratégies de thermohydrorégulation à l’aide de grands jeux de données écophysiologiques, bioclimatiques et biogéographiques, d’analyses comparatives phylogénétiques modernes et d’études empiriques ciblées. Plus spécifiquement, nous exploiterons une base de données globale caractérisant les pertes hydriques des squamates afin de déterminer les corrélats environnementaux de la variabilité interspécifique de résistance hydrique. Nous croiserons ces données avec celles sur la thermorégulation et le métabolisme afin de caractériser l’évolution des syndromes de thermohydrorégulation le long de gradients d’aridité. Nous compléterons ces analyses globales par une étude ciblée de l’évolution des pertes hydriques cutanées chez les Lacertidae en collectant de nouvelles données sur environ 40 espèces représentatives d’une diversité de milieux. Enfin, en nous concentrant sur la modélisation de la niche climatique historique et l’analyse des séquences d’évolution, nous rechercherons spécifiquement les innovations clefs et les tactiques d’histoire de vie permettant à ces espèces de se maintenir ou de coloniser des habitats arides. Ces analyses comparatives prendront en compte la proximité phylogénétique des espèces ainsi que des différences de patrons d’activité, de régime alimentaire et de morphologie.

Objectifs principaux
Les objectifs des analyses comparatives de la thèse sont (1) de modéliser l’évolution des pertes hydriques en fonction de l’aridité climatique de l’aire de distribution globale des reptiles squamates, (2) plus spécifiquement de quantifier le rôle de l’évolution de la barrière cutanée dans les adaptations hydriques au sein d’un groupe de lézards, (2) de comprendre la coévolution entre les pertes hydriques, stratégies de thermorégulation ainsi que métabolisme afin de mettre en évidence des syndromes écophysiologiques adaptés aux milieux arides, et (4) d’identifier des innovations clefs en terme d’activité, de mode de reproduction ou d’alimentation associés à ces syndromes. Les perspectives ouvertes par ces travaux permettront donc de mieux comprendre l’adaptation aux milieux arides, d’identifier des contraintes évolutives et d’évaluer quels traits fonctionnels ou quelles espèces sont les plus sensibles aux changements globaux.

Encadrement
Le-la doctorant-e recruté-e sera installé-e dans les bureaux de l’équipe VPA au laboratoire iEES Paris sur le campus de Sorbonne Université et il-elle encadré-e par Jean-François Le Galliard, Tom Van Dooren et Pierre de Villemereuil. L’encadrement consistera à aider le doctorant à organiser les recherches bibliographiques, à concevoir ses plans de synthèse et d’analyse ainsi qu’à concevoir et réaliser des programmes de collecte de données qui seront effectués en collaboration avec Olivier Lourdais du CNRS à Chizé et Simon Baeckens de l’Université de Anvers. Le-la doctorant-e sera incité-e à développer des collaborations et à présenter ses travaux dans des congrès nationaux et internationaux.

Profil recherché
La candidate ou le candidat recherché devra satisfaire aux exigences suivantes : (1) avoir une solide formation en écologie fonctionnelle et évolutive comprenant notamment des compétences en biostatistique et en écophysiologie animale, (2) être créatif et indépendant, et (3) avoir une expérience dans le domaine professionnelle (analyses comparatives, écophysiologie, phylogénie). Elle ou il aura la liberté de proposer des travaux complémentaires qui permettront d’adapter le projet de thèse. Les encadrants et collaborateurs disposent de plusieurs candidats potentiels parmi leurs étudiants en stage.

Détails sur la procédure
Les candidats devront déposer un dossier complet comprenant un CV, une lettre de motivation, un relevé des notes de master et une lettre de recommandation en contactant Jean-François Le Galliard par courrier électronique (galliard@bio.ens.psl.eu). Ils seront recrutés en qualité de doctorant sous contrat à Sorbonne Université en octobre 2022 pour une période de 36 mois. La date limite de transmission des dossiers est fixée pour l’instant par Sorbonne Université au 26 avril 2022 mais des informations plus précises seront communiquées en cas d’extension de la procédure par l’ED 227.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: galliard@bio.ens.psl.eu

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.