Contexte socio-économique et scientifique
De nombreuses études montrent que des variables telles que l’occupation du sol ou les interactions entre espèces sont importantes et permettent d’expliquer les patrons de distribution des espèces à des grandes résolutions spatio-temporelles. Les variables climatiques s’avèrent également souvent déterminantes pour prédire les limites des aires de répartition des espèces à large échelle. Si l’analyse des patrons de répartition de la flore en relation avec les îlots de chaleur urbain fait l’objet de nombreuses recherches, peu d’études ont permis de mettre en relation les microclimats générés par les îlots de chaleur urbain et la faune. Pourtant, les contrastes microclimatiques à fines échelles spatiales (quelques centaines de mètres) et temporelles (e.g. annuels) sont forts en milieux urbains et sont donc susceptibles d’impacter fortement la faune. A ce jour, peu de sites urbains sont suffisamment instrumentalisés pour mettre en évidence les impacts de ces microclimats sur la faune. Le site de Rennes offre ces conditions d’étude particulières car la ville dispose d’un dense réseau de capteurs depuis 2014 permettant d’obtenir des informations microclimatiques à fine échelle.

Hypothèses et questions scientifiques
Les questions scientifiques abordées par cette thèse permettront de mieux comprendre l’impact des effets microclimatiques sur les patrons de la biodiversité animale en ville. Les objectifs de cette thèse à l’interface entre climatologie et écologie sont d’apporter des connaissances novatrices (1) en mettant en relation la variabilité spatiale de la température à une échelle fine (quelques dizaines de mètres) et les patrons de répartition des espèces animales en ville, (2) d’analyser les conséquences de cette variabilité spatiale du climat local sur les processus de dispersion des espèces animales, (3) de faire des projections de distribution d’espèces en lien avec l’ICU et les scénarios futurs du changement climatique.

Principales étapes de la thèse et démarche
Les principales étapes de cette thèse sont :
1) Analyser comment les microclimats permettent d’expliquer les patrons de répartition de différentes espèces animales sur la base de jeux de données (climatiques et faunistiques) déjà acquis et qui seront complétés par des échantillonnages complémentaires durant la thèse. Nous supposons que la sensibilité des espèces aux effets microclimatiques va dépendre de leurs capacités de dispersion. Par conséquent, des espèces à fortes capacités de dispersion comme les oiseaux ou les chiroptères présenteront une sensibilité moindre aux changements microclimatiques que les invertébrés ectothermes présentant des capacités de dispersion plus réduites comme les araignées ou les carabes.
2) Analyser comment les processus de dispersion de la faune sont influencés par les microclimats générés par les ICU afin d’expliquer et prédire et les patrons de répartition des espèces. En effet, si de plus en plus de résultats permettent d’estimer et de modéliser la connectivité en milieux urbains par rapport à la fragmentation et l’occupation du sol, très peu de résultats existent sur l’impact des microclimats sur cette connectivité, et encore moins sur la faune urbaine en raison du manque de données à fine échelle. Dans cette thèse, nous analyserons in situ les déplacements des individus par des méthodes de captures-marquage-recapture de différents groupes taxonomiques connus pour être sensibles aux changements microclimatiques (e.g. carabes, araignées, etc.).
3) Développer des scenarios prédictifs de distribution de la faune suivant des modèles de changements microclimatiques à l’échelle d’une ville en forte mutation comme Rennes.

Approches méthodologiques et techniques envisagées
– Analyse des patrons de distribution d’espèces en lien avec les enveloppes microclimatiques générées sur l’agglomération de Rennes. Cette partie se fera sur l’analyse de jeu de données biodiversité existants et des données climatologiques déjà acquises.
– Echantillonnage de différents taxons pour déterminer les patrons de répartition des espèces (batbox, pièges Barber…).
– Estimation des capacités de dispersion des espèces par méthode de capture-marquage-recapture
– Analyse des traits fonctionnels

Compétences scientifiques et techniques requises pour le candidat
Le(la) candidat(e) sera issu d’un Master en Ecologie ou d’un cursus d’ingénieur (spécialisation en écologie et environnement). Compétences en statistiques et modélisation (logiciel R, etc…), connaissances en entomologie appréciées. Goût pour le travail de terrain, la mise en place de protocoles expérimentaux (e.g. sciences participatives, etc…) et les interactions avec les acteurs du monde professionnel. Sens de l’organisation, autonomie et rigueur.

Encadrement de la thèse et localisation
Encadrement : Benjamin BERGEROT (UMR CNRS ECOBIO 6553) et Hervé Quénol (UMR CNRS LETG 6554).
Localisation : Université de Rennes 1, Campus de Beaulieu, UMR CNRS 6553 ECOBIO, Rennes.
Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous contacter directement (benjamin.bergerot@univ-rennes1.fr, herve.quenol@univ-rennes2.fr).

Comment candidater
Sur le site de l’école doctorale :
https://theses.doctorat-bretagneloire.fr/egaal/copy_of_theses-2020

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: benjamin.bergerot@univ-rennes1.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.