Concours Ecole Doctorale de Rennes : Laboratoire Écosystèmes – Biodiversité – Évolution – UMR 6553 UR1 CNRS [ECOBIO]

Contact : simon.chollet@univ-rennes1.fr

La responsabilité des activités humaines dans le déclin de la biodiversité à l’échelle globale fait maintenant consensus dans la communauté scientifique. Les causes de ce déclin sont bien identifiées (perte d’habitat, surexploitation, pollution, changement climatique et espèces invasives), cependant l’importance relative de celles-ci reste discutée. Si, à l’échelle globale, le déclin de la biodiversité est la tendance avérée, à des échelles spatiales plus faibles, la question demeure. Ainsi des études récentes montrent que depuis l’échelle locale jusqu’à l’échelle régionale, des augmentations ou des diminutions existent, avec en moyenne, à l’échelle des assemblages, une absence de tendances nettes. L’absence de changement à l’échelle locale et régionale a des implications aussi bien théoriques qu’appliquées et ces résultats sont actuellement âprement débattus. Les critiques peuvent être regroupées en deux points majeurs : 1) la temporalité courte des études (inférieure à 20 ans dans la majorité des cas), 2) la faible dimension spatiale et taxonomique (généralement un taxon, suivi dans un type d’habitat, dans uniquement un ou quelques sites).
L’une des conséquences peu étudiées du déclin de la biodiversité concerne la perte d’expérience de la nature par les humains, ce qui est à l’origine du syndrome de la référence changeante (shifting baseline syndrome). Selon cette théorie, quand la biodiversité décline, les humains ont moins de contact avec les non-humains sauvages, ce qui implique une plus faible capacité à percevoir les changements écologiques futurs. La thèse visera donc à :
1) Comprendre les variations de la biodiversité végétale et leurs causes dans la majorité des habitats naturels du Massif Armoricain pendant les 50 dernières années.
2) Évaluer si les changements de biodiversité qui ont eu lieu ont été perçus de la même manière par les différents acteurs du territoire (élus, habitants, gestionnaires d’habitat naturel)
Ce projet de thèse vise à documenter objectivement les changements de la biodiversité régionale par un ré-échantillonnage d’un grand nombre de relevés botaniques dans de nombreux habitats (forêts, landes, prairies, haies, zones humides). Le projet bénéficiera d’une base de données de plus de 1200 relevés géo-localisés (datant de 1960 à 1980) que nous avons constituée depuis plusieurs années et couvrant l’ensemble du Massif Armoricain. Il s’agit donc d’un jeu de données unique permettant de comprendre les changements de la biodiversité sur le temps long. Une petite partie des relevés (environ 300) ont déjà ont déjà été ré-échantillonnés récemment (entre 2018 et 2021), démontrant que la démarche est réalisable. Un second objectif de la thèse sera de comprendre si différents acteurs (citoyens, élus, gestionnaires d’habitats naturels) sont soumis de la même manière au syndrome de la référence changeante et donc capables de percevoir les changements qui ont eu lieu au cours des 50 dernières années. Pour ce faire, une enquête sociologique basée sur des questionnaires et des entretiens semi-directifs (focus group) sera réalisée auprès de différents acteurs du territoire.
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