Ce stage applique des méthodes d’éthologie (comportement animale sur le terrain) pour comprendre le phénomène d’aggression entre pollinisateurs (abeilles, syrphes, coléoptères, papillons, etc.) sur des fleurs. Il faut soit une compétence existante dans l’identification des taxa principales d’insectes pollinisateurs en France métropolitaine, soit un intérêt à l’acquérir. À commencer idéalement en mars-avril jusqu’à juin-juillet.

Description détaillée:
Les services de pollinisation sont essentiels au maintien de la vie végétale et animale sur Terre (IPBES 2016). Il est communément admis que la diversité des pollinisateurs augmente les services écosystémiques de pollinisation. Toutefois, cela n’a pas toujours été observé (par exemple, Senapathi et al. 2015). L’une des raisons possibles de ce phénomène est la concurrence intra-pollinisatrice, entre les espèces d’insectes pollinisateurs.

Il est, en effet, très facile d’observer des insectes pollinisateurs s’attaquer les uns aux autres sur les fleurs, en particulier sur les plantes à floraison dense (par exemple la lavande) ou sur les grandes fleurs composées – j’ai observé ce phénomène à plusieurs reprises sur plus d’un continent au cours des 15 dernières années. Une espèce de pollinisateur (par exemple, les abeilles indigènes, les bourdons, les syrphes, les mouches à abeilles, d’autres mouches, les papillons, etc. L’attaque peut prendre plusieurs formes, par exemple, voler à basse altitude au-dessus de la butineuse, frapper la butineuse avec les pieds, ou la plaquer et la combattre. L’insecte attaqué quitte généralement la fleur, mais il est rare que l’attaquant butine immédiatement la même fleur. Pour autant que je sache, ces comportements n’ont pas été rapportés dans la littérature scientifique.

Les objectifs de cette étape sont d’utiliser des méthodes d’observation éthologiques pour répondre à deux questions : (1) Existe-t-il une hiérarchie de dominance qui caractérise les interactions agonistiques intra-pollinisatrices : quelles espèces initient l’attaque et quelles espèces fuient, et dans quelles combinaisons ? (2) Quelles sont les espèces qui passent le plus de temps à butiner (siroter du nectar) dans les situations de butinage d’espèces mixtes ?

Méthodes. L’étude sera basée sur l’observation, sans interventions expérimentales. L’étudiant doit être capable d’identifier à l’œil la famille ou la morphospécifique de tous les principaux insectes pollinisateurs indigènes. L’étudiant identifiera des sites dans ou autour de Paris avec une végétation fleurie appropriée où des observations répétées peuvent être effectuées tout au long de l’été. Deux types de sessions d’observation seront menées en série, aussi longtemps que possible (si le temps le permet) afin d’obtenir le plus grand ensemble de données possible. Le premier type de session consistera en des observations focales où les interactions agonistiques constituent l’unité d’observation. Pour chaque interaction agonistique observée entre pollinisateurs, l’étudiant notera l’espèce attaquante, le type d’interaction agonistique et le résultat. Le deuxième type de session d’observation consistera à suivre les individus focaux, en effectuant une rotation entre les espèces, et à mesurer le temps passé par chaque espèce à butiner les fleurs. Les résultats seront comparés aux données sur les hiérarchies de dominance afin de comprendre s’il existe un compromis ou un avantage au niveau de l’espèce pour le comportement agonistique sur les fleurs.

En plus d’effectuer le travail sur terrain et d’analyser les données, l’étudiant sera invité (en plus de son mémoire) à co-rédiger une publication basée sur l’étude. Au minimum, l’étude doit pouvoir être publiée en tant que  » note d’histoire naturelle « .

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: meredith.root-bernstein@mnhn.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.