Les Dispositifs de Concentrations de Poissons (DCPs) dérivant sont utilisés au large par la pêche thonière à la senne, avec plus de 30 000 DCPs déployés chaque année dans la zone tropicale du Pacific occidental et central. Ceux-ci sont utilisés pour agréger les bancs de thons, ensuite encerclés et capturés par les thoniers senneurs. Les DCPs modernes sont équipés d’une bouée satellite et d’un échosondeur, permettant aux pêcheurs de connaitre leur position et une estimation de la biomasse de thons agrégés. Lorsque ceux-ci dérivent hors des zones de pêches, ils sont souvent abandonnés par les pêcheurs, qui désactivent la bouée satellite, rendant impossible la détermination de leur devenir. Celui-ci peut-être soit d’être récupéré par un bateau ; soit de couler en mer ; soit d’atteindre des zones côtières où le DCP peut s’échouer et causer des dommages environnementaux sur des écosystèmes fragiles, tels que les récifs coralliens. Les données des trajectoires des DCPs sont accessible à la CPS depuis 2016 et ont permis de mieux caractériser, entre autres, les devenir des DCPs dans le Pacific occidental et central. Ainsi, il est aujourd’hui estimé que 9.6% des DCPs sont récupérés par un bateau ; 6.6% s’échouent en zone côtière ; 18.4% ont coulés ou ont eu un problème de transmission ; 44.1% sont abandonnés hors des zones de pêches ; et 21.3% sont désactivés dans les zones de pêche et dérivent sans être suivi. Une grande incertitude existe donc toujours quand au devenir effectif de nombreux DCPs.
Pour palier à cela, des programmes de collecte de données sur les DCPs dérivants arrivant en zones côtières ont débutés depuis 2019. Ceux-ci visent à quantifier les évènements d’échouages et leurs éventuels impacts environnementaux. Des données ont ainsi été collectées aux Iles Cook ; à Wallis et Futuna ; en Polynésie Française ; dans les Etats Fédérés de Micronésie ; aux Iles Marshall ; à Palmyre ; à Hawaii ; ainsi que dans d’autres pays de manière opportuniste.
Le stage consistera dans un premier temps à prendre en main les bases de données d’échouages in-situ et de trajectoire et à homogénéiser, si besoin, les données collectées dans les différents pays et territoires. Les données d’échouages in-situ seront analysées par localisation, par écosystème, par impact éventuel, ou tout autre indicateur d’intérêt. Les objectifs des analyses sont la caractérisation de l’impact environnemental des échouages, en évaluant l’impact sur des espèces sensibles et en caractérisant les habitats impactés, notamment s’il s’agit de récifs coralliens ; et la quantification du nombre total d’échouages dans le Pacifique.
Une partie du stage consistera à comparer les données récoltées in-situ avec les données de trajectoires de DCPs et d’autres bases de données liées à la pêche (i.e. données des observateurs embarqués). Cette étude permettra d’identifier l’origine des DCPs s’échouant en zone côtière, d’étudier la dérive des DCPs et leur durée de vie en mer pré-échouage (active et non-active) selon les zones et les périodes. Elle permettra également de caractériser les zones avec un nombre d’abandons de DCPs plus importants et un risque élevé d’échouages non-documentés avec les données de trajectoires. Par ailleurs, une évaluation des échouages non-documentés avec les données de trajectoires permettra d’estimer le nombre total d’échouages dans le Pacifique. La cartographie des écosystèmes impactés, en utilisation les données in-situ et de trajectoires permettra de mieux quantifier les zones potentiellement impactées et de comparer les résultats selon les données utilisées.
Le/la stagiaire sera associé(e) à la rédaction d’un rapport pour le comité scientifique de la commission thonière (Western and Central Pacific Fisheries Commission), ainsi que potentiellement à la rédaction d’un article scientifique.

Prérequis : bonne maitrise du logiciel R : traitement des données, analyses, cartographie, maîtrise des méthodes statistiques adaptées ; un bon niveau d’anglais oral et écrit ; rédaction scientifique ; bonne capacité d’adaptation et relationnelle .

Profil : Dernière année de master ou de cycle ingénieur en écologie marine ou équivalent

Durée du stage : 6 mois, idéalement à partir de mars 2022

Encadrement : Stage au sein de la Communauté du Pacific (CPS), à Nouméa, Nouvelle Calédonie. Dr. Lauriane Escalle, chargée de recherche halieutique dans le Programme des Pêches Océaniques. laurianee@spc.int

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: laurianee@spc.int

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.