Stage Master 2 Recherche – financement FRB –

Titre

Apport des approches bayésiennes et socio-écologiques pour l’analyse des tendances de biodiversité dans des aires protégées d’Afrique de l’Ouest et Centrale.

Mots Clés

Modélisation bayésienne, série temporelles, fonctionnement des Aires Protégées, Afrique, mammifères.

Encadrement

Pierre-Cyril Renaud (Université d’Angers, IRL CNRS REHABS), Hervé Fritz (IRL CNRS REHABS- Nelson Mandela University), Roger Pradel (UMR 5175 CNRS – CEFE), François Mialhe (Université de Lyon, UMR 5600 Environnement, ville, société)

Cadre général

Face au déclin de la biodiversité, la capacité des aires protégées à maintenir leur intégrité écologique est régulièrement questionnée. Les savanes Africaines sont des milieux uniques, notamment par la diversité et les fonctions socio-écologiques de leur communauté d’ongulés. Afin de proposer des politiques publiques adaptées, il est primordial de prendre en compte tous les niveaux de complexité des causes des déclins observés, notamment en Afrique de l’Ouest et Centrale où ces tendances sont les plus accentuées (Craigie et al. 2010).

De nombreux facteurs sont cités (usage des terres, surexploitation des ressources, changements climatiques, gouvernances, conflits armés …). Toutefois, les méthodologies qui questionnent les différents niveaux de complexité des relations Homme-Biodiversité pour identifier les familles d’indicateurs qui peuvent orienter les changements de politique de conservation, restent rares (Massarella et al., 2021). En Afrique de l’Ouest et Centrale les aires protégées ont eu des trajectoires de pressions anthropiques très variables au cours des dernières décennies. Ces pressions se sont exercées à des échelles différentes (locale, régionale et sous régionale) avec des effets très différenciés sur les ongulés. La dimension sous-régionale est un élément structurant à travers notamment : (1) les liens à la faune et à l’espace, (2) les effets des oscillations climatiques ; (3) les impacts des changements socio-politiques et (4) les changements de gouvernance des aires protégées. La compréhension des tendances observées requiert l’utilisation transdisciplinaire de plusieurs jeux d’indicateurs reflétant les diverses causes possibles et d’une méthodologie analytique adaptée pour prendre en compte ces différents contextes.

Objectifs du stage

(1) Modéliser les tendances d’ongulés en utilisant des jeux de données déjà existants et très hétérogènes propres aux inventaires de faune dans 13 aires protégées d’Afrique de l’Ouest et Centrale (inférence bayésienne). Les scripts d’analyses sont finalisés. Il s’agira donc de les mettre en œuvre sur la base de données et de formater les résultats pour l’analyse

(2) Collecter les données existantes pour construire un jeu d’indicateurs de l’intégrité socio-écologique des aires protégées. Il sera nécessaire de collecter des données qualitatives et quantitatives (démographie, changement d’occupation des terres, indicateurs socio-économiques, indicateurs de gouvernance, indicateurs de sécurité …). Cette phase de collecte de données sera précédée par une réflexion conceptuelle sur les indicateurs et les échelles spatiales et temporelles auxquelles elles agissent sur la performance de l’aire protégée.

(3) Identifier les indicateurs les plus pertinents pour expliquer les tendances d’effectifs des principaux ongulés dans les aires protégées. Cette étape nécessitera de mobiliser les tendances faune sauvage (variable réponse) et les indicateurs collectés (variables explicatives) au travers d’analyses qualitatives et/ou quantitatives. Cette approche prospective sera appuyée par une expertise de type « field driven » de la part des encadrants du stage.

Cadre scientifique

L’hypothèse de travail repose sur l’importance de la dimension scalaire où les changements d’usage des terres en savane peuvent être plus influencés par des tendances régionales de changement de revenu moyen ou de gouvernances que par les tendances locales (Espirito-Santo et al. 2016). La prise en compte de cette dimension devra permettre de travailler sur des familles d’indicateurs adaptées aux enjeux socio-écologiques propres à chaque aire protégée. Le stagiaire aura à sa disposition 126 séries temporelles déjà collectées. Il utilisera l’approche bayésienne pour modéliser, quantifier et qualifier statistiquement les familles de tendances d’effectifs des principaux ongulés. Cette approche permettra, pour des séries temporelles hétérogènes, de calculer un taux de croissance annuel apparent (r), puis, par comparaison avec le taux de croissance moyen sur toute la chronséquence, d’identifier statistiquement les points d’inflexion du statut de conservation de chaque espèce. Le stagiaire devra ensuite extraire, pour chaque aire protégée, les jeux d’indicateurs socio-écologiques et proposer des modèles identifiant et hiérarchisant les déterminants clefs (climatiques, politiques, sociaux, écologiques), l’effet des couplages entre échelles et leur capacité à expliquer les tendances de biodiversité issue du modèle bayésien. Une approche type « field driven » pré-identifiera les indicateurs ayant potentiellement le plus d’impacts sur les ongulés des 13 aires protégées

Organisation du stage

Le stage pourra débuter à partir de février 2022, pour une durée de 6 mois. Dans un premier temps, un passage à Montpellier permettra de se focaliser sur la modélisation et l’identification des familles de tendances d’effectif d’ongulés (objectif 1, pour 1,5 mois). Le reste du stage (objectifs 2 et 3) se déroulera en Afrique du Sud (George, Nelson Mandela University) pour l’extraction des indicateurs, la définition du modèle explicatif et la rédaction du rapport et autres livrables de valorisation.

Profil recherché

M2 recherche en écologie/gestion de la biodiversité/géographie environnementale/agronomie

Bonnes compétences en analyses statistiques. Connaissance de l’inférence bayésienne souhaitable.

Compétences et expériences antérieures en géomatique et gestion de bases de données spatialisées (QGIS, ArcGis …). Il sera demandé des compétences de recherche dans des bases de données spatialisées, d’extractions, mise en forme des données et de traitements de tables attributaires.

Goût prononcé pour les problématiques environnementales centrées sur la gestion des aires protégées.

Forte capacité de synthèse conceptuelle.

Connaissance des milieux tropicaux serait un plus.

Capacité de recherche, lecture et rédaction d’articles scientifiques en anglais.

Travail en équipe dans un environnement multiculturel et mobile.

Conditions d’accueil

Stage gratifié selon en accord avec les textes en vigueur.

Plusieurs structures d’accueil seront mobilisées : université d’Angers, université Nelson Mandela (George Afrique du Sud), CEFE (Montpellier). Les déplacements seront couverts par le projet.

Envoyer lettre de motivation et CV détaillé au plus vite (sélection au fil de l’eau, mais avant fin Novembre) à pierre-cyril.renaud@univ-angers.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: pierre-cyril.renaud@univ-angers.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.