Contexte du stage
Il n’existe pas vraiment de consensus aujourd’hui pour expliquer la relation entre la biodiversité et les facteurs socio-économiques. Un résultat surprenant est le fort lien négatif entre inégalité de revenu et biodiversité mis en évidence par Mikkelson et al. (2007), Holland et al. (2009) et Mikkelson (2013). D’un autre côté, Gosselin et Callois (2018) ont identifié la densité des activités humaines (PIB/ha) comme principal moteur de l’érosion de la biodiversité, mais n’ont pas trouvé de liens entre inégalité et biodiversité. Le principal problème de ces études réside dans leur limitation du point de vue de la résolution spatiale (États), alors que les interactions entre sociétés et biodiversité ont majoritairement lieu à l’échelle locale. Nous proposons donc d’explorer ces relations à une échelle infranationale en France métropolitaine. Un stage de master conduit au LESSEM en 2019 (Garrigos, 2019) a permis d’examiner les corrélations entre plusieurs variables socio-économiques et la richesse spécifique en oiseaux nicheurs dans des modèles incluant des covariables écologiques. Les résultats montrent qu’une relation négative entre l’inégalité et la biodiversité s’exprime aussi à une échelle infranationale, mais uniquement dans les espaces les plus artificialisés. On constate par ailleurs que le revenu médian de la population résidente est associé positivement à la richesse spécifique locale. Ces premières investigations demandent à être approfondies.

Objectif du stage
Les spécificités des systèmes socio-économiques régionaux et leurs effets différenciés sur la diversité biologique restent largement sous-étudiés. L’objectif de ce projet est d’enrichir nos connaissances empiriques sur les relations entre la structure socio-spatiale des activités humaines et la biodiversité terrestre de plusieurs groupes taxonomiques dans ses différentes composantes et métriques, à des échelles spatiales infra-nationales, tout en contrôlant les variations liées aux facteurs environnementaux.
Nous proposons de rebondir sur les données de biodiversité compilées par l’UMS PatriNat à une résolution de 10 km sur le territoire métropolitain afin de conduire une analyse des relations entre diversité pluri-taxonomique et activité humaine à une échelle infra-nationale. Les indicateurs socio-économiques seront mobilisés à l’échelle des zones d’emploi, des intercommunalités et communes, et/ou des carroyages kilométriques. Au-delà des indicateurs de revenus et d’inégalités, les pressions liées à l’activité humaine seront étudiées en croisant données démographiques, d’emploi et d’occupation du sol.
L’impact des facteurs socio-économiques sur les différentes composantes de biodiversité sera analysé à l’aide de modèles de régressions statistiques (e.g., modèles linéaires, non paramétriques, arbres de régressions), et en tenant compte des co-facteurs biophysiques (e.g., géomorphologie, climat).
Le stage impliquera une première étape bibliographique et technique, qui permettra à l’étudiant de se familiariser avec la littérature et avec les données. Le travail technique consiste à rassembler les données nécessaires et disponibles. La deuxième étape sera de sélectionner et calculer différents indices de biodiversité et indicateurs socio-économiques. La troisième étape sera l’analyse des relations entre facteurs socio-économiques et biodiversité, et la discussion des résultats obtenus au regard de la littérature.

Profil recherché : Master 2 Écologie ou Géographie
Etudiant-e en Master 2 (ou école d’ingénieur agri/agro) intéressé-e par la modélisation statistique et l’approche interdisciplinaire.
Une connaissance des outils SIG et d’analyse de données (R) est indispensable.

Structure d’accueil
L’institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la double tutelle des ministères en charge de la recherche et de l’agriculture.
Le/La stagiaire effectuera son stage sur le campus universitaire de l’Université Grenoble Alpes, au sein du Laboratoire Ecosystèmes et Sociétés en Montagne (LESSEM) d’INRAE (2 rue de la papeterie, 38402, Saint Martin d’Hères), qui mène des recherches disciplinaires et interdisciplinaires aux interfaces des sociétés et des écosystèmes.
Le/la stagiaire bénéficiera des moyens de fonctionnement nécessaires à la bonne réalisation de son travail (poste de travail, ordinateur et logiciels, accès aux personnels d’appui à la recherche, aux systèmes d’information territoriaux et aux formations internes et séminaires de l’unité).
Le/La stagiaire sera encadré-e par Yves Schaeffer, chercheur en économie, Laurent Bergès et Isabelle Boulangeat, chercheurs en écologie.

Conditions
Indemnités : env. 600 €/mois (calculée en fonction du nombre de jours de travail du mois)
Durée prévue : 5/6 mois
Période prévue : 2022

Candidature
CV et lettre de motivation à envoyer avant le 10 janvier 2022 à :
laurent.berges@inrae.fr, isabelle.boulangeat@inrae.fr et yves.schaeffer@inrae.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: laurent.berges@inrae.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.