Stage Master 2 (2023) – Le réchauffement climatique modifie-t-il la réponse des insectes aux pesticides ? Effets multistress sur un ravageur de la vigne.

Mots clés : Réchauffement climatique – Pesticides – Effets multistress – Lepidoptera – Écologie comportementale et évolution – Physiologie reproductive

Superviseurs :
Tessie Garinie (Doctorante, UMR CNRS Biogéosciences, Université de Bourgogne Franche-Comté)
Philippe Louâpre (Enseignant-Chercheur, UMR CNRS Biogéosciences, Université de Bourgogne Franche-Comté)

Sujet :
Les dégâts engendrés par les insectes ravageurs des cultures sont susceptibles d’augmenter dans les prochaines années avec le réchauffement climatique. L’évolution des températures sur Terre a de nombreuses conséquences sur les agroécosystèmes en impactant à la fois la productivité et les dommages réalisés par les ravageurs. De ce fait, il est attendu une utilisation accrue des pesticides. Malheureusement, les pesticides n’affectent pas seulement les organismes ravageurs ciblés mais peuvent également impacter les organismes non ciblés, notamment d’autres ravageurs. Outre les effets létaux directs des pesticides, les effets sublétaux sont plus pernicieux car ils n’entraînent pas la mort immédiate du ravageur. En effet, les grandes fonctions physiologiques (système nerveux, immunitaire, endocrinien, et reproducteur) sont impactées et vont à leur tour affecter le comportement et la dynamique de population des nuisibles (positivement ou négativement). Dans le contexte du réchauffement climatique, des études récentes ont montré que les effets sublétaux des pesticides sur les organismes peuvent changer radicalement en raison de l’augmentation des températures locales. Cependant, nous n’avons aucune idée de la façon dont les organismes nuisibles non ciblés peuvent réagir aux pesticides lorsque les températures sont plus élevées. Ce sujet, d’actualité, pourrait révéler des conséquences inattendues (potentiellement dramatiques en agroécologie) sur les pratiques agricoles actuelles.
Le but de ce projet est d’évaluer les effets sublétaux des pesticides utilisés en viticulture (fongicides à base de cuivre) sur le développement et la reproduction d’un insecte ravageur non ciblé, et d’étudier dans quelle(s) mesure(s) ces effets sublétaux peuvent être modulé en raison d’une augmentation des températures locales. Pour atteindre cet objectif, nous utiliserons le lépidoptère Lobesia botrana, communément appelé eudémis de la vigne, un ravageur majeur de la vigne qui n’est pas ciblé par le fongicide considéré (bouillie bordelaise). Plusieurs études antérieures ont suggéré que la hausse des températures locales augmenterait la densité de population de l’insecte, et d’autre part, il a été observé que la bouillie bordelaise (à base de cuivre) diminuait le potentiel reproducteur du papillon. Ainsi, quelles sont les conséquences physiologiques et comportementales pour un insecte non ciblé lorsqu’il est soumis à une hausse des températures et à une exposition de pesticide ?
Au cours de ce stage de master, nous effectuerons des manipulations expérimentales dans lesquelles les larves de L. botrana seront exposées à différentes concentrations de fongicide et entretenues selon deux régimes de température (actuel, et futur). Durant l’ensemble du cycle de vie du papillon, plusieurs traits d’histoires de vie liés au développement (masse des individus, temps de développement, sexe-ratio…) et à la reproduction (fertilité, fécondité pour les femelles, et volume spermatophore, production de spermatozoïdes pour les mâles) seront mesurés. Divers dosages biochimiques sont également envisagés. Des observations comportementales seront effectuées durant la phase adulte. Les comportements reproducteurs seront observés afin d’évaluer de façon globale les effets du fongicide et de la température sur le potentiel reproducteur de L. botrana.

Techniques utilisées lors du stage :
Tests comportementaux en conditions contrôlées, physiologie de la reproduction, dissection, entretien d’un élevage de papillons de nuit.

Compétences et aptitudes souhaitées :
Nous recherchons un(e) étudiant(e) motivé(e), doté(e) d’un bon sens de l’organisation et intéressé(e) par la recherche en écologie évolutive et comportementale. L’étudiant(e) devra être en master 2 dans le domaine de l’écologie, physiologie, éthologie/ écologie comportementale. Une expérience préalable impliquant des expériences en laboratoire, la gestion d’une base de données ainsi qu’une bonne maitrise des analyses statistiques (R) seront appréciée. Cette étude, comprenant une grande collecte et gestion de données requiert de la rigueur et un travail minutieux.

Pour postuler :
Veuillez envoyer votre CV et votre lettre de motivation (1 page maximum) à Tessie Garinie (garinie.tessie@gmail.com), ainsi qu’à Philippe Louâpre (philippe.louapre@u-bourgogne.fr).

Information pratiques :
Date de début du stage : de préférence janvier 2023
Durée : 5-6 mois
Lieu : Laboratoire Biogéosciences,
6 boulevard Gabriel, Dijon, 21 000

Bibliographie pertinente :
Desneux, N. (2007). Annual Review of Entomology, 81-106.
Müller, C. (2018). Basic and Applied Ecology, 30, 1-10
Iltis C. et al. (2021). Journal of Pest Science, 10.1007/s10340-021-01398-9

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: philippe.louapre@u-bourgogne.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.