Offre de stage de M2 recherche de 6 mois à l’UMR 7267 EBI – CNRS, université de Poitiers.

Titre:
Un néo-chromosome sexuel de cloporte issu d’une bactérie féminisante : transmission atypique et interaction avec l’endosymbiote

Période:
Premier semestre 2022 (janvier à début juillet).

Contexte :
Le sexe des cloportes de l’espèce Armadillidium vulgare peut être déterminé par différents éléments héritables (1). On reconnait des chromosomes sexuels de type ZW, l’endosymbiote Wolbachia qui féminise les mâles génétiques, et un « nouveau » chromosome sexuel féminisant appelé élément f, provenant de l’insertion récente du génome presque complet de Wolbachia dans celui du cloporte (2). Outre son effet sur le sexe du porteur, l’élément f fascine par son mode de transmission qui s’écarte des attendus mendéliens. Certaines mères le transmettent à presque tous les descendants, d’autres le transmettent très peu. Par ailleurs, très peu d’individus portent à la fois Wolbachia et l’élément f, bien que ce dernier soit très fréquent dans la nature. Il se pourrait que l’élément f conduise à l’exclusion de Wolbachia chez les individus qui en héritent. Cette exclusion pourrait, sous certaines conditions, expliquer l’envahissement de populations de cloportes par l’élément f.
Le stage proposé, qui s’inscrit dans le projet ANR SymChroSex, vise à clarifier le mode de transmission de l’élément f et à tester l’hypothèse selon laquelle il exclurait Wolbachia. Pour ceci, il s’agira de génotyper la descendance de nombreux croisements contrôlés entre parents porteurs de l’éléments f et de Wolbachia. Nous envisagerons la quantification de Wolbachia par PCR quantitative et/ou par digital droplet PCR. Une méthode analogue sera utilisée pour déterminer la zygotie l’élément f chez les individus (2 copies par cellules pour les homozygotes, une pour les hétérozygotes) et sa concentration dans certains organes. Ces méthodes pourront être appliquées à des individus du terrain, pour lesquelles nous disposons déjà d’échantillons susceptibles d’être complétés par des campagnes de terrain lors du stage.
(1) doi.org/10.3390/genes8070186 (2) doi.org/10.1073/pnas.1608979113

Hypothèses testées dans le projet :
– Les patrons de transmission seraient sous influence d’un distordeur de ségrégation et différer selon le sexe du parent, traduisant des différences entre spermatogenèse et ovogenèse.
– L’élément f pourrait conduire à l’exclusion de Wolbachia, à la réduction de sa fréquence dans certains organes ou a la réduction de sa transmission par l’individu porteur.

Techniques, méthodologies mises en œuvre :
Analyse de portées, sexage, extraction d’ADN, PCR standard et quantitative, digital droplet PCR, échantillonnage de terrain.

Profil recherché :
Etudiant.e d’un Master 2, intéressé.e dans la biologie de l’évolution.
Gout pour la recherche, le travail d’équipe, rigueur, capacité d’analyse et de rédaction.

Encadrants :
Jean Peccoud (MCU) et Richard Cordaux (DR CNRS)

Pour candidater :
CV et lettre de motivation à soumettre à jean.peccoud@univ-poitiers.fr au plus tard fin novembre 2021.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: jean.peccoud@univ-poitiers.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.