Certains arbres comportent des singularités, par exemple des cavités, qui constituent des microhabitats (ou dendromicrohabitats) réputés être le support d’une biodiversité originale. Ces dendromicrohabitats peuvent ainsi être considérés comme des indicateurs de biodiversité ou de naturalité des peuplements forestiers. Les recherches sur ces éléments de structure forestière ont connu un essor au cours des quinze dernières années et constituent un corpus scientifique encore limité mais en développement (notamment sur le lien biodiversité – microhabitats). Parallèlement, les acteurs non académiques (gestionnaires, décideurs) se sont emparé du concept et l’utilisent très largement dans leurs décisions politiques ou de gestion.
Les dendromicrohabitats suscitent un très fort intérêt à la fois des chercheurs et des acteurs non académiques, alors que les preuves scientifiques, notamment du lien avec la biodiversité qu’ils sont censés indiquer, restent relativement faibles. Ils semblent avoir été validés par ces acteurs en tant qu’indicateurs de biodiversité avant même que des preuves plus classiques d’un lien effectif – i.e. corrélatives – en sciences écologiques aient été établies.

Le stage proposé vise à comprendre comment et pourquoi les microhabitats ont connu un tel succès au cours de ces dernières années, à la fois auprès des chercheurs, mais aussi et surtout auprès des acteurs de la gestion des socio-écosystèmes forestiers. Ce projet est interdisciplinaire car il mobilise des chercheurs en sciences écologiques (forestières) et en sciences humaines et sociales (sociologie, géographie) et s’intéresse en partie aux relations entre recherche et gestion par l’objet frontière « microhabitats ». En s’appuyant notamment sur une série d’entretiens semi-directifs impliquant entre 15 et 20 acteurs concernés par les socio-écosystèmes forestiers (chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, décideurs politiques), il s’agira d’identifier les facteurs qui ont concouru au succès des dendromicrohabitats comme indicateurs de biodiversité, de naturalité, voire d’outils de gestion et d’évaluation de politiques publiques.

Missions
Bibliographie sur la construction des indicateurs environnementaux et sur les dendromicrohabitats
Élaboration d’un échantillon diversifié d’informateur·rices (gestionnaires, décideurs, chercheurs) et de guides d’entretien adaptés à ces différents types d’acteurs
Réalisation des entretiens (distanciel et présentiel)
Transcription des entretiens
Analyse des entretiens à l’aide du logiciel d’analyse qualitative MaxQDA
Rédaction d’un rapport sous la forme d’un article scientifique

Profil
Stagiaire de master 2, idéalement avec une double formation en sciences écologiques et en sciences humaines, mais dans tous les cas avec de bonnes bases en écologie / biologie/ foresterie
Goût pour la recherche et les entretiens de terrain
Rigueur, assiduité, sens de la communication et autonomie
Bonne pratique de l’anglais scientifique (écrit et oral)

Conditions de stage
Localisation : INRAE Grenoble, 2 rue de la Papeterie BP76, 38402 Saint-Martin-D’Hères, cedex.
Durée 6 mois
Indemnisation selon la grille en vigueur (1/3 du SMIC soit environ 550€/mois)
Bureau, téléphone, ordinateur fournis
Déplacements éventuels pris en charge par l’organisme.
Co-encadrement assuré par Yoan Paillet (écologue INRAE), Isabelle Arpin (sociologue INRAE), Clara Therville (géographe IRD).

Candidatures (CV et lettre de motivation) par courriel uniquement, avec pour sujet « Candidature Stage DEEPER », à transmettre avant le 15 octobre à :
Yoan Paillet, Ingénieur de Recherche, Yoan.Paillet@inrae.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: yoan.paillet@inrae.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.