Contexte général :

L’Office français de la biodiversité (OFB) est un établissement public dédié à la sauvegarde de la biodiversité. Une de ses priorités est de répondre de manière urgente aux enjeux de préservation du vivant. Créé au 1er janvier 2020 par la loi n°2019-773 du 24 juillet 2019, l’Office français de la biodiversité est sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Pour remplir ses missions, l’Office s’appuie sur des équipes pluridisciplinaires (inspecteurs de l’environnement, ingénieurs, vétérinaires, techniciens, personnels administratifs, etc.) qui comptent plus de 2 800 agents répartis sur tout le territoire national.
Il s’est organisé de façon matricielle pour prendre en compte tous les milieux, en transversalité, selon une articulation à trois niveaux :
– une échelle nationale où se définissent et se pilotent la politique et la stratégie de l’OFB (directions et délégations nationales) ;
– une échelle régionale où s’exercent la coordination et la déclinaison territoriale (directions régionales) ;
– des échelons départementaux et locaux, de mise en œuvre opérationnelle et spécifique (services départementaux, antennes de façade, parcs naturels marins, etc.).
Ce nouvel établissement public est responsable de 5 missions complémentaires :
– la connaissance, la recherche et l’expertise sur les espèces, les milieux et leurs usages ;
– la police de l’environnement et la police sanitaire de la faune sauvage ;
– l’appui à la mise en œuvre des politiques publiques ;
– la gestion et l’appui aux gestionnaires d’espaces naturels ;
– l’appui aux acteurs et la mobilisation de la société.

L’équipe de neuro-éthologie sensorielle (ENES) fait partie du centre de recherches en neurosciences de Lyon (UMR CNRS INSERM CRNL). Située à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Saint-Etienne, elle est spécialisée dans les sciences naturalistes et plus particulièrement le comportement animal et la bioacoustique.

Contexte de l’étude :

Descriptif
Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité (Dudgeon 2019). Dans les eaux douces, leur propagation est facilitée par le développement des échanges commerciaux, des loisirs nautiques et la grande connectivité des hydrosystèmes (Chapman et al. 2020). Le gobie à tache noire Neogobius melanostomus fait partie des espèces envahissantes les plus problématiques. Originaire du bassin Ponto-caspien, il a été introduit par les eaux de ballast dans les grands lacs Nord américains il y a une trentaine d’années. Il a progressivement colonisé l’Europe de l’Ouest pour être identifié en France en 2011, où son front d’invasion se situe dans la Saône (Manné et al. 2013, Manné 2017). Le gobie à tache noire profite également d’introductions volontaires et/ou par négligence illégales, comme par exemple dans l’étang de Brunet et le lac de retenue de Sainte-Croix du Verdon, dans le bassin de la Durance (Alpes de Haute Provence). Son installation est associée au déclin d’espèces benthiques dont il partage la niche écologique, comme le chabot commun Cottus gobio (Kornis et al. 2012). Dans le bassin de la Durance, la progression du gobie à tache noire est susceptible d’impacter les populations d’apron du Rhône Zingel asper, une espèce benthique endémique en danger d’extinction (Plan national d’actions en faveur de l’apron du Rhône 2020 – 2030).
L’objectif du stage est de développer un piège acoustique pour limiter la pression démographique des jeunes populations de gobie à tache noire du bassin de la Durance. Le gobie à tache noire est une espèce sonifère qui émet des vocalises pendant la saison de reproduction. Ces signaux sont notamment utilisés par les mâles pour attirer les femelles dans leurs nids (Isabella-Valenzi et Higgs 2013). Dennis M Higgs de l’Université de Windsor (Canada) a démontré que l’installation de haut-parleurs diffusant des vocalises de gobies à l’intérieur de nasses augmentait significativement le taux de capture (Isabella-Valenzi et Higgs 2016). Cette approche s’avère fonctionnelle sur les gobies des grands lacs américains et l’objectif de cette étude est de tester son efficacité en France où elle pourrait diminuer la pression démographique des populations de gobies à tache noire en cours d’installation.

Références
Chapman, DS, Gunn ID, Pringle HE, Siriwardena GM, Taylor P, Thackeray SJ, … & Carvalho L (2020) Invasion of freshwater ecosystems is promoted by network connectivity to hotspots of human activity. Global Ecology and Biogeography: 29, 645-655.
Dudgeon D (2019). Multiple threats imperil freshwater biodiversity in the Anthropocene. Current Biology 29, 960-967.
Isabella-Valenzi L & Higgs DM (2013) Sex-and state-dependent attraction of round gobies, Neogobius melanostomus, to conspecific calls. Behaviour: 150, 1509-1530.
Isabella-Valenzi L & Higgs DM (2016) Development of an acoustic trap for potential round goby (Neogobius melanostomus) management. Journal of Great Lakes Research: 42, 904-909.
Kornis MS, Mercado‐Silva N & Vander Zanden MJ (2012) Twenty years of invasion: a review of round goby Neogobius melanostomus biology, spread and ecological implications. Journal of Fish Biology: 80, 235-285.
Manné S (2017) Les gobies d’origine Ponto-Caspienne en France: détermination, biologieécologie, répartition, expansion, impact écologique et éléments de gestion. Agence Française pour la Biodiversité.
Manné S, Poulet N & Dembski S (2013) Colonisation of the Rhine basin by non-native gobiids: an update of the situation in France. Knowledge and Management of Aquatic Ecosystems, (411), 02.

Mission ou activités principales :

Après un travail de préparation des signaux acoustiques à diffuser, des nasses seront déployées dans l’étang de Brunet et dans le lac de retenue de Sainte-Croix du Verdon à plusieurs reprises, tout au long de la période de reproduction du gobie à tâche noire.
Ces différentes phases de piégeage devront permettre :
• De comparer le taux de capture entre des nasses équipées d’un haut-parleur diffusant du silence (témoin) et des nasses équipées d’un haut-parleur diffusant des vocalises (traitement) ;
• D’estimer la sélectivité du piégeage ;
• De confirmer l’absence d’effet significatif sur les espèces natives et en particulier l’apron.
La mission se déroulera au laboratoire dans les locaux de l’ENES à Saint-Etienne pour certaines phases de préparation et de mise en œuvre des expérimentations, sur le terrain (majoritairement Brunet et Aiguines, Alpes de Haute-Provence) pour les phases de piégeage et de tests in situ, et au bureau (locaux de l’OFB à Aix en Provence et Le Chaffaut Saint-Jurson) pour les phases de rédaction et d’analyse des données.
Le/La stagiaire pourra également être amené.e, à des fins de découverte et pour une partie limitée de son temps, à participer à d’autres missions menées par l’OFB (connaissance des milieux et des espèces, contrôle des usages, mobilisation des territoires,…).

Diplômes – Formation – Expérience
– Titulaire d’un master 2 en écologie (biodiversité, écologie et évolution, gestion de la biodiversité ou mentions équivalentes)

Connaissances
• Biologie des populations
• Fonctionnement des écosystèmes
• Biostatistiques
• Des connaissances en bioacoustique sont un plus

Savoir-faire opérationnel
• Aptitude et goût pour le travail de terrain
• Aptitude et goût avéré pour l’analyse des données
• Qualités d’analyse et de synthèse
• Aptitude à la rédaction technique et scientifique et à l’expression orale

Savoir-être professionnel
• Autonomie
• Capacités d’organisation
• Aptitude et goût pour le travail de terrain
• Aptitude et goût avéré pour l’analyse des données
• Qualités d’analyse et de synthèse
• Aptitude à la rédaction et à l’expression orale

Autres
• Permis de conduire (B)
• Informatique et/ou bureautique :
➲ Très bonne maîtrise des outils de bureautique courants (Word, PowerPoint ou équivalents), en particulier tableurs (Excel ou équivalent) et gestionnaire de base de données (Access et/ou autre : Oracle, MySQL,… )
➲ Connaissances générales en biostatistiques et maîtrise d’au moins un logiciel de traitement statistique (de préférence R) et de SIG (de préférence QGIS) et des principales méthodes d’analyses statistiques (tests d’hypothèse, régressions, analyses multivariées…).

Lieu et unité fonctionnelle
Le/La stagiaire sera affecté.e à l’OFB-Direction interrégionale PACA-Corse – Service Connaissance (basée à Aix-en-Provence (13592)). Il/elle sera amené.e à se déplacer fréquemment (en train/véhicule administratif) entre ses différents lieux de mission (Aix-en-Provence, Saint-Etienne/Lyon, Alpes de Haute Provence,…).

Encadrement
Il/Elle sera co-encadré.e par :
Michaël Cagnant – Ingénieur connaissance à l’OFB-Direction Interrégionale PACA-Corse
Vincent Médoc, Université Jean Monnet – Saint-Etienne

D’autres partenaires contribueront activement au pilotage et à l’encadrement technique de ce stage :
Parc Naturel Régional du Verdon, Fédération du Var pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, Fédération des Alpes de Haute-Provence pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, Syndicat Mixte Asse-Bléone, Université Jean Monnet – Saint-Etienne.

Candidature
Les personnes intéressées devront adresser leur candidature (CV détaillé, lettre de motivation et relevé de notes du Master 1) par courriel à :

Michaël Cagnant : michael.cagnant@ofb.gouv.fr
Vincent Médoc : vincent.medoc@univ-st-etienne.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: michael.cagnant@ofb.gouv.fr, vincent.medoc@univ-st-etienne.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.