Le micro-endémisme caractérise les espèces, et dans le cadre de cette étude les
végétaux, ne se développant que dans un périmètre géographique restreint. La flore de
Nouvelle-Calédonie se caractérise déjà par son très fort taux d’endémisme archipélaire sur
une surface inférieure à 20 000 Km². Au sein de cet espace géographique limité, il a été mis
en évidence une proportion unique d’espèces ayant des distributions restreintes à l’échelle
d’un massif voire très restreintes à une vallée, un plateau ou un flanc de montagne. Si les
mécanismes à l’origine de cette extrême diversité ne sont pas encore tous connus, des
processus (modes de pollinisation et dispersion, environnements contraints, proximités
d’environnements très différents, islands within islands…) semblent avoir favorisé la
spéciation allopatrique au sein des genres et clades de plantes à fleurs.
Les substrats ultramafiques représentent environ 1/3 de la surface de la Grande-Terre
et sont des milieux très sélectifs qui néanmoins accueillent environ la moitié de la flore de
l’archipel. Une part de cette flore spécifique des milieux ultramafiques est considérée comme
rare et menacée, notamment car leur aire de distribution est limitée et parce que de
nombreuses menaces pèsent sur celle-ci (extraction minière, feux, ongulés envahissants). Des
travaux antérieurs, à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie ou à des échelles plus réduites, ont
mis en avant des zones géographiques qui peuvent être qualifiées de micro- ou nano-hotspots
au sein du hotspot global qu’est la Nouvelle-Calédonie. Depuis, les connaissances disponibles
se sont largement améliorées tant du point de vue de la taxonomie que du point de vue de
l’évaluation de l’état de conservation des espèces. Au travers du projet ERMines, un stage est
proposé afin de capitaliser et valoriser les données acquises.
L’étudiant(e) en stage aura comme mission d’analyser les données de répartition déjà
acquises sur les espèces rares et menacées des sites miniers pour in fine obtenir une liste fiabilisée et à jour des taxons les plus menacés et tenter d’établir les zones prioritaires de
conservation. Une comparaison avec des études antérieures devrait permettre de mieux
comprendre la distribution des espèces inféodées aux substrats ultramafiques et de
caractériser plus finement les zones ayant le plus fort enjeu de conservation. En sus, afin de
mieux comprendre l’adaptation des végétaux à des contraintes abiotiques fortes, il serait
pertinent de mener une analyse comparative des espèces rares et menacées en fonction de
leur écologie (espèces des milieux ouverts type maquis versus espèces des milieux fermés type
forestiers).

Commentaires additionnels :
Le(la)stagiaire devra avoir un fort intérêt et des notions de bases en botanique et en écologie.
Ce stage est susceptible d’être poursuivi par un second stage qui au travers de modélisations
type SDM pourrait permettre de mieux comprendre voire de délimiter des régions floristiques
en fonction des patrons de distribution. L’objectif serait de prioriser les zones à fort enjeu de
conservation et de permettre la recommandation de stratégies de restauration sur sites
miniers (provenance des graines et jeunes plants réimplantés). Ce second stage se déroulerait
également en Nouvelle-Calédonie et dans le cadre du projet ERMines mais sous convention
avec l’Institut Agronomique Calédonien (IAC). Une priorité sera donnée au (à la) candidat(e)
souhaitant s’inscrire dans cette démarche globale.

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: david.bruy@ird.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.