Motivation du sujet

Le déclin généralisé des abeilles, bourdons, syrphes dans les paysages cultivés au cours des dernières décennies est une préoccupation majeure compte tenu de leur rôle crucial dans la pollinisation des plantes cultivées et sauvages (IPBES, 2016). La conversion d’habitats naturels et semi-naturels riches en fleurs en agroécosystèmes pauvres en espèces, avec des stratégies de désherbage de plus en plus efficaces telles que le désherbage mécanique ou chimique (Richner et al. 2015), a conduit à un déclin drastique des ressources et de la diversité de la flore spontanée, entraînant une forte dégradation des paysages floraux (Baude et al., 2016). En conséquence, la diversité des pollinisateurs diminue dans de nombreux paysages agricoles, ce qui réduit encore la quantité et la qualité du pollen délivré aux fleurs.
Dans ce contexte, les pratiques agroécologiques émergentes peuvent favoriser la reconstitution des ressources florales et des communautés de pollinisateurs au sein des agroécosystèmes (Sidemo-Holm et al., 2021). Par exemple, l’utilisation croissante d’adventices comme couverts de service dans les vignobles et les agroécosystèmes oléicoles peut enrichir et diversifier les ressources florales dans les paysages cultivés de la Méditerranée (Fernandez-Mena et al., 2021) et ainsi contribuer à la conservation des pollinisateurs sauvages. Cependant, malgré l’intérêt croissant pour la préservation du service de pollinisation, les connaissances sur les potentiels de pollinisation (sensu Ricou et al. 2014) les déterminants des ressources florales sont rares, en particulier chez les herbacées et les adventices.
Le manque de connaissances est en partie dû aux limitations méthodologiques pour décrire les fleurs et à l’imprécision des indicateurs tels que la couverture florale utilisés pour évaluer les ressources florales (Kratschmer et al., 2019). Pour être efficaces, les fleurs
doivent être présentes, attractives, accessibles aux pollinisateurs et produire suffisammen de pollen et de nectar pour les pollinisateurs.
Par conséquent, différents ensembles de traits floraux liés à la phénologie de la floraison (par exemple, le début et la durée de la floraison), à l’attractivité (par exemple, la taille et la couleur des fleurs), à l’accessibilité (par exemple, la profondeur des tubes à nectar) et à la productivité (par exemple, la biomasse de pollen, le volume de nectar et la teneur en sucre, volume de nectar et teneur en sucre) doivent être évalués en tant que composantes des ressources florales.

Missions du stage

Le stage proposé s’intègre dans le cadre de la thèse de Léa Genty (2021-24) et et celui du projet FLORES (Weed FLOral RESource potential in Mediterranean vineyards and olive groves) financé par Agropolis Fondation et porté par les UMR ABSys et CEFE de Montpellier, avec l’appui des UMR LAE (Nancy), USC LBLGC (Orléans) et UMR Agronomie (Paris). L’objectif général du projet FLORES est de quantifier le potentiel de ressources florales des principales espèces d’adventices présentes dans les vignobles et les oliveraies méditerranéens en vue d’évaluer leur contribution au service de pollinisation dans les paysages ruraux. Le stage proposé s’inscrit dans le WP3 du projet qui repose sur la mise en place et le suivi d’une expérimentation en pots, au printemps 2022, afin de mesurer et comparer les traits floraux d’une vingtaine d’espèces d’adventices méditerranéennes.

Le stage consistera à :

1. Formaliser des protocoles de mesure des traits floraux
2. Contribuer à la mise en place de l’expérimentation, aux mesures des traits floraux et foliaires,
et aux échantillonnages du pollen et du nectar
3. Participer à l’analyse des données expérimentales et à l’évaluation du potentiel de
pollinisation des espèces (selon Ricou et al. (2014)).

Profil recherché

 Etudiant.e en césure issu.e d’une formation niveau M1 en agronomie ou en écologie
(université ou école d’ingénieur)
 Goût très prononcé pour l’expérimentation et la botanique ; une expérience dans ce
domaine est un plus
 Aptitude au travail en équipe (coordination des activités) et en autonomie (mener ses tâches
par soi-même)
 Organisation, rigueur, assiduité, en particulier lors des phases expérimentales et pour la
gestion des données acquises

Période et conditions matérielles de réalisation du stage

Le stage se déroulera de janvier à juin 2022 (début du stage éventuellement décalable jusqu’à février). Le.a stagiaire sera acueilli.e au CIRAD, à l’UMR ABSys (Montpellier), avec un accueil secondaire et des déplacements très réguliers au terrain d’expérience de l’UMR CEFE, à 4 km. Une indemnité de stage sera versée au stagiaire selon la réglementation en vigueur en France. Tous les frais de fonctionnement et de déplacements professionnels seront pris en charge par le CIRAD (projet FLORES).

Encadrement et contacts pour la candidature

Equipe d’encadrement du stage : Karim Barkaoui, Léa Genty, Elena Kazakou, Antoine Gardarin,
Aurélie Metay.

Merci d’adresser votre CV et lettre de motivation à :
karim.barkaoui@cirad.fr. aurelie.metay@supagro.fr lea.genty@cirad.fr

Le contenu de cette offre est la responsabilité de ses auteurs. Pour toute question relative à cette offre en particulier (date, lieu, mode de candidature, etc.), merci de les contacter directement. Un email de contact est disponible: lea.genty@cirad.fr

Pout toute autre question, vous pouvez contacter sfecodiff@sfecologie.org.